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Les douanes turques : un champ de bataille politique pour l’AKP

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Les douanes turques ont empêché le trafic illégal de biens d’une valeur de 2,5 milliards de livres turques en 2017

Ce rapport de l’agence d’état Anadolu fait la part belle aux propos de Bülent Tüfenkci ; le ministre des douanes et du commerce. L’année a été particulièrement profitable pour les douanes turques ; la valeur des saisies est particulièrement impressionnante. Ces 2,5 milliards de livres turques représentent près de 536 millions d’euros. L’essentiel des saisies sont constituées de drogues, de biens de contrebandes, mais aussi d’essence illégale. La valeur des saisies en essence représente à elles seules 1,2 milliards de livres turques selon le ministre ; soit plus de 257 millions d’euros.

Une victoire pour les douanes turques et pour l’AKP

Le ministre Tüfenkci a tenu a mettre en perspective la valeur des saisies ; « Près de 2 5000 écoles, 3000 hôpitaux, 160 drones et 57 chars militaires Altay pourraient être construits avec la valeur des biens trafiqués qui ont été saisis ». C’est une bonne nouvelle qui entre dans le cadre de l’objectif du parti au pouvoir pour 2023. L’AKP (Parti pour la Justice et le Développement) vise en effet à augmenter son commerce extérieur et à réduire le commerce illégal. Le principal objectif de la lutte contre le commerce illégal et de s’en prendre aux financements du terrorisme qui passent par la Turquie.

Le parti semble près à se donner les moyens de ses ambitions. Tüfenkci a par exemple annoncé que des investissements étaient faits dans des systèmes de scanners pour les douanes. Il a souligné les investissements primordiaux dans ces systèmes de scanners pour les ports et portes d’entrées dans le pays. Des systèmes de reconnaissance faciale, de lecture des plaques d’immatriculation et de vidéosurveillance seront également parmi les futurs achats. Tüfenkci se félicite d’être désormais le leader en terme de moyens techniques douaniers. L’année dernière ont été achetés quatre véhicules capables de scanner des containers, un véhicule semi mobile du même genre, et un scanner de train aux douanes d’Istanbul.

Des effets indéniables à relativiser

Pour preuve de l’efficacité de ces systèmes on peut noter que la quantité de cigarettes de contrebande a chuté ; une baisse de près de 8,5 %. La quantité de drogues saisies est passée de 2,7 tonnes en 2015 à 3,4 tonnes en 2016, puis 26,4 tonnes en 2017. Parmi les saisies phares les forces de l’ordre ont ainsi découverts 775 kilos d’héroïne aux douanes de Hamzabeyli à la frontière bulgare. Une autre affaire intéressante est celle d’une femme brésilienne. Cette dernière a tenté de faire passer de la cocaïne part l’aéroport international Atatürk. Après sont arrestation les médecins ont trouvé 580 grammes de cocaïne répartis en 52 préservatifs dans son estomac.

Très récemment, la police a également fait part de l’arrestation d’un citoyen nigérien. Il y a quelques jours l’homme a essayé de faire passer près de 5 kilos de cocaïne par le même aéroport. Ces chiffres peuvent sembler impressionnants, cependant il s’agit d’être circonspect. D’une part ces saisies s’étendent sur toute une année et de l’autre le rapport est entièrement de source gouvernementale. Le fait qu’une politique spécifique sur cette question ait été mise en place par le parti au pouvoir doit encourager à prendre un peu de hauteur.

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La triste fin du marsouin du Pacifique

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marsouin du pacifique

Le marsouin du pacifique est en danger critique d’extinction à cause du braconnage dans le golfe de Californie

Le marsouin du pacifique est une espèce endémique d’une très petite zone au nord du golfe de Californie. Ce cétacé fait partie de la liste des 100 espèces les plus menacées établie par l’UICN en 2012. Les scientifique estiment qu’il ne resterait qu’une dizaine d’individu. Ce qui rend la situation plus tragique encore c’est que le marsouin du pacifique est une victime collatérale du braconnage. Les pêcheurs cherchent en effet à piéger le totoaba, un autre poisson en voie d’extinction. Ce dernier est utilisé en médecine traditionnel chinoise et en cuisine, notamment pour sa vessie natatoire. Actuellement la première cause de mortalité des marsouins est l’étouffement dans les filets illégaux destinés au totoaba.

