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Opinion

Les entreprises partenaires de la lutte contre l’esclavage moderne ?

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La Thaïlande a récemment lancé un programme de partenariat avec le secteur privé dans la lutte contre les formes d’esclavage moderne, salué par un rapport international

La Thaïlande ne réunit pas encore les conditions minimum pour éliminer efficacement le trafic d’êtres humains. Cependant un rapport des États-Unis salue les mesures policières notables menées par le gouvernement pour y mettre fin. Le trafic d’êtres humains et les crimes qui y sont liés sont de plus en plus fréquemment considérés comme une forme d’esclavage moderne. Toute la région du Mékong est une zone d’intense trafic. Il est difficile de savoir combien de personnes sont concernées, mais on sait que les chiffres sont importants.

Agir contre l’esclavage moderne

Selon les études les plus récentes sur cet esclavage moderne près de 40 millions de personnes en seraient victimes mondialement. Ce rapport est un travail collectif de différentes agences internationales ; ONU, Organisation Mondiale du Travail, Organisation Internationale pour les Migrations. Les migrants représenteraient un quart des victimes. Ces derniers sont disproportionnellement vulnérables aux exploitation et abus.

En ce qui concerne la Thaïlande, les efforts de lutte contre l’esclavage moderne continuera à s’intensifier. Le but pour le pays est d’atteindre le niveau 1 du rapport. Ce rôle de lutte est traditionnellement du ressort du gouvernement et de l’État, cependant des voix s’élèvent pour proposer d’autres solutions. Certains plaident pour un renforcement des partenariats avec le secteur privé. Pour ces derniers, c’est la solution pour être réellement efficace.

Les migrants premières victimes des trafics

Les migrants sont à la recherche de meilleures conditions de vie. Cependant les voies de migrations actuelles sont coûteuses et compliquées. Cela encourage les migrants à franchir les frontières avec l’aide de contrebandiers et de chercher du travail auprès d’employeurs peu scrupuleux. Pour beaucoup, la situation du trafic d’êtres humains du Mékong est largement connectée avec l’immigration illégale. Ce cycle d’exploitation peut même débuter avant le départ du migrant. Beaucoup ignorent leurs droits ce qui les rends vulnérables.

Certains se font abuser par de fausses informations. D’autres sont obligés de payer des frais de recrutements, ce qui les mène à des situation d’esclavage pour dettes. Une fois sur leur lieu de travail les migrants sont souvent obligés de travailler dans des conditions dangereuses. Parfois on les empêcher de repartir. Dans certains cas on les maltraite ou on les force à travailler. Au vu de la situation il semble clair que les entreprises ont un rôle à jouer contre cet esclavage moderne.

Les entreprises contre les trafiquants

Ces dernières années les entreprises s’intéressent d’avantage aux questions de trafic d’êtres humains. Des entreprises de toutes tailles soutiennent les Principes des Affaires et des Droits de l’Homme de l’ONU. De son côté la Thaïlande a lancé un plan d’action national visant à rassembler les entreprises se reconnaissant dans ces principes.

Il est intéressant que des entreprises s’emparent du problème de l’esclavage moderne. Cependant les arguments faisant croire que certains ignoreraient la maltraitance de leurs employés est difficile à croire. Il est fort probable que de nombreux commerces ferment volontairement les yeux sur les conditions d’exploitations. Si ces entreprises souhaitent réellement mettre un stop à ces trafics, la meilleure chose à faire reste certainement d’appeler la police et de fournir le plus de transparence possible dans leur chaîne de production.

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Contrebande

Frontière vénézuélienne : la guerre des trochas

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L’effondrement de la production pétrolière vénézuélienne provoque des affrontements entre gangs dans les trochas de la frontière colombienne

En 2017 les autorités colombienne estimaient que plus de 400 millions de litres de pétrole ont été trafiqués en Colombie depuis le Venezuela. Ce trafic a brutalement pris fin le mois dernier quand la production de pétrole du Venezuela s’est effondrée. La police de Cucuta, en Colombie, explique que le crash pétrolier menace des milliers de personnes dont la survie dépendait du marché noir. Cela a aussi créé une nouvelle guerre entre des groupes armés qui s’affrontent pour les dernières miettes des deux trafics restants : les produits de première nécessité et les médicaments.

L’impact économique

Jusqu’aux pénuries récentes l’essence était pratiquement gratuite au Venezuela. Cependant les sanctions américaines ont entravé la capacité du pays d’importer les produits nécessaires pour diluer et traiter son pétrole brut. Cette situation, combinée aux pannes de courant dans tout le pays, a fait chuter la production pétrolière vénézuélienne. Le coût de l’essence est donc monté en flèche. Malgré le fait que la Colombie possède moins de 1% des réserves de son voisin elle produit maintenant plus de pétrole que le Venezuela. C’est un problème gravissime pour La Guajira, l’une des régions les plus pauvres du pays.

