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Centrafrique : le trafic de diamants florit en ligne

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Les diamants, ces pierres qui ornent bagues de fiançailles et boucles d’oreilles, sont particulièrement précieuses et recherchées. En Centrafrique, elles font l’objet d’un trafic féroce.

Les plus grandes réserves de diamants au monde, qui se chiffrent à hauteur de 650 million de carats, se trouvent en Sibérie est sont exploitées par la compagnie Russe Alrosa. Le Botswana arrive deuxième en terme de réserves naturelles de la pierre.

Cependant, en Afrique, l’entreprise sud-africaine De Beers rachète la production des pays voisins, afin de contrôler de manière artificielle les stocks et à pouvoir déterminer les prix. Jusqu’au début du 21e siècle, De Beers possédait 90% des diamants, exerçant un véritable monopole. En 2018, le géant sud-africain ne contrôle plus que 35% du marché. Une chute conséquente due à l’augmentation de la concurrence, qu’elle soit légale ou non.

 

L’internet, plate-forme du trafic

Les diamants trafiqués, provenant majoritairement de la République centrafricaine, sont facilement accessibles sur internet. Contrairement à d’autres produits vendus illégalement en ligne tels les drogues ou les armes, les trafiquants de diamant n’éprouvent nul besoin de se réfugier dans les abysses du Darknet. Ce sont notamment via les réseaux sociaux qu’ils font la promotions de leurs produits.

L’ONG Global Witness, dans un rapport intitulé “une chasse aux pierres”, enquête sur la facilité du commerce de diamants en ligne en entrant en contact avec un vendeur via l’application de messagerie instantanée WhatsApp, se faisant passer pour un acheteur potentiel.

Les vendeurs proposent à l’enquêteur de le rejoindre au Liban, pour se diriger vers le Cameroun et récupérer une cargaison de diamants. Questionné sur les risques, le trafiquant répond que les diamants transitent avec beaucoup de facilité entre l’Afrique, la France et la Belgique, sans ne jamais être interceptés par les douanes.

Facebook demeure cependant la plateforme préférée des trafiquants de tous poils. Au Nigéria par exemple, il est facile d’acheter en ligne des barils de pétrole. En Libye, ce sont des armes de tous calibres qui sont disponibles, y compris des missiles sol-air, selon une étude de Small Arms Survey datant de 2016.

Ces nouvelles plateformes de vente permettent aux criminels de garder un temps d’avance sur les autorités. Cependant, les chemins qu’emprunte le trafic demeurent les mêmes. La plupart des diamants proviennent de la zone rebelle en République Centrafricaine, où ils sonts moins chers. Ils sont ensuite envoyés par la route ou par voie aérienne au Cameroun, où des certificats annonçants le Cameroun comme pays d’origine sont fabriqués.

Cela permet notamment de contourner le processus de Kimberley, qui permet la certification des diamants depuis janvier 2003, afin d’éviter l’entrée de diamants des conflits dans le marché international. Ceux-ci sont définis par les Nations unies comme « des diamants bruts utilisés par les mouvements rebelles pour financer leurs activités militaires, en particulier des tentatives visant à ébranler ou renverser des gouvernements légitimes ».

Financer les conflits

La République Centrafricaine est l’un des pays les plus pauvres et les plus fragiles du monde. Le dernier conflit qui a marqué son histoire mouvementée a laissé derrière lui plus de deux millions de personnes, près de la moitié de la population, requérant de toute urgence une aide humanitaire, et près d’une personne sur cinq a été déplacée. Le pays était classé avant-dernier dans l’Indice du développement humain de l’ONU 2015 — 187ème sur 188 pays. Pourtant, les cours d’eau et les sols de la RCA recèlent d’or et de diamants. Mais au lieu de participer au développement du pays, ces richesses ont été pillées par les personnes qui occupent le pouvoir ou celles qui souhaitent l’accaparer. Les deux parties au conflit ont financé leurs campagnes de violence grâce à l’exploitation de la richesse en diamants du pays.

Avant la chute du président François Bozizé, renversé par une coalition de rebelles Séléka en 2013, la République centrafricaine produisait plus d’un million de carats par an, permettant de nourrir via ce commerce un quart de la population. Et le diamant centrafricain, banni du marché international, finance désormais le conflit.

Selon les Nations unies, 140 000 carats auraient illégalement quitté le territoire centrafricain entre mai 2013 et fin 2014. Certains dirigeants militaires tel Omar Younous, des rebelles Séléka, sont en charges de mines de diamants et de leur exportation vers la Chine, le Qatar ou encore le Soudan.

Si la lutte contre ce trafic dans un pays où le conflit règne paraît difficile, elle n’est pas impossible selon Global Witness. L’ONG appelle à une relégitimation du gouvernement et un contrôle du territoire, ainsi que pour l’industrie du diamant et pour les clients, à un boycott total du diamant centrafricain jusqu’à nouvel ordre.