Une disparition programmée

Il y a 10 ans on trouvait encore 250 marsouins du pacifique dans leur petit territoire du golfe de Californie. Malheureusement pour lui le prix des ailerons de son voisin le totoaba a signé sa perte. Cet animal est le plus petit cétacé du monde mais malgré de nombreux efforts les tentatives de reproduction en captivité ont échouées. Son seul espoir est une intervention du gouvernement mexicain et une surveillance sans faille de la zone. Malheureusement le gouvernement ne semble pas décidé à mettre cette mesure en place, l’espèce semble donc condamnée à court terme.

Ce cétacé avait déjà été menacé par l’installation massive par les cartels de zones d’aquaculture. De l’autre côté le développement d’un marché asiatique serait venu avec la surpêche du Larimichthys polyactis, connu également pour sa vessie natatoire. Sa disparition progressive a nécessité de trouver une espèce de remplacement et l’attention s’est tournée vers le totoaba. Sa consommation est depuis devenu un symbole de statut social en Chine tant son prix est prohibitif ; jusqu’à 3500 euros le kilo. Étant donné ce prix les cartels ont évidemment leur main dans ce commerce illégal.

Une lueur d’espoir pour le marsouin du pacifique

En 2018 les autorités chinoises ont opéré une saisie de près de 500 kilo de totoaba, une prise estimée à 22 millions d’euros. Ce renforcement du contrôle n’arrête pourtant ni la demande ni la contrebande, comme chacun l’a observé pour le trafic de drogue. Une lueur d’espoir existe pourtant pour le marsouin du pacifique ; le totoaba se reproduit en captivité. Un développement de l’aquaculture pour cette espèce pourrait permettre de développer un marché légal. Certaines opérations existent déjà mais on ignore si ce développement sera assez rapide. Il faut en effet 10 ans au totoaba pour atteindre sa taille adulte. De plus la vente du poisson est actuellement interdite à l’étranger du fait des accords internationaux.

Cette solution est loin de satisfaire tout le monde. Certains soulignent qu’il sera très compliqué de discerner le poisson légal de l’illégal dans le futur. Ceci n’est pas un problème actuellement, toute pêche étant interdite. Par ailleurs certains groupes soulignent que loin de résoudre le problème l’aquaculture pourrait développer la demande. Actuellement la seule solution est d’attendre et d’espérer que le gouvernement mexicain fera le nécessaire pour protéger la zone. Malheureusement étant donné l’agressivité des cartels et le manque de volonté politique la situation semble mal engagée pour le marsouin du pacifique.

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Le financement des milices iraniennes

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milices iraniennes

Le réseau des milices iraniennes développe son indépendance économique suite aux problèmes économiques de leur bienfaiteur

Le trafic d’essence est un des modes de financement principal choisi par les milices iraniennes. L’armée libanaise a par exemple arrêté 20 personnes dans la vallée de Bekaa début juillet et saisi 18500 litres d’essence. Cette zone de passage poreuse avec la Syrie est contrôlée par le Hezbollah. Cette milice est vraisemblablement à l’origine de ce trafic. Il est par ailleurs évident que l’essence saisie n’est qu’une infime partie du trafic à destination de la Syrie. Le Hezbollah nie évidemment toute implication dans cette contrebande.

Les milices iraniennes se diversifient

Il serait pourtant logique que les milices iraniennes diversifient leurs sources de revenus. En effet l’Iran est dans une situation difficile économiquement. Le pays ne peut donc pas financer ses alliés aussi facilement qu’il le faisait auparavant. Les groupes actifs dans la région doivent donc trouver de nouvelles façons de lever des fonds. Le problème se pose aussi pour le groupe Hashed Al-Shaabi en Irak. Cette milice chiite est aujourd’hui un acteur majeur de la vie politique irakienne. Ces derniers se sont tourné vers la banque et la contrebande et ils collaborent parfois avec leurs alliés du Hezbollah.

Hashed Al-Shaabi se finance notamment en prêtant de l’argent et en touchant des intérêts très élevés sur certains types de prêts. Le groupe contrôle également certains postes frontières et ports en Irak. La milice peut ainsi prélever des pots-de-vin sur le passage de marchandises et de visiteurs. De son côté le Hezbollah est aussi depuis longtemps accusé de participer au trafic de drogue en Europe et en Amérique Latine. Il s’appuierait sur la diaspora libanaise dans ces pays pour lever des fonds. En plus de ce trafic de drogue le groupe se livrerait à des opérations boursières en jouant sur la dévaluation de la monnaie libanaise pour faire des profits.