La Guajira est connue pour ses cultures de coca. Or raffiner la coca et en faire de la cocaïne requiert de grandes quantités de pétrole. Certaines stations services subventionnées vendent leur pétrole aux laboratoires de la Guajira. Les propriétaires de ces stations essence reçoivent l’aide des politiciens de Cucuta contre des pots de vins. Comme la demande augmente sur le marché noir de La guajira, les convois de pétrole aussi.

Affrontements dans les Trochas

De nombreux sentiers ou “trochas” serpentent à travers la frontière. Ils sont contrôlés par trois forces : les paramilitaires colombiens, des groupes de gauche appelés collectivos, et des combattants de gauche de l’Armée de Libération Nationale (ELN). Les combats ont gagné en intensité depuis que les enjeux liés à la crise du pétrole sont apparus. Selon le colonel Palomino de la police de Cucuta : « Nous avons assisté à une baisse de la criminalité dans les villes comme Cucuta. Cependant le mois dernier, nous avons vu se multiplier les cas d’extorsion le long de la frontière, ainsi que plus de violence dans les trochas. »

Le Colonel souligne que la police a beau détruire ces trochas, les criminels les reconstruisent. Ils font passer de la nourriture, des biens de consommation, des médicaments, et des drogues. Le Venezuela a officiellement rouvert la frontière le 7 juin. Le 8 juin, l’immigration Colombienne a rapporté que 30000 vénézuéliens étaient entrés à Cucuta ; la plupart d’entre eux pour acheter des produits de première nécessité. La plupart de ces produits sont rapportés par les trochas. Les criminels font payer des taxes de 5000 pesos ($1.60) à ceux qui repartent les mains vides et 20,000 pesos ($6.75 USD) à ceux qui transportent des marchandises.

Un espoir de stabilisation

Il y a aussi une vacuna, une somme à payer, quand vous travaillez dans le marché à ciel ouvert de la Parada. Refuser de payer signifie s’exposer à des représailles ; un restaurant a vu une grenade lancée au milieu de sa clientèle. Presque tous les mois une fusillade a lieu entre les différents groupes criminels.

Actuellement des gens disparaissent dans les trochas, tous les jours. Malheureusement la plupart d’entre eux ne sont jamais retrouvés. Les autorités espèrent que l’ouverture de la frontière du côté du Venezuela va avoir un effet stabilisateur sur ces trafic. Mais Cucuta et les villes jumelées San Cristobal et Urena ont toujours eu des économies reposant largement sur les passeurs ; il y a peu de chance que cela change.

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Opinion

Opération Opson VIII

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Plus de 117 million de dollars de nourriture et de boissons frelatées ont été saisies lors de la dernière opération Opson VIII

Des dates d’expiration modifiées sur du fromage et du poulet, des médicaments sur ordonnance ajoutés à des boissons énergisantes et de la viande stockée dans des conditions insalubres ; voilà des exemples de crimes découverts lors de cette opération. Au total des marchandises d’une valeur de 117 millions de dollars ont été saisies. Par ailleurs 672 personnes ont été arrêtées au quatre coins du globe grâce à Opson VIII.

Opson VIII : une opération internationale

Les autorités du Zimbabwe ont saisi près de 14000L de boissons. Ces dernières contenaient une d’un médicament contre le trouble érectile ; chose potentiellement mortel pour des consommateurs non avertis. Plus de 18,7 million d’articles ont été retrouvés dans des marchés, des magasins, ou pendant leur acheminement. Ce succès est dû à l’opération Opson VIII coordonnée par Interpol et Europol. La police, les douanes, les autorités nationales de régulation de la nourriture et des partenaires du secteur privé ont également collaboré à l’effort.

Cette enquête s’est déroulée dans 78 pays, de décembre 2018 à avril 2019. Au total environ 16000 tonnes de nourriture et 33 million de litre boissons frelatées ont été saisies. Les autorités de Biélorussie ont confisqué plus de 60 tonnes de pommes ; ceci met en lumière la montée croissante de la fraude sur le marché de l’agriculture et des certificats de transport. Des raids ciblés basés sur des informations des services secrets ont aussi été menés ; comme le démantèlement d’un site de production de miel en Érythrée.

Comme lors de l’opération Opson précédente, l’alcool de contrefaçon est une des préoccupations majeures. La police russe à fait fermer un site de production illicite de vodka. L’opération a permis de saisir au passage 4200 litres d’alcool ainsi que 6000 bouteilles vides. En Afrique du Sud 3 individus ont été arrêtés pour contrebande d’alcool.

De nouveaux marchés pour les faussaires

Pour la première fois, l’opération de cette année a aussi prêté attention aux produits bio. Il de devient de plus en plus fréquent d’attribuer cette étiquette à des produits qui ne remplissent pas les critères nationaux ou régionaux. Cette astuce permet de les vendre plus cher. Selon Jari Liukku, chef du Centre d’Europol contre le Crime Organisé ; “Cette opération montre que les criminels essayent de profiter de n’importe quelle opportunité pour faire des bénéfices. Les volumes saisis confirment que cette fraude particulière affecte tous les types de produits et toutes les régions du monde.”

Il ajoute ; “Cela blesse le consommateur au porte-monnaie dans le meilleur des cas : la nourriture de contrefaçon provoque alors simplement la déception du consommateur parce qu’il paie pour quelque chose qu’il n’obtient pas, mais dans le pire des cas la nourriture de contrebande peut avoir pour conséquence de porter atteinte à la santé du public.”

Au cours de l’opération Opson VIII les autorités du Kenya ont confisqué plus de 13 million de dollars de fausse monnaie. Les autorités ont aussi arrêté 4 individus impliqués dans cette activité. En plus de la nourriture et des boissons frelatés, d’autres produits illicites ont été retrouvés et notamment : des cosmétiques, des médicaments, des produits pharmaceutiques, des chaussures, des habits, des sacs, des montres, des lunettes de soleil, du savon et du dentifrice. La valeur totale est estimée à plus de 6 million de dollars. Le succès de l’Opération Opson VIII montre qu’un travail à une échelle internationale est possible. A n’en pas douter de telles opérations ne manqueront pas de se reproduire. Reste à savoir si les chiffres impressionnants qui sont mis en avant impacteront réellement les responsables de ces trafics.

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Opinion

L’échec de la prohibition au Bihar

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Cette État indien ayant instauré une politique de prohibition n’arrive pas à faire respecter ses règles face au trafic d’alcool

La lutte contre l’alcool au Bihar est un tel échec que la police semble avoir renoncé à appliquer la loi. Chaque semaine le marché d’alcool illégal de Dheerja Pul Bazaar opère sous les yeux des agents. L’alcool est pourtant illégal dans l’État du Bihar depuis avril 2016. Ce marché se tient dans la région rurale de Dobhi dans le district de Gaya. Il n’est certes pas fréquent de croiser des personnes ivres mais on rapporte que ces marchés d’alcool illégaux sont en plein expansion. Tout pointe vers un échec retentissant de la politique de prohibition.

Production artisanale illégale

Certains rapportent que dans la région tribale du village de Gurpa les trafiquants d’alcool opèrent malgré les risques. On rapporte que les trains s’arrêtent dans ces régions isolées et des groupes de passagers achètent de l’alcool au verre dans ces petits villages. En effet la population des villages tribaux produisent toujours de l’alcool en abondance. Ce trafic illégal est également hors de contrôle dans le district de Champaran ; des liqueurs artisanales vendues par gourdes entières sont en vente dans le réseau local.

Ces gourdes de 250ml se vendaient auparavant comme des petits pains à des prix battant toute concurrence ; 10 roupies, soit 0,13 euros. Avant la prohibition on dénombrait 6000 vendeurs d’alcool dans tout le Bihar. Aujourd’hui ces gourdes ne se vendent qu’à quelques endroits spécifiques. De plus leur prix est désormais entre 150 et 200 roupies ; entre 1,90 et 2,55 euros. Ce commerce est devenu extrêmement lucratif pour les trafiquants d’alcool.

L’inefficacité de la police

Il semblerait que nombre de femmes venant des tribus endossent le rôle de trafiquant d’alcool. Ceci est ironique car la prohibition avait été décidée en partie suite à une protestation de femmes contre l’alcoolisme. Dans le Champaran la production d’alcool s’effectue dans les zones forestières ; notamment à proximité de la rivière Gandak. Les boissons traditionnellement produites sont le Mahua, Mahua Meetha et Chulhai. On nomme ces petites productions illégales « adda ».

Dernièrement une opération de police contre un « adda » a occasionné des blessés chez les agents ; les femmes leur ont lancé des briques avant de s’enfuir. Cet évènement a eu lieu au village de Sirisiya. Dans cette région les trafiquants opèrent en groupe. Il arrive que les villageois aient peur de les dénoncer à la police par crainte pour leur vie. Ce genre d’incident n’est pas rare. Les policiers refusent de le reconnaître publiquement mais ils peinent à reprendre le contrôle. Une opération récente a cependant permis de désorganiser le trafic ; cinq trafiquants et 110 cartons d’alcool ont été saisis dans l’ouest du Champaran.

La prohibition au centre des conversations

Il arrive également que des habitants du Bihar aillent jusqu’à traverser la frontière avec le Népal pour se fournir. De l’autre côté de la frontière des « sarais », poussent comme des champignons pour servir les clients en alcool. Le problème est le même dans les États indiens voisins du Bihar où l’alcool est légal. La police promet de renforcer la surveillance sur 500 trafiquants présumés. Cependant des scandales à répétition ternissent la réputation de la police. Les agents du Bihar ont par exemple prétendu que les rats étaient responsables de la disparition de 900 000 litres d’alcool saisis.

La corrélation de la corruption policière, de l’accès aisé à l’alcool, d’une production locale importante font qu’il est difficile d’imaginer une application stricte de la prohibition. Il faut aussi ajouter la perte de revenu importante que ceci constitue pour l’État. D’autres États ayant instauré cette politique, comme le Gujarat, commencent à assouplir leurs lois. Seul le Bihar semble déterminé à continuer cette prohibition inefficace et contre-productive.

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