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Le luxe en ordre de bataille contre la contrefaçon

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Afin de lutter efficacement contre la contrefaçon, les marques de luxe rivalisent d’imagination pour améliorer la traçabilité de leurs produits. 

C’est un véritable fléau pour l’industrie du luxe. Selon le Center for Economics and Business Research (CEBR), la contrefaçon représente chaque année un manque à gagner de 7,3 milliards d’euros pour le marché français, soit l’équivalent de 0,3 % du PIB ou 26 000 emplois.

En France, les saisies de contrefaçons ont été multipliées par près de 45 entre 1994 et 2011, passant de 200 000 à 8,9 millions de produits, selon les chiffres de la Direction générale des entreprises (DGE). Les contrefaçons de produits de luxe représentent 50 % de la valeur totale des saisies.

La DGE estime à près de 6 milliards d’euros le manque à gagner pour l’économie française, la contrefaçon représentant une menace pour les entreprises mais aussi pour les consommateurs et l’Etat.

En effet, comme le souligne le magazine Mode In Textile, la contrefaçon se traduit pour les entreprises par la dévalorisation de l’image et la perte des coûts liés à l’innovation et au marketing. Les consommateurs peuvent de leur côté être victimes de tromperie sur la qualité et encourir des risques sanitaires et sécuritaires. Enfin pour les Etats, la contrefaçon est synonyme de perte d’emplois, pertes fiscales, non-respect du droit et criminalisation des réseaux.

Dans ce contexte, la traçabilité est devenue la priorité absolue des marques de luxe. Elle permet de contrôler les marchés gris et parallèles et de reconquérir les acheteurs « égarés ».

LVMH met en place une traçabilité complète de ses produits

Mieux : la traçabilité permet de renforcer la performance environnementale des marques. C’est en tout cas le pari du groupe français LVMH qui rejoint dès 2011 le LWG (Leather Working Group) afin d’améliorer et de contrôler les pratiques d’élevage et le bien-être animal, indissociables de la qualité́ des cuirs et des fourrures. En 2016, LVMH participe à la rédaction de la nouvelle version des «Animal Sourcing Principles», soit des principes responsables d’approvisionnement en animaux. Et dans le cadre du programme LIFE (LVMH Initiatives For the Environment) 2020, 70% des cuirs utilisés par ses Maisons seront issus de tanneries certifiées LWG. Ce qui devrait permettre au groupe de lutter contre la contrefaçon tout en améliorant la durabilité des matières traditionnelles et la préservation des ressources.

Cet engagement n’est pas anodin, car le déploiement des solutions de traçabilité doit répondre au niveau de qualité exigé par le secteur. « Les acteurs du luxe connaissent bien leurs fournisseurs de premier rang. Il faut cependant remonter jusqu’aux producteurs de matières premières, lever les zones d’ombre quand elles existent et rassembler les preuves qui démontrent que chaque produit est issu de bonnes pratiques », explique dans les pages de Mode In Textile Camille Rojot, experte en stratégies de sourcing responsable. D’après le Code de conduite fournisseur LVMH, « chaque Maison (…) demande à ses fournisseurs de se conformer aux principes éthiques » du groupe : prohibition du travail des enfants, du travail forcé, du travail illégal, clandestin et non déclaré, du harcèlement et des abus etc. Les fournisseurs doivent « maintenir un archivage suffisant pour prouver le respect de ce Code » et chaque marque « se réserve le droit de contrôler le respect de ces principes et de mener des audits de conformité ». Autant de précautions qui permettent aux différentes Maisons du groupe de connaître ses sous-traitants et d’encadrer et de contrôler leurs activités.

Les couturiers rivalisent d’outils et de dispositifs de traçabilité innovants pour faire face au manque à gagner

C’est pourquoi les marques rivalisent d’imagination pour améliorer la traçabilité de leurs produits. Par exemple, la maison Vanessa Bruno a mis en place une technologie de transpondeur sans contact NFC (Near Field Communication). Intégrée dans une griffe, elle permet d’afficher des informations prouvant l’authenticité de la pièce.

Grâce à un partenariat conclu avec Certilogo, la marque Diesel affiche un code sur une étiquette thermo-imprimée à la ceinture avec la phrase « Scan for Authenticity ». En balayant le code avec un lecteur QRcode, le consommateur peut s’assurer qu’il s’agit d’un produit authentique. Autre exemple évoqué par Mode In Textile : la startup grenobloise Primo 1D, à l’origine d’une technologie de micro-encapsulation de puces électroniques RFID dans le fil des textiles et des vêtements. Invisible à l’œil nu, ce fil électronique est intégrable dans les textiles dès la conception pour des fonctions de traçabilité.

Dans « La Maison des startups », l’accélérateur inauguré en avril au cœur de l’incubateur d’entreprises Station F., une cinquantaine de jeunes pousses sont accueillies chaque année autour du luxe et la durabilité. Parmi elles, Cypheme développe une intelligence capable de détecter un produit contrefait en analysant la microstructure de son emballage avec une simple photo de smartphone. La société crée un profil numérique unique permettant à chaque produit de « raconter son histoire ».

Car selon le rapport mondial de la contrefaçon de marques 2018, établi par le cabinet R Strategic Global, la contrefaçon devrait représenter un manque à gagner de 82,84 milliards d’euros cette année. De quoi encourager d’autres entrepreneurs à imaginer de nouveaux dispositifs de traçabilité innovants et efficaces.

 

 

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Interpol coordonne la lutte contre les faux papiers

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Vingt fonctionnaires d’Asie du Sud-Est ont été formés à Hanoi, au Viet-Nam, aux dernières techniques d’examen des documents de voyage

La formation s’est étendue sur trois jours, du 9 au 11 octobre 2019. Elle a été coorganisée par Interpol et Idemia. Elle était destinée à des fonctionnaires chargés du contrôle des frontières et de l’immigration.

Une coopération inédite

Pour la première fois la branche d’Interpol qui s’occupe de la contrefaçon des Documents administratifs (la CCSD) a travaillé avec Idemia. Idemia est une entreprise française de sécurité numérique spécialisée dans la biométrie, la sécurité digitale et l’analyse de données et de vidéos. Une vingtaine de fonctionnaires d’Asie du Sud-Est ont été formés aux techniques d’examen des documents. Le cours comportait des exercices pratiques sur l’identification de documents frauduleux, contrefaçons et falsifications. Au programme également des techniques innovantes de protection des passeports ; telles que l’image stéréoscopique au laser, les techniques de portrait en 3D ou la gravure au laser en couleur avec Lasink. La formation de trois jours comprenait également de études de cas ainsi que des présentations de pays.

Isabelle Poulard est la vice-présidente des unités de passeport et de permis de conduire, division Sécurité publique et identité, d’Idemia. Pour elle ; «Outre la numérisation de l’identité, les cartes d’identité et documents de voyage papier continueront à être délivrés. Le nombre de voyageurs va doubler en moins de deux ans. Il est donc très important pour Idemia de coopérer avec Interpol ; de partager les meilleures pratiques et de former les responsables de première ligne à la lutte contre tous les types de fraudes documentaires ».

L’utilisation des outils et données d’Interpol

Interpol a fait une présentation de sa base de données sur les documents de voyage volés et perdus. Elle contient plus de 87,5 millions d’enregistrements provenant de 177 pays sur divers documents ; passeports, cartes d’identité, tampons de visa etc. Le programme Edison a aussi été présenté. Ce dernier fournit des exemples de documents authentiques de voyage afin d’aider les agents à identifier les faux. Enfin, la Bibliothèque numérique de l’organisme, Dial-Doc n’était pas en reste. Elle permet aux pays d’émettre des alertes mondiales dès que leurs agents aux frontières détectent une nouvelle forme de contrefaçon de documents.

Daniela Djidrovska est coordinatrice de l’unité Contrefaçon et documents de sécurité d’Interpol. Elle salue cette première formation CCSD-Idemia. Selon elle ; « ces échanges sont importants pour améliorer les connaissances et les compétences des participants à la lutte contre la contrefaçon de document. » Les exercices menés à cette occasion ont renforcé les capacités des agents formés en matière de détection de faux documents. Elle ajoute ; “Des représentants des services de contrôles aux frontières de pays membres d’Interpol ont pu s’y former à de nouvelles normes de sécurité des documents. Les évolutions futures et des fonctionnalités de sécurité innovantes ont été discutées.”

 

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Trafiquant d’enfants thaïlandais lourdement condamné

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Un trafiquant d’êtres humains thaïlandais a été condamné à un record de 374 ans de prison pour trafic d’enfants et pédophilie

Yuttana Kodsap a été reconnu coupable de trafic d’enfants à des fins pornographiques après avoir incité des enfants de 7 à 12 ans à jouer à des jeux informatiques chez lui. Il a filmé des actes sexuels avec eux puis vendu les vidéos en ligne.

Peine de prison record

Un tribunal de la province thaïlandaise de Phang Nga, dans le sud de la Thaïlande, a condamné Yuttana Kodsap, 31 ans, à 374 ans de prison pour ses crimes. Il est aussi condamné à payer 800 000 bahts thaïlandais (un peu moins de 800 euros) à chacune de ses cinq victimes. Ces informations ont été fournies à la Fondation Thomson Reuters par la Cour de justice. C’est la deuxième fois où des pédocriminels sont condamnés à plus de 300 ans de prison.

L’année dernière le tribunal pénal a condamné trois hommes à 309 ans d’emprisonnement pour trafic d’enfants à des fins de prostitution. Dans les deux cas les tribunaux ont limité la peine d’emprisonnement à 50 ans conformément à la législation thaïlandaise. Papop Siamhan est avocat indépendant spécialisé dans la traite des êtres humains. Pour lui, les affaires de prostitution d’enfants entraînent de lourdes peines de prison car elles impliquent souvent plusieurs chefs d’accusation, et de nombreuses victimes. Selon lui « De longues peines de prison auront un effet dissuasif, car les gens auront peur de commettre de tels crimes. Les autorités et les juges seront également plus attentifs dans le traitement de ces cas. »

La Thaïlande félicitée pour ses efforts

Plus tôt cette année, les États-Unis ont félicité la Thaïlande dans leur rapport annuel sur la traite des personnes (TIP). Ils louent les lourdes peines de prison auxquels sont condamnés les trafiquants d’enfants et leurs complices. La Thaïlande a été classée dans la catégorie 2 dans ce rapport ; ceci signifie qu’elle déploie des efforts importants pour lutter contre ce crime. Depuis janvier dernier les tribunaux ont prononcé 170 peines d’emprisonnement dans des affaires de traite. Parmi elles, 74 condamnations de plus de 10 ans, selon la Cour de justice.

Archana Kotecha est la responsable de l’association caritative anti-esclavagiste Liberty Shared. Elle pense que les longues peines peuvent être un moyen de dissuasion efficace. Kotecha pense cependant que cela devrait s’accompagner de la saisie d’actifs pour indemniser les victimes « La dissuasion visant les biens des délinquants est probablement la plus efficace. Elle prend en compte la nécessité d’indemniser les victimes pour ce qu’elles ont enduré, et elle supprime les gains commerciaux réalisés par le délinquant.”

 

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Mort des tigres secourus d’un temple thaïlandais

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Plus de la moitié des tigres sauvés d’une attraction touristique du Temple du Tigre, fermée en 2016 après allégations de trafic d’animaux, sont morts

Les animaux avaient été confisqués d’un temple après la découverte de morceaux de tigres venant du temple sur le marché noir. Affaiblis par le stress et la consanguinité, les animaux n’avaient plus de système immunitaire.

Une attraction mondialement réputée pendant deux décennies

Des touristes y prenaient des selfies avec des tigres depuis 1994. En 2016 on pouvait y aller pour l’équivalent de 13 euros environ et y nourrir un tigron au biberon. Ce temple avaient eu son lot de visiteurs célèbres, comme Jay-Z ou Beyoncé. Cette attraction phare de la Thaïlande est devenue le centre de la controverse quand des internautes ont réalisé que les propriétaires vendaient des morceaux de tigre au marché noir. En 2016, les autorités thaïlandaises ont confisqué près de 150 tigres du temple bouddhiste à l’ouest de Bangkok suite à la pression de militants animalistes sur internet. Pendant le raid, ils auraient trouvé des tigrons morts au congélateur et d’autres conservés dans des bocaux.

Des années plus tard, 86 des 147 tigres confisqués sont morts lentement de paralysie de la langue laryngée.  Selon la version officielle ; les animaux étaient affaiblis par le stress de la vie en captivité et leur état s’est détérioré progressivement depuis le diagnostic. Comme les tigres étaient des sang-mêlés et ne vivaient qu’en captivité, leur système immunitaire était affaibli, les empêchant de lutter contre la maladie virale. Des défenseurs de l’environnement se demandent si les autorités avaient pris soin des animaux saisis de façon appropriée. Edwin Wiek est le fondateur de la Wildlife Friends Foundation of Thailand. C’est l’association qui avait lancé l’alerte au sujet des pratiques du temple. Selon lui les conditions dans les enclos n’étaient « pas assez bonnes pour héberger autant de tigres et l’installation était mauvaise ». L’exiguïté des cages permettait la propagation de la maladie.

Une trafic florissant et largement ignoré par des autorités corrompues

Lors du raid des forces de l’ordre un moine aurait tenté de s’échapper du temple. Il conduisait un camion avec des centaines de flacons, de peaux et de dents de tigre dissimulés dans une valise. Une peau de tigre d’élevage peut se vendre pour environ 45 000 euros en Chine. Selon l’EIA, les riches chinois achètent des peaux pour les tapis et les tentures, et boivent du vin de tigre à 400 euros la bouteille. Les os de tigre valent littéralement leur pesant d’or et un bol de soupe au pénis de tigre “stimulateur la virilité” se vend pour plus de 350 euros.

Le temple se présentait depuis des années comme un sanctuaire ; il s’est finalement révélé être une plaque tournante dans le trafic de la faune. Certains visiteurs ont affirmé que les animaux semblaient être drogués ; des vidéos montrent en effet des animaux léthargiques. Des défenseurs de la vie sauvage ont accusé les moines du temple d’avoir élevé illégalement des tigres. Un accord international de 2007 l’interdit, même si en pratique de nombreuses fermes à tigres existent en Asie du sud-est. Mais vu l’argent qui peut être fait dans ce trafic, il n’est pas difficile de corrompre les autorités. Le combat contre le trafic d’animaux est encore largement perçu peu important, y compris par les forces de police.

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