Diversification contre autonomisation

La collaboration de ces deux organisations est d’ailleurs intéressante ; il semblerait que Hashed Al-Shaabi ait transféré 50 millions de dollars sur 20 ans au Hezbollah avant que leur propre situation se détériore. Aujourd’hui la coopération demeure mais l’argent cesse d’affluer. Leurs échanges se font plus en terme de formation pour les miliciens, d’armes syriennes ou de collaboration militaire sur le terrain. Les deux organisations sont donc forcées de se tourner d’avantage vers le marché illégal pour se financer. Le financement de véritables armées de miliciens coûte en effet beaucoup d’argent.

Malgré tout le soutien iranien ne risque pas de disparaître car la relation du pays et de ces groupes est symbiotique. La diversification des revenus n’a pas pour objectif une prise d’indépendance totale de ces structures. Certains pensent même que le soutien continu du pays à ces armées privées pourrait provoquer la chute du régime face à une aggravation de la situation économique. En somme cette évolution de la situation ne signifie pas pour l’instant une réorganisation de la relation du pays avec ses groupes armés.

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Trafic de véhicules en Bolivie

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trafic de véhicules

La Bolivie est en proie à une explosion du trafic de véhicules venu de l’étranger qu’elle semble incapable d’arrêter

Les forces de l’ordre boliviennes ont récemment renforcé leur action dans la lutte contre le trafic de véhicules. Malheureusement il semble que les agents aient été mis en échec par les trafiquants. En effet le problème n’a fait que s’aggraver au cours de l’année. Les médias boliviens ont par ailleurs révélé le 18 juillet dernier que la vente illégale de véhicules proliférait en ligne. Le pays semble être dans une impasse face à ce problème.

Trafics de véhicules et chuteros

Ces véhicules vendus illégalement et sans documentation sont surnommés les chutos. Le problème prolifère notamment sur internet ; on comptabilise une vingtaine de sites dédiés uniquement à ce type de vente. On peut par ailleurs sans problème trouver ce type de véhicules sur instagram ou sur facebook dans des groupes dédiés. Ce phénomène est si populaire qu’il a généré un type de danse sur la plateforme TikTok. Le président de la Chambre du Commerce Automobile Luis Encinas révèle que 350 000 chutos circuleraient dans le pays. Le responsables de ce trafic de véhicules sont appelés les chuteros. Ils font entrer ces voitures dans le pays depuis le Chili, l’Argentine, le Pérou, le Paraguay et le Brésil.

On comprends tout de suite l’intérêt de ces ventes quand ont sait que ces véhicules peuvent s’acquérir pour la moitié du prix d’un véhicule légal. En juin le gouvernement a promis d’accroître la sécurité aux frontières pour stopper tout type de contrebande. Cependant dès le 9 juin les chuteros ont tendu une embuscade à un véhicule militaire dédié à la lutte contre la contrebande. Cette attaque a eu lieu à Patacamaya à l’ouest de La Paz. Les soldats se sont retrouvés prisonniers du véhicules et ont dû être libérés par d’autres patrouilles. Les vitres de leur voiture ont été brisées, leurs armes et téléphones ont été volés.

Militarisation du problème

Cette lutte contre la contrebande est rendue plus complexe encore par les affaires de corruption. À la mi-juillet l’unité responsable de cette lutte a été démantelée par le ministre de la Défense suite à des affaires de corruption. De plus la pandémie n’a pas ralenti le trafic comme dans d’autres pays, mais l’a renforcé. Les douanes boliviennes rapportent qu’entre janvier et juin 2021 la saisie de voitures de contrebande représente 19 millions de dollars. Le trafic de véhicule aurait par ailleurs doublé entre 2019 et 2020.

La réponse du gouvernement bolivien face à tout type de trafic a souvent été la militarisation de la réponse. Cette tactique n’a eu que peu d’effet. Il y a dix ans une patrouille de 15 soldats avaient par exemple dû fuir après s’être fait chasser par un groupe plus important de chuteros. Par ailleurs suite à la pandémie de nombreuses personnes ne trouvant pas de travail se tournent vers le marché noir. Malheureusement le gouvernement semble reproduire ses pratiques habituelles. L’installation de 19 checkpoint militaires à la frontière avec le Chili ont été annoncées, ainsi que six autres à la frontière péruvienne. Cette militarisation des frontières n’est pas une nouveauté et ne fait qu’accélérer le processus déjà engagé dans cette lutte inefficace contre les trafics.

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