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Saisie record pour l’opération Lionfish V

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Opération Lionfish V

L’Opération Lionfish V contre le trafic de drogue a permis des saisies record et au moins 1333 arrestations

L’opération Lionfish V est une action de coopération internationale coordonnée par Interpol. Cette dernière a mis en lumière l’ampleur du trafic de drogue et des précurseurs chimiques. La valeur totale des saisies s’élève à 717 millions de dollars et 1333 suspects ont été arrêtés à travers le monde. Leur travail du groupe a duré du 23 juin au 31 juillet. En ce court laps de temps, Interpol a permis la coordination à travers 22 pays. Cette approche transfrontalière a permis d’importantes saisies sur les voies maritimes, aériennes et terrestres du trafic.

Un succès retentissant

Plus de 291 tonnes de précurseurs chimiques ont été saisies ainsi que 35,5 tonnes de drogues. Les drogues traditionnelles comme le cannabis et la cocaïne forment toujours la majeure partie des saisies. Cependant, Lionfish V a permis de souligner le poids grandissant de la production de drogues synthétiques comme la méthamphétamine, le Captagon et la kétamine. Quant aux précurseurs chimiques, ils sont particulièrement précieux pour les organisations criminelles. Ils leur permettent de produire de vastes quantités de drogue en faisant d’importants profits. En effets, ces drogues ne dépendent pas de critères environnementaux comme la cocaïne ou l’héroïne. Ces drogues peuvent être fabriquées en ville, à proximité des centres de distribution.

En cinq semaines d’opération, Lionfish V a effectué de remarquables saisies. Près de 1,8 tonne de Kétamine a été découverte ainsi que 683 kg de méthamphétamine et 581 kg de Captagon. Parmi les saisies les plus notables, on trouve aussi ; 20,2 tonnes de cocaïne, 11,7 tonnes de cannabis et 158 kg d’héroïne. Il faut ajouter à cela 65 100 tablettes et 48 kg de Tramadol. Plus de 9,5 millions de tablettes de pseudoéphédrine destinées à la fabrication de méthamphétamine font aussi partie du lot. Les trafiquants étaient également souvent armés et des dizaines de roquettes et d’explosifs ont été récupérés.

Lionfish V frappe les entreprises criminelles

Les agents ont aussi découvert un laboratoire gigantesque, capable de produire des milliers de kilos de kétamine au Cambodge. Les agents y ont arrêté un individu qui se trouvait sur la liste rouge d’Interpol pour son rôle dans le trafic de drogue international. Sur les 1333 arrêtés ont trouve des personnes de 25 nationalités. Les autorités indiennes ont aussi effectué la saisie d’héroïne la plus importante de leur histoire ; 75,3 kg, à Mundra. Si on peut tirer une forme de fil conducteur pour tous ces trafiquants, c’est leur caractère international, et la grande diversité des modes de production et de transports.

Interpol a eu un rôle majeur de coordination entre les différents pays notamment à travers l’utilisation de son réseau de communication sécurisé : I-24/7. Des soutiens en termes de police scientifique ont aussi été fournis, ainsi que des aides techniques pour connecter certains réseaux à d’autres. Selon le responsable d’Interpol, Jürgen Stock, ces entreprises criminelles ne sont pas si différentes de celles du CAC40 ; elles cherchent à maximiser les profits et à diminuer les risques.

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Inde : Braconnage du concombre de mer

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concombre de mer

Le braconnage du concombre de mer à destination des consommateurs chinois est omniprésent sur les côtes du sud de l’Inde

La côte sud du pays, ainsi que Lakshadweep, continue de voir une augmentation des crimes maritimes. Parmi ceux-ci, on trouve le braconnage du concombre de mer. Cette espèce maritime, aussi appelée holothurie, est protégée en Inde, mais est très prisée par les consommateurs chinois. Cet animal est en effet considéré comme un des « quatre trésors » de la cuisine cantonaise.

Les hauts lieux du braconnage maritime

Il y a quelques semaines plus de 500 kg de concombre de mer ont été saisis au large de la côte du Tamil Nadu, à proximité de la frontière maritime indienne. Cette saisie représente une prise avoisinant les 378 000 dollars. En mars de cette année, le Groupe de sécurité côtière de la police du Tamil Nadu a aussi saisi 1080 kg de ces holothuries. Cette saisie vaut également des dizaines de milliers de dollars au marché international de Nagapattinam. Selon le récent rapport « Commerce illégal d’espèces marines en Inde : 2015-2021 », un total de 187 incidents ont été recensés.

Le directeur de la recherche sur la protection maritime pour OceanAsia, Teale Phelps, pointe le Sri Lanka et le sud de l’Inde comme des hauts lieux du trafic. Il existe une différence de législation entre les deux pays. L’Inde a interdit purement et simplement la récolte du concombre de mer en 2001 et ils sont protégés depuis 1972. Le Sri Lanka, au contraire, contrôle la récolte en permettant la demande d’un permis pour la pêche et l’exportation. Les braconniers se livrent fréquemment à de la contrebande d’Holothuries pêchées en Inde, mais vendues et exportées depuis le Sri Lanka.

La protection des concombres de mer

La haute demande des concombres de mer du fait de leur réputation de plat raffiné en Chine a fait augmenter les prix. Un kilo d’holothuries s’échange à près de 400 $ sur le marché de Hong-Kong. Les braconniers sont constamment en mouvement. Une fois qu’une zone a été détruite par la surpêche, ces derniers changent de zone jusqu’à la destruction de la nouvelle. Cette pratique est particulièrement présente dans le golfe de Mannar et la région de la baie de Palk. Cependant le plus inquiétant est l’augmentation du problème à Lakshadweep : un archipel d’îles reculées.

Une des raisons de l’augmentation des arrestations, selon Phelps, est l’augmentation de la vigilance de la part des autorités. Un groupe de travail dédié à la lutte contre le braconnage du concombre de mer a en effet été créé. Un certain nombre de camps de lutte contre le braconnage ont aussi été créés sur les îles. Enfin, une zone de conservation dédiée aux holothuries a été créée en février 2020 ; une première mondiale. Le rôle de ces animaux est essentiel dans l’écosystème. Ils jouent un rôle similaire aux vers de terre pour les fonds marins. Leur protection est donc un enjeu écologique majeur.

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Brésil : contrebande frontalière à Corumbá

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contrebande frontalière à Corumbá

La contrebande frontalière à Corumbá sembler ignorer tous les efforts de la police pour stopper les trafiquants

Tous les trafics semblent passer par cette petite ville de Corumbá ; tissu, essence, drogues, armes et même des personnes. La ville est devenue un centre névralgique de la contrebande frontalière. Cette nouvelle positon de l’agglomération comme centre criminel a été confirmée par une enquête policière de six mois. La police brésilienne a réussi à démanteler un réseau de trafiquants d’êtres humains sur place le 31 août dernier. Un homme a été arrêté à Corumbá, mais d’autres raids ont eu lieu à Brasilia, Minas Gerais et Sao Paulo.

Coopération internationale des trafiquants

L’enquête a prouvé que ce réseau de contrebandiers, d’entrepreneurs du transport et d’ouvriers coopérait pour faire passer des migrants depuis Corumbá vers le reste du Brésil. La plupart allaient en bus jusqu’à Sao Paulo, où on les faisait travailler dans des usines textiles. Les conditions de travail y étaient souvent inhumaines. Cette situation n’est pas nouvelle : il y a dix ans l’ambassadeur de Bolivie au Brésil estimait que 50 000 de ces concitoyens étaient exploités dans l’industrie textile du pays. D’autres seraient recrutés comme livreur de drogues entre les deux pays ; la drogue vers le Brésil, l’argent liquide vers la Bolivie.

La contrebande frontalière à Corumbá ne s’arrête en effet pas là. Le même jour que les raids policiers, les agents ont aussi lancé l’opération Mad Max III ; une enquête sur le trafic d’essence dans la vile. Il semble que des citoyens brésiliens et boliviens achetaient de l’essence en Bolivie pour le revendre plus cher au marché noir brésilien.

Contrebande frontalière dans une petite ville

La ville de Corumbá est pourtant loin d’être une métropole. L’agglomération regroupe à peine 100 000 résidants. Cependant sa position stratégique le long de la rivière Paraguay fait que la police peine à avoir un impact sur la contrebande frontalière. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer ; le nombre d’opérations policières y est impressionnant. Au cours des derniers mois, des opérations contre le trafic de cocaïne, d’armes et de bétail ont eu lieu. Sans que ceci semble désorganiser les réseaux de trafiquants. Le trafic opère aussi dans les deux sens. La ville de Puerto Quijarro se trouve à 10 km de l’autre côté de la frontière. Il s’agit du principal port d’arrivage de la contrebande de bière du pays, en provenance du Brésil.

Corumbá est aussi située dans l’État du Mato Frosso do Sul. Cet État est un point vital pour les entreprises criminelles internationales. Son réseau de rivières et ses vastes forêts fournissent une protection parfaite pour les mouvements d’hommes, d’armes, de drogues ou de bétail. Cette région est aussi le point d’arrivée principal pour la cocaïne du gang Primeiro Comando da Capital ; le plus important du pays. Par ailleurs l’augmentation de la production de la cocaïne en Bolivie au cours de la première année de la pandémie, a fait passer ce pays au rang de troisième producteur au monde. La contrebande frontalière à Corumbá a donc de beaux jours devant elle.

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