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ONU : Le trafic de drogue plus fort que jamais

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Des rencontres interministérielles asiatiques sont organisées avec les agences de maintien de l’ordre pour discuter du trafic de drogue dans la région

La réunion se tiendra le 7 novembre à Naypyitaw, la capitale du Myanmar. Le but est de trouver une nouvelle stratégie pour combattre les drogues de synthèses. L’idée serait de se concentrer sur les composants chimiques nécessaires à la fabrication. Le problème est urgent ; la quantité de drogue trafiquée n’a jamais été aussi importante. Dans la région la crise ne fait que prendre de l’ampleur. La production et le trafic d’amphétamines atteint un stade alarmant.

L’ONU met en garde contre le trafic

Le Bureau de l’ONU contre la Drogue et le Crime a déclaré que les saisies de cette année ont déjà dépassées le record atteint en 2017. Les drogues affluent depuis le Triangle d’or ; une zone entre les frontières communes du Myanmar, Laos et Thaïlande. Cependant la quantité produite est bien trop importante pour la demande locale. La production se répand donc jusque dans les régions avoisinantes du Mékong et du sud-est asiatique. On retrouve cependant aussi ces drogues dans des régions plus lointaines ; en Australie, au Japon, en Corée du sud et en Nouvelle-Zélande.

Dans un rapport de l’année dernière l’ONU a révélé que la culture du pavot dans le triangle d’or commence à se stabiliser après avoir triplé au cours de la dernière décennie. Il semble que la production se concentre désormais dans l’État de Shan au nord du Myanmar. Cependant les amphétamines continuent leur croissance. Par ailleurs, des drogues synthétiques comme le Fentanyl sont produites, détournées et trafiquées dans la région. Cette drogue est cependant principalement à destination de l’Amérique du nord et plus récemment l’Australie.

Une volonté de s’attaquer aux sources de la production

La crise des amphétamine dans la région est similaire à celle de la crise des opiacées aux États-Unis. Toutes deux sont en train de s’aggraver et le produit provient majoritairement de zones frontières mal contrôlées entre pays. Les puissants groupes criminels de ces deux régions profitent de ce trafic qui est souvent la seule opportunité économique de ces zones. En Asie les organisations criminelles blanchissent leur argent en passant par la Chine et Hong-Kong à travers des entreprises-écrans.

La nouvelle tentative de s’en prendre à ce trafic serait d’attaquer les matières premières nécessaires à la production d’amphétamines. Les organisations criminelles sont trop fortement installées, leurs bases de production et leurs réseaux sont solides. Cependant elles ne peuvent maintenir ce niveau de production sans l’afflux de composants chimiques. L’objectif serait donc de stopper le flux de ces produits chimiques provenant majoritairement d’Inde et de Chine. Avant cela il faut que les pays et les agences de maintien de l’ordre acceptent de communiquer entre elles rapidement. Sans cela ces projets resteront lettre morte.

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Trafiquant d’enfants thaïlandais lourdement condamné

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Un trafiquant d’êtres humains thaïlandais a été condamné à un record 374 ans de prison pour trafic d’enfants et pédophilie

Yuttana Kodsap a été reconnu coupable de trafic d’enfants à des fins pornographiques après avoir incité des enfants de 7 à 12 ans à jouer à des jeux informatiques chez lui. Il a filmé des actes sexuels avec eux puis vendu les vidéos en ligne.

Peine de prison record

Un tribunal de la province thaïlandaise de Phang Nga, dans le sud de la Thaïlande, a condamné Yuttana Kodsap, 31 ans, à 374 ans de prison pour ses crimes. Il est aussi condamné à payer 800 000 bahts thaïlandais (un peu moins de 800 euros) à chacune de ses cinq victimes. Ces informations ont été fournies à la Fondation Thomson Reuters par la Cour de justice. Il s’agit de la deuxième fois où des pédocriminels sont été condamnés à plus de 300 ans de prison.

