Connect with us

Articles

États-Unis : Contrecoups de la guerre commerciale

le

La guerre commerciale des États-Unis à la Chine pourrait provoquer un véritable boom de la contrefaçon et nuire à l’économie du pays

Cette guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ne semble pas prêt de s’arrêter. Certains préviennent que des citoyens chinois pourraient trouver une façon de contourner les taxes ; selon le FBI leur solution serait d’augmenter la quantité de bien de contrefaçon. Des groupes commerciaux ont prévenu le congrès que ces taxes pourraient avoir des coûts ; la nécessité d’augmenter les financements de la lutte contre le commerce illégal en est un. Ces groupes soulignent aussi que les consommateurs pourraient sciemment ou sans le savoir, acheter des biens de contrefaçon. Ces produits ne verraient pas leur prix augmenter car n’étant pas taxés.

La guerre commerciale et la contrefaçon

On estime que la contrefaçon coûterait 600 milliards de dollars par ans à l’économie américaine. Ceci représente 3 % du PIB du pays selon Steve Shapiro, le responsable de l’unité de la Propriété Intellectuelle du FBI. Aujourd’hui 24 agences de maintien de l’ordre luttent ensemble pour endiguer ce problème de commerce illégal. Malheureusement le commerce en ligne est en plein expansion et ces ventes s’ajoutent à la marée de produits que les agents doivent surveiller. De plus les trafiquants apprennent de mieux en mieux à déguiser leurs contrefaçons ou à contourner la surveillance de l’État.

Frank Russo, le responsable des Douanes de l’aéroport John F. Kennedy de New York, souligne que son service assiste à un accroissement exponentiel du nombre de ces produits. Cet aéroport est le plus fréquenté du pays. Les agents de la douane y surveillent les paquets arrivant du monde entier. Les trafiquants choisissent aujourd’hui d’augmenter le nombre de petits paquets ; ceci évite d’attirer l’attention et réduit la gravité des punitions et des pertes en cas de saisies. Russo fait aussi part de son constat de la difficulté croissante de surveiller et découvrir les contrefaçons. On estime que 120 000 paquets par jour passent par l’aéroport. L’année dernière 4500 envois de contrefaçon ont été saisis soit 12 % du volume total saisi dans le pays.

Peu de solutions en vue

Un nouveau problème généré par cette guerre commerciale est l’apparition de contrefaçons plus vraies que nature. Ces produits sont virtuellement indifférenciables de l’original. L’amélioration des appareils de productions et les imprimantes 3D seraient à l’origine de ces « super-contrefaçons ». Ces produits réussissent à usurper l’identité de la marque originale et peuvent se vendre sur Amazon sans attirer l’attention.

Pour les marques victimes de ces pratiques la meilleure façon de s’en prémunir est de souscrire à un service de surveillance. On peut aujourd’hui contrôler la légalité d’un produit en vérifiant le brevet. Les consommateurs devraient aussi vérifier que le revendeur est un vendeur approuvé par la marque en question. Selon Russo ; « si le prix est trop beau pour être vrai c’est probablement une contrefaçon ». Cette guerre commerciale pourrait finir par faire plus de mal que de bien à l’économie états-unienne n’en déplaise au président du pays.

Lire la suite

Articles

Braconnage de gorilles : fausse nouvelle mais vrai trafic

le

selfie-gorille-RDC

Les deux rangers qu’on avait découverts sur des photos devenues virales en 2019, n’ont pas été tués dans une attaque en avril, comme il a été dit sur les réseaux sociaux. Mais douze de leurs collègues, oui.

La rumeur a été diffusée en masse sur les réseaux sociaux : Mathieu Shamavu et Patrick Ndakasi, gardes forestiers du parc national des Virunga en République démocratique du Congo, auraient été tués lors d’une embuscade en avril 2020 :

Cependant, comme l’agence Reuters l’a signalé, après avoir contacté le parc qui abrite plus de la moitié de la population totale des gorilles des montages, ces deux rangers ne font pas partie des victimes de l’attaque. Leur activité de ces derniers jours, sur leurs propres réseaux sociaux, permet de confirmer qu’ils sont effectivement toujours en vie.

Pourtant, l’embuscade lancée dans le parc Virunga par des miliciens hutus présumés, a fait 16 victimes dont 12 rangers, le 24 avril 2020, comme l’a annoncé un responsable du gouvernement. L’une des attaques les plus meurtrières de l’histoire récente du parc national.

Dans un communiqué publié sur leur site internet, le parc a déclaré que « les gardes n’étaient pas la cible et sont morts en aidant le véhicule civil qui avait été pris sous le feu des assaillants. » Le communiqué dresse la liste des victimes. Par le passé, on dénombre près de 200 rangers du parc décédés lors d’attaque de milice.

Braconnage en Afrique de l’Ouest et centrale

La chasse des gorilles est illégale et pourtant pratiquée dans tous les pays du Bassin du Congo. Ces primates sont tués pour leur viande ; leurs membres peuvent être utilisés en médecin ou comme trophées ou sortilège. Ils peuvent aussi être revendus en tant qu’animaux de compagnie. Selon WWF, le commerce de la viande de brousse, dans ces régions, représente aujourd’hui la plus grande menace pour les gorilles, des animaux ayant un faible taux de reproduction.

braconnage-gorilles-wwf

Crédit WWF

Cette viande est considérée comme un signe de prestige social. Les pattes, crânes et autres parties du corps, sont « vendus empaillés comme décoration, ou chargés de pouvoirs mystiques ou médicinaux. »

D’anciens braconniers interrogés pour comprendre ce trafic illicite

Les gorilles des montagnes, présents dans trois pays (le Rwanda, l’Ouganda et la République démocratique du Congo) sont une espèce en voie disparition. Ce qui a motivé certains gouvernements de ces pays, à prendre mesures strictes de protectionnisme pour leur conservation.

Dans une étude publiée par le Journal of Geoscience and Environment Protection, en avril dernier, les témoignages d’anciens braconniers ont permis de mieux comprendre les causes du braconnage. Parmi les principales causes : la pauvreté, l’ignorance, la culture et les objectifs commerciaux.

Dans le parc national des volcans, situé au nord-ouest du Rwanda, les cas de braconnage ont diminué à partir de 2018. Deux éléments peuvent l’expliquer : l’instauration d’un système de partage des revenus (10% des revenus du parc sont partagés avec les communautés locales vivant aux abords du parc), et la construction d’un mur de pierre autour du parc. Ce mur ne permet pas, cependant, d’empêcher les animaux de s’échapper du parc, ce qui peut entraîner leur tuerie par la suite :

causes-braconnage-parc-national-volcans

Les principales causes du braconnage dans le parc national des volcans.

Pour aider à la conservation de cette espèce, un travail de sensibilisation de la population est important. C’est pourquoi, des « randonnées » en compagnie des gorilles sont organisés dans certains parcs, depuis quelques années, générant des fonds reversés à la lutte contre ce trafic et permettant aux communautés habitant autour de ces zones protégées d’être sensibilisées sur l’importance de ces gorilles des montagnes. En raison de la crise du Covid 19, ces activités sont temporairement suspendues dans plusieurs parcs nationaux.

Lire la suite

Articles

Trafic d’antiquités : 19 000 objets volés retrouvés

le

Au total, 101 personnes ont été arrêtées, permettant de remettre la main sur 19 000 objets volés : c’est le bilan d’opérations internationales menées en coordination avec Interpol, Europol et l’Organisation Mondiale des Douanes pour lutter contre le trafic d’antiquités.

bogota-saisie-objets-precolombiens

À Bogotá, les autorités colombiennes ont permis de retrouver 242 objets précolombiens, la plus grande saisie de biens culturels dans l’histoire du pays.

Noms de ces opérations : Athena II et Pandora IV. Déployées dans 103 pays, ces investigations de grandes ampleur, réalisées à l’automne 2019, ont permis de démanteler des réseaux internationaux de trafic d’œuvres d’art et d’antiquités. Le bilan de ces opérations, dévoilé par Interpol le 6 mai dernier, relate l’arrestation de près de 101 suspects, permise par 300 enquêtes en cours, dans le cadre d’une vaste action internationale de lutte contre la fraude.

Les autorités parlent notamment « de monnaies anciennes de différentes périodes, de pièces archéologiques, d’objets de céramique, d’armes anciennes, de peintures et de fossiles. » Des appareils utilisés par les trafiquants pour commettre leurs délits, tels que des détecteurs de métaux, ont aussi été découverts, preuve d’un trafic organisé et équipé.

Les antiquités ont pu être retrouvées notamment grâce à la surveillance des places de marchés et des sites de vente en ligne, lieux privilégiés de ce commerce illicite d’objets culturels. Les cibles actives ont ainsi été cartographiées, permettant la saisie de 8 670 objets culturels mis en vente en ligne, soit 28% du nombre total de pièces retrouvées.

police-nationale-espagnole-masque-tumaco-or

La Police nationale espagnole a retrouvé un masque de Tumaco en or, une pièce unique en son genre, selon les experts

Parmi elles, un masque de Tumaco en or a notamment été saisi, à l’aéroport de Barajas, à Madrid, par la Police nationale espagnole, en collaboration avec la Police nationale colombienne, ainsi que plusieurs figurines et bijoux anciens en or. En Afghanistan, la Douane a retrouvé 971 objets à l’aéroport de Kaboul qui s’apprêtaient à quitter le territoire en direction d’Istanbul, en Turquie. De son côté, la Police fédéral argentine a récupéré 2500 pièces de monnaie anciennes.

Une délinquance commanditée par la criminalité organisée

Ce commerce illicite « offre de nombreuses possibilités pour le blanchiment d’argent, pour la fraude ainsi que pour le financement des réseaux criminels organisés », a indiqué Jürgen Stock, Secrétaire général d’Interpol.

Le trafic d’œuvres d’art ne doit pas être traité indépendamment du trafic de drogues et d’armes, explique Catherine de Bolle, directrice exécutive d’Europol, car les mêmes groupes sont impliqués : « Le crime organisé a de nombreuses facettes. Le trafic de biens culturels en est une : il ne s’agit nullement d’une activité glamour menée par d’élégants gentlemen faussaires mais bien d’actes de délinquance commandités par des réseaux criminels internationaux. »

Le Secrétaire général de l’OMD, Kunio Mikuriya, rajoute que « les transaction en ligne laissent toujours des traces et la douane, la police et les autres prestataires ont mis sur pied des mécanismes efficaces qui leur permettent de travailler ensemble pour entraver ce commerce illicite à travers les frontières. »

 

Pour aller plus loin :

  • Complément d’enquête a diffusé, le 20 février dernier, « Trafiquants d’art : la guerre est déclarée », une enquête d’un an sur le trafic des œuvres d’art pillées dans les zones de guerres, en Libye ou en Syrie
  • En 2018, le British Museum lance le projet CircArt (Circulating Artefacts) afin d’aider à la lutte contre le trafic d’antiquités et les artefacts historiques et culturels. Le projet se concentre principalement sur les antiquités d’Égypte et du Soudan, et propose des formations en ligne
  • Quand la mafia jette son dévolu sur l’art : véritable valeur refuge pour mafieux désirant blanchir de l’argent ou s’acheter une respectabilité, l’art, et notamment l’art contemporain, est l’objet de tous les trafics, comme en témoignent de nombreuses affaires agitant le milieu du grand banditisme, et de l’archéomafia.

Lire la suite

Analyses

Les applications numériques au service de la protection de l’enfance

le

Les applications numériques au service de la protection de l'enfance ? Oui, sous certaines conditions !

Comment protéger les enfants de toutes les formes d’exploitation ? Du travail forcé jusqu’à la prédation sur internet, les menaces sont transversales et font craindre, chaque jour, pour l’avenir de centaines de milliers d’enfants. Aux solutions classiques de scolarisation massive des jeunes et de soutien financier apporté aux familles s’ajoutent désormais l’apport précieux des applications numériques et la politique RSE des entreprises, de plus en plus engagées dans la vie de la cité. Qu’il s’agisse du partenariat stratégique entre Yubo et le NCMEC, des applications disponibles sur iOS ou Android,  ou encore les applications développées par certaines ONG, les outils numériques en faveur de la protection de l’enfance se développent.

Les applications numériques comme facilitateur de la lutte contre le travail des enfants

En 2018, 150 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans travaillaient dans le monde, selon les données fournies par l’Observatoire des inégalités. Évidemment, des disparités géographiques peuvent être observées et le taux d’enfants au travail dépend du niveau de développement des pays. S’ils sont surreprésentés en Afrique, où près de 20 % des enfants travaillent, ce taux reste globalement faible en Europe, mais aussi dans les États arabes. Aux côtés des solutions classiques de soutien à la scolarisation des enfants et de soutien financier apporté aux familles, les applications numériques peuvent permettre d’apporter un soutien ponctuel, mais précieux, aux acteurs associatifs et étatiques.

L’ONG suisse Terre des Hommes a ainsi lancé en 2017 une application permettant de collecter des informations sur les enfants travaillant dans les mines d’or du Burkina Faso, intégrant un système d’alerte précoce à destination des professionnels de santé, des policiers ou encore des travailleurs sociaux. Une approche qu’il est possible de retrouver dans les démarches RSE des entreprises qui suivent les recommandations de l’OIT dans le cadre de son programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC). Nestlé a ainