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Analyses

Trafic de biens culturels en Bulgarie et en Espagne

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Une enquête internationale a permis l’arrestation de 13 personnes en Bulgarie et en Espagne pour vol et trafic de biens culturels

L’arrestation a eu lieu le 23 octobre dernier. Les autorités de Bulgarie et d’Espagne étaient soutenues par le centre de coordination Eurojust. Sur les 13 personnes arrêtées 4 étaient en Bulgarie et neuf en Espagne. Les agents ont également perquisitionné 17 résidences. Ceci a permis de récupérer 30 600 éléments de biens culturels et d’héritage historique. La majorité de ces éléments sont des pièces de monnaie et des contrefaçons de pièces. L’agence Europol a aussi participé à ce travail.

Une opération Internationale contre le trafic de biens culturels

Les agents ont récupérés ces biens culturels des mains d’un groupe criminel organisé. Cette organisation est impliquée dans le pillage et le trafic illégal de biens culturels en provenance de sites archéologiques bulgares. Ces derniers se chargent aussi de la vente de biens de contrefaçon en Espagne. Approximativement 180 000€ en liquide ont été saisis. L’enquête avait permis de déterminer que les leaders du groupe vivaient à Valence. Ils avaient des contacts avec les provinces de Alicante, Murcie, Ségovie et Saragosse ainsi qu’avec la Bulgarie.

Les Bureaux des Poursuites Spécialisées de Bulgarie et le Tribunal d’Enquête n°1 de Torrent à Valence, soutenus par les Bureaux du Procureur Provincial de Valence, ont coordonné le travail des forces de l’ordre. Parmi eux on trouve l’Unité Centrale Opérationnelle de la Garde Civile Espagnole et le Département d’Enquête du Bureau des Poursuites Spécialisées, le Directorat Général du Combat contre le Crime Organisé de Bulgarie et le Directorat Général de la Police Nationale de Bulgarie. Ces organisations se sont coordonnées pour la journée d’action du 23 octobre dernier.

Le rôle d’Europol et Eurojust

Europol et Eurojust ont été sollicités par les autorités bulgares et espagnoles pour coordonner les aspects judiciaires et policiers de cette action. L’origine de la demande d’enquête provient néanmoins de l’Espagne. Eurojust s’est chargé d’organiser un meeting de coordination pour partager les informations ; discuter les problèmes juridictionnels et préparer l’action prévue dans les trois semaines suivantes.

Cette opération transfrontalière a aussi permis l’arrestation d’un leader du groupe résidant en Bulgarie. Toutes les personnes arrêtées sont accusées d’appartenir à une organisation criminelle. On les soupçonne aussi de crimes contre un héritage culturel historique, de trafic illégal de biens culturels, d’escroquerie, de blanchiment d’argent et de création de faux documents. On ajoute à cela la manipulation des prix sur des marchés publics et dans des ventes aux enchères.

Un foisonnement de biens culturels

Lors des perquisitions 20 000 pièces d’ors authentiques et des contrefaçons ont été saisies. Les agents ont aussi récupérés plusieurs véhicules, des ordinateurs et d’autres équipements informatiques. Près de 36 machines permettant la fabrication des pièces de contrefaçons ont aussi été saisies. On a aussi trouvé des céramiques et des sculptures romaines et grecques, des casques, des urnes funéraires, des broches, des chandeliers, des bagues, des amulettes, des têtes de flèches et des lances.

La liste ne s’arrête pas là car on a aussi saisis des détecteurs de métaux. Les agents ont aussi découverts des objets et produits permettant de vieillir les pièces pour les faire passer pour des antiquités. Ces dernières étaient vendues en ligne. La quantité de biens culturels saisis explique que la liste de complète des objets n’ait pas encore été établie. Lors de l’opération des mandats d’arrêts européens ont été délivrés. De plus des décisions d’enquêtes européennes et des gels de compte en banques ont été ordonnés.

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Analyses

Les Black Mambas : un groupe de femmes déterminées à lutter contre le trafic de faune

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Créé en 2013 par le groupe Transfrontier Africa, Black Mamba est un groupe de femmes en charge de la protection de la réserve naturelle de Balule.

Près du parc national Kruger, en Afrique du Sud, les Black Mambas s’occupent d’une vingtaine de jeunes rhinocéros orphelins, dans un lieu secret protégé par de hauts murs et des portes cadenassées, et patrouillent chaque jour le parc à la recherche de braconniers.

Les rhinocéros, l’un des animaux les plus menacés au monde

Si depuis leur création, les Black Mambas parcourent la réserve de Balule dans le but de protéger tous ses habitants, les rhinocéros sont leur priorité.

Contrairement à d’autres animaux cible du trafic, comme le pangolin réputé pour sa viande ou les lionceaux, destinés à être des animaux de compagnie, les rhinocéros sont tués pour une petite partie de leur corps : leur corne. Dans la médecine traditionnelle asiatique, notamment chinoise, la corne de rhinocéros est vue comme un remède magique, pouvant aller du soulagement des rhumatismes à la guérison du cancer, tout en étant un aphrodisiaque et un supplément alimentaire pour les femmes enceintes. En réalité, cette corne qui se vend plus cher que l’or est composée de kératine, et n’a aucune propriété scientifiquement prouvée.

Après avoir tué la quasi-totalité des rhinocéros en Asie, les trafiquants ont trouvé un autre fournisseur, se tournant vers l’Afrique : depuis le milieu des années 2000, les gardes forestiers tombent sur plus en plus de carcasses durant leur patrouille. En 2007, 13 carcasses avaient été découvertes, une première pour l’Afrique du sud. Un chiffre qui s’est depuis presque multiplié par 100.

En moyenne, un rhinocéros d’Afrique est tué toutes les sept heures, soit 3,5 rhinocéros par jours. Un rythme qui condamne l’animal à l’extinction dans les 10 ans à venir, selon les ONG de protection de la biodiversité.

Une armée sans fusils

Avant la création des Black Mambas, plusieurs techniques de détection des braconniers avaient été testées : l’utilisation de drones, de la thermo optique, du trackage par satellite ou par les rangers. Mais malgré ces multiples méthodes, les rhinocéros continuaient d’être fréquemment tués. La création des Black Mambas, débutant par l’entraînement de 26 femmes des villages voisins de la réserve de Balule, maintenant au nombre de 32, s’est avérée la méthode de lutte contre les braconniers la plus efficace : dans l’année suivant leur création, seuls trois rhinocéros ont été abattus.

Dans un article de National Geographic datant de 2017, Craig Spencer, l’homme à l’origine des Black Mambas, se confie : « avant [elles], nous croulions sous les carcasses de rhinocéros. Cette année, nous avons eu huit morts ». Un progrès impressionnant dû uniquement à la présence de ces femmes, qui patrouillent chaque jour le parc, à la recherche de trafiquants ou de leurs camps, de dommages dans les grillages ou encore de pièges. Le groupe patrouille sans armes, ne pouvant alors pas se protéger d’éventuelles attaques de prédateurs, ou pire, des braconniers, souvent d’ancien militaires qui n’hésitent pas à tuer les employés en charge de la protection du parc. Leur seule arme : leur présence, et leurs talkie-walkies pour appeler en renfort les rangers du parc en cas de problème.

Mais le travail des Black Mambas, qui patrouillent 21 jours par mois pour ensuite rentrer dans leur village et rendre visite à leur famille, ne se limite pas à la traque des braconniers : elles se consacrent aussi à l’éducation. La pauvreté dans certaines communautés aux alentours de la réserve qui regroupe près de trois millions de personnes, où le chômage approche parfois les 80%, pousse certains hommes à se lancer dans le trafic de corne de rhinocéros. Une infime partie de la population profite du tourisme et des safaris dans la zone de Balule, poussant les braconniers à faire des bénéfices sur les ressources naturelles par d’autres moyens.

Le programme Bush Babies, initié par les Black Mambas, tente de combattre le problème sur le long terme, éduquant les adultes de demain sur la biodiversité et la conservation. Des adolescents entre 12 et 15 ans apprennent alors la protection de la nature, et sont, lors des vacances scolaires, amenés dans la réserve pour voir en personne les animaux étudiés. Le programme, lancé en 2015, s’est déjà répandu dans une dizaine d’écoles et a changé la perception de plus de 2000 enfants.

Un rôle essentiel.

Depuis leurs débuts, les Black Mambas ont positivement fait évoluer la vision de la société sur les femmes dans la région. A la création du groupe, le scepticisme était fort : il était alors très rare de voir des femmes dans les unités de lutte contre le braconnage. Sous-estimées, elles sont une véritable arme de la protection de la faune sud-africaine, et se servent notamment d’autres femmes des villages avoisinants pour obtenir des informations sur d’éventuels braconniers, et devenues les gagne-pain de leur famille montrent l’exemple aux jeunes femmes noires de la région.

En Afrique du Sud, où vit environ 80% de la population de rhinocéros, estimée à 29 500 spécimens, le braconnage, qui avait explosé entre 2008 et 2014, est maintenant en baisse. En 2014, 1215 rhinocéros avaient été tués en Afrique du Sud. Un nombre qui diminue lentement, mais sûrement, selon l’ONG Save the Rhino : 1175 en 2015, 1054 en 2016 et 1028 en 2017. Dans la zone couverte par les Black Mambas, et la grande réserve de Kruger, le braconnage a chuté de 75% depuis 2013.

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Analyses

La ‘Ndrangheta attaquée par Eurojust

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Au moins 84 personnes ont été arrêtées en connexion avec un trafic de cocaïne contrôlé par la ‘Ndrangheta, une mafia italienne

Une enquête a mis en lumière le rôle d’une mafia italienne dans un réseau international de trafiquants de cocaïne. Ce trafic s’étendrait notamment sur quatre pays. Jusqu’ici 84 personnes ont été arrêtées ce mercredi au cours d’une série de raids soigneusement coordonnés. Les suspects travailleraient tous pour la ‘Ndrangheta. Cette organisation est connue pour être responsable du trafic de cocaïne à une échelle mondiale.

‘Ndrangheta : le coupable habituel

Selon Francesco Ratta, un responsable de la police de Calabre en Italie ; « c’est presque un cliché, mais cette arrestation confirme aujourd’hui une fois encore le danger de la ‘Ndrangheta non seulement dans le trafic de drogue mais aussi dans la sphère financière ». Les autorités européennes ont annoncés les arrestations aux quartiers de Eurojust à la Hague. Cette agence de procureurs de l’Union Européenne a été spécialement créée pour renforcer les actions policières transfrontalières. C’est donc Eurojust et son partenaire policier Europol qui ont été chargés de coordonner les raids.

Le vice-président de Eurojust, Filippo Spieza, a souligné que cette action était un message fort envoyé au crime organisé ; « Ils ne sont pas les seuls à pouvoir opérer à travers les frontières ; la communauté judiciaire et les forces de l’ordre européennes aussi ». C’est la deuxième opération majeure contre la mafia italienne en quelques jours ; mardi les autorités italiennes ont arrêté 46 personne à Palerme. Cette arrestation visait les échelons supérieurs de l’organisation et notamment leur chef régional.

Une efficace coordination européenne

L’opération de mercredi est le résultat d’une enquête de deux ans sous le nom de code « Pollino » contre la ‘Ndrangheta. On les accuse notamment de trafic de cocaïne, de blanchiment d’argent, de corruption et de violences. La ‘Ndrangheta est le syndicat du crime le plus puissant d’Italie. Ce dernier éclipse aisément la Cosa Nostra de Sicile et la Camorra de Naples. Cette opération est la plus important de ce genre en Europe. Près de 4 tonnes de cocaïne ont été suivis et retrouvés par les enquêteurs. L’opération de mercredi a aussi permis de découvrir de la cocaïne et de l’ecstasy.

La police italienne a salué la coopération avec les forces de l’ordre européennes et la coordination de Eurojust. Cette nouvelle tactique de lutte contre le crime organisé a permis aux enquêteurs de plusieurs pays de partager leurs informations en temps réel. Cependant le procureur général italien, Federico Cafiero de Raho a encouragé à ne pas se réjouir trop vite. Cette opération n’a fait que gratter la surface des opérations de la ‘Ndrangheta. Ses tentacules et ses activités illégales sont présentes sur le monde entier. Lors de son intervention à la Hague Raho a déclaré que « ces arrestations ne sont rien pour la ‘Ndrangheta. Il y a des milliers de personnes qui devraient être arrêtées et des milliards d’euros qui devraient être saisis ».

Une piqûre de moustique pour la puissante mafia

Selon Nicola Gratter, un expert de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise achète depuis des années des hôtels, restaurants et autres propriétés en Belgique, aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. Ceci leur sert à blanchir des milliards de dollars provenant du trafic de cocaïne et d’investir dans des commerces « propres ». Selon le général Alessandro Barbera de l’unité d’enquête du groupe financier italien ; « la ‘Ndrangheta est le groupe criminel organisé le plus puissant du monde ».

Le clan de la ‘Ndrangheta qui aurait été le plus touché ce mercredi est celui de la famille Pelle-Vottari. Ce clan est aussi celui responsable des affrontements sanguinaires qui ont fait six mort par balles dans un restaurant de Duisburg en Allemagne en 2007. Eurojust se félicite d’avoir notamment arrêté des membres hauts placés de la ‘Ndrangheta. Cependant au vu de ce qu’on sait sur cette mafia italienne on peut se demander si cette opération fera plus que rebattre les cartes des responsables au sein de l’organisation.

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Analyses

Les mises en garde du rapport TRACFIN

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Ce rapport TRACFIN analyse les risques en matière de blanchiment d’argent, de capitaux, de fraudes et de financement du terrorisme

TRACFIN est un acronyme signifiant ; « Tendances et analyses des risques de blanchiment et de financement du terrorisme 2017/2018 ». Ce rapport français annuel renouvelle notamment des mises en gardes effectuées en 2015 et 2016 : l’évolution inquiétante des blanchiment de capitaux, de fraudes et de financement du terrorisme. Les auteurs du rapport tiennent par contre à préciser qu’il n’a pas été possible de déterminer que la contrefaçon et le commerce parallèle du tabac participaient au financement du terrorisme.

Les multiples facettes du financement du terrorisme

Plusieurs éléments majeurs sont pointés par le rapport TRACFIN. On remarque tout d’abord une évolution dans la surveillance du terrorisme. Il apparaîtrait que le renseignement financier ait eu un rôle de premier ordre sur cette question. Le rapport comptabilise 1379 déclarations portant sur des soupçons de financement du terrorisme. On peut noter ici une augmentation de 17 % par rapport à l’année précédente.

Certains secteurs semblent plus sensibles que d’autres au problème du financement du terrorisme. Ainsi les associations sont en première ligne à ce sujet ; en cause le manque de transparence des règles sur les questions d’organisations, de publicité et de relations financières. Ce manque de clarté laisse la porte ouverte à des risques de financement du terrorisme, mais pas seulement. Il ne faut pas omettre la menace des phénomènes de radicalisation en leur sein. Le rapport semble suggérer qu’une adaptation du cadre juridique serait souhaitable.

La deuxième cible majeur de ce rapport est le marché de l’art. Cela peut sembler surprenant à première vue cependant ce n’est pas la première fois que ce marché est pointé du doigt. Aux risques de financement du terrorisme TRACFIN y ajoute celui du blanchiment des capitaux. Les professionnels du secteur n’ont pas mis en place les gardes-fous nécessaires pour prévenir ces risques. Il semble que ce milieu s’acclimate très bien de cette part d’ombre ; il serait peut-être temps de résoudre cela.

Le danger constant des fraudes et arnaques

TRACFIN note également la persistance d’un phénomène connu ; les escroqueries en bande organisée. On y retrouve pêle-mêle des affaires de faux ordres de virements ou des arnaques liées aux Bitcoins et aux diamants. Cette catégorie souligne aussi le problème des fausses offres d’investissement sur le marché des échanges ou les fraudes aux certificats d’économie d’énergie. Loin de disparaître ces problèmes persistent et continuent à faire d’importants dégâts économiques et financiers.

Plus spécifiquement les cryptoactifs sont visés pour leur manque de transparence. Par nature la possibilité d’un anonymat relatif et un marché encore peu contrôlé laisse la porte ouverte à toutes sortes d’incivilités ; Blanchiment de capitaux, escroqueries, blanchiment de fraude fiscale, exercice illégale de la profession d’intermédiaire en opérations de banque et de services de paiement.

Enfin le rapport n’oublie pas les questions de fraudes fiscales et sociales. Ces fraudes d’apparence moins dramatiques que les points précédents n’en posent pas moins de graves soucis financiers. TRACFIN décrit par exemple le caractère endémique de la fraude à la TVA ; ceci est un enjeu majeur d’un point de vue financier. Les autres éléments de fraudes les plus fréquents relevés par le rapport sont les fraudes sur les droits de succession et l’imposition des revenus de capitaux immobiliers.

Une augmentation de l’activité de TRACFIN

En tout TRACFIN a analysé 71 070 informations pour l’année 2017, soit une augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente. Un nombre croissant de ces enquêtes sont ensuite externalisées à l’autorité judiciaire ainsi qu’à d’autres partenaires. Il semble que cette tendance semble se confirmer pour la période du 1er janvier au 31 octobre 2018 ; 65 509 informations reçues, soit une augmentation de 13 % par rapport à 2017.

La conclusion que semble tirer le rapport est qu’il faille renforcer les capacités d’analyse du renseignement financier. Que ce soit pour les problèmes de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme ces services sont les mieux armés pour détecter le problème en amont et le transmettre à leurs partenaires des forces de l’ordre ou de la justice. Par ailleurs, selon TRACFIN ce renforcement du renseignement ne sera réellement efficace qu’avec une plus importante collaboration européenne et une harmonisation du cadre juridique. Les pistes de travail ne manquent donc pas pour améliorer la détection et la résolution des cas de criminalité financière.

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