L’année dernière le tribunal pénal a condamné trois hommes à 309 ans d’emprisonnement pour trafic d’enfants à des fins de prostitution. Dans les deux cas les tribunaux ont limité la peine d’emprisonnement à 50 ans conformément à la législation thaïlandaise. Papop Siamhan est avocat indépendant spécialisé dans la traite des êtres humains. Pour lui, les affaires de prostitution d’enfants entraînent de lourdes peines de prison car elles impliquent souvent plusieurs chefs d’accusation, et de nombreuses victimes. Selon lui ; « De longues peines de prison auront un effet dissuasif, car les gens auront peur de commettre de tels crimes. Les autorités et les juges seront également plus attentifs dans le traitement de ces cas. »

La Thaïlande félicitée pour ses efforts

Plus tôt cette année, les États-Unis ont félicité la Thaïlande dans leur rapport annuel sur la traite des personnes (TIP). Ils louent les lourdes peines de prison auxquelles sont condamnés les trafiquants  d’enfants et leurs complices. La Thaïlande a été classée dans la catégorie 2 dans ce rapport ; ceci signifie qu’elle déploie des efforts importants pour lutter contre ce crime. Depuis janvier dernier les tribunaux ont prononcé 170 peines d’emprisonnement dans des affaires de traite. Parmi elles, 74 condamnations de plus de 10 ans, selon la Cour de justice.

Archana Kotecha est la responsable de l’association caritative anti-esclavagiste Liberty Shared. Elle pense que les longues peines peuvent être un moyen de dissuasion efficaces. Kotecha pense cependant que cela devrait s’accompagner de la saisie d’actifs pour indemniser les victimes ; «La dissuasion visant les biens des délinquants est probablement la plus efficace. Elle prend en compte la nécessité d’indemniser les victimes pour ce qu’elles ont enduré, et elle supprime les gains commerciaux réalisés par le délinquant.”

 

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Mort des tigres secourus d’un temple thaïlandais

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Plus de la moitié des tigres sauvés d’une attraction touristique du Temple du Tigre, fermée en 2016 après allégations de trafic d’animaux, sont morts

Les animaux avaient été confisqués d’un temple après la découverte de morceaux de tigres venant du temple sur le marché noir. Affaiblis par le stress et la consanguinité, les animaux n’avaient plus de système immunitaire.

Une attraction mondialement réputée pendant deux décennies

Des touristes y prenaient des selfies avec des tigres depuis 1994. En 2016 on pouvait y aller pour l’équivalent de 13 euros environ et y nourrir un tigron au biberon. Ce temple avaient eu son lot de visiteurs célèbres, comme Jay-Z ou Beyoncé. Cette attraction phare de la Thaïlande est devenue le centre de la controverse quand des internautes ont réalisé que les propriétaires vendaient des morceaux de tigre au marché noir. En 2016, les autorités thaïlandaises ont confisqué près de 150 tigres du temple bouddhiste à l’ouest de Bangkok suite à la pression de militants animalistes sur internet. Pendant le raid, ils auraient trouvé des tigrons morts au congélateur et d’autres conservés dans des bocaux.

Des années plus tard, 86 des 147 tigres confisqués sont morts lentement de paralysie de la langue laryngée.  Selon la version officielle ; les animaux étaient affaiblis par le stress de la vie en captivité et leur état s’est détérioré progressivement depuis le diagnostic. Comme les tigres étaient des sang-mêlés et ne vivaient qu’en captivité, leur système immunitaire était affaibli, les empêchant de lutter contre la maladie virale. Des défenseurs de l’environnement se demandent si les autorités avaient pris soin des animaux saisis de façon appropriée. Edwin Wiek est le fondateur de la Wildlife Friends Foundation of Thailand. C’est l’association qui avait lancé l’alerte au sujet des pratiques du temple. Selon lui les conditions dans les enclos n’étaient « pas assez bonnes pour héberger autant de tigres et l’installation était mauvaise ». L’exiguïté des cages permettait la propagation de la maladie.

Une trafic florissant et largement ignoré par des autorités corrompues

Lors du raid des forces de l’ordre un moine aurait tenté de s’échapper du temple. Il conduisait un camion avec des centaines de flacons, de peaux et de dents de tigre dissimulés dans une valise. Une peau de tigre d’élevage peut se vendre pour environ 45 000 euros en Chine. Selon l’EIA, les riches chinois achètent des peaux pour les tapis et les tentures, et boivent du vin de tigre à 400 euros la bouteille. Les os de tigre valent littéralement leur pesant d’or et un bol de soupe au pénis de tigre “stimulateur la virilité” se vend pour plus de 350 euros.

Le temple se présentait depuis des années comme un sanctuaire ; il s’est finalement révélé être une plaque tournante dans le trafic de la faune. Certains visiteurs ont affirmé que les animaux semblaient être drogués ; des vidéos montrent en effet des animaux léthargiques. Des défenseurs de la vie sauvage ont accusé les moines du temple d’avoir élevé illégalement des tigres. Un accord international de 2007 l’interdit, même si en pratique de nombreuses fermes à tigres existent en Asie du sud-est. Mais vu l’argent qui peut être fait dans ce trafic, il n’est pas difficile de corrompre les autorités. Le combat contre le trafic d’animaux est encore largement perçu peu important, y compris par les forces de police.

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La lutte contre le trafic d’animaux en Amérique latine

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La première conférence d’Amérique latine sur le trafic d’animaux sauvage a eu lieu sur ce continent si riche en terme de biodiversité

Après la drogue, les armes à feu et le trafic d’êtres humains, le trafic d’espèces sauvages est le crime organisé le plus lucratif du monde. On estimait les profits annuels à 20 milliards de dollars en 2016, selon Interpol. Ce continent le plus riche en biodiversité du monde ; environ 40% des espèces végétales et animales du monde. Aujourd’hui l’Amérique latine est une plaque tournante de ce commerce criminel.

Un problème à prendre au sérieux

Le trafic d’espèces sauvages augmente dans la plupart des pays de la région, y compris au Pérou, le pays hôte de la conférence. Luis Alberto Gonzales-Zuñiga est le chef de son service forestier et de faune sauvage. D’après lui ; “ C’est une entreprise mondialisée qui nécessite une réponse globale ». Qu’il s’agisse du commerce d’animaux sauvages vivants ou d’animaux morts les pays dont ils sont originaires doivent prendre ce trafic au sérieux. Pour Salvador Ortega, responsable d’Interpol pour les crimes contre les forêts d’Amérique latine, ces pays doivent comprendre qu’ils font partie de la chaîne d’approvisionnement d’une organisation criminelle transnationale.

Selon Ortega ; »La corruption est l’élément le plus perturbateur pour nos enquêtes dans cette région. Elle porte atteinte à la coopération policière internationale et aux enquêtes transnationales. Alors que les collectionneurs d’animaux vivants vivent surtout aux États-Unis, en Europe et au Moyen-Orient, la contrebande d’animaux morts vise surtout l’Asie de l’Est, en particulier la Chine.

Initiatives internationales

Les gouvernements britanniques et américains ont tous deux soutenu ce sommet. Ce dernier fait suite à la conférence sur le commerce illégal d’espèces sauvages organisée à Londres l’année dernière. Le ministre britannique de l’Environnement, Zac Goldsmith, a salué l’initiative.

Un porte-parole du département d’État américain a déclaré que le pays était ; « le chef de file dans la lutte mondiale contre le trafic d’espèces sauvages. »

Un décret signé par le président Trump en 2017 a expressément reconnu le trafic d’espèces sauvages comme ; « l’un des quatre domaines prioritaires dans les efforts visant à démanteler les organisations criminelles transnationales ». Les 27 pays majoritairement latino-américains et caribéens présents à la conférence se sont mis d’accords sur plusieurs points ; partager leurs informations, faire respecter la loi et prendre ce crime davantage au sérieux. La prochaine réunion devait avoir lieu en Colombie en 2021.

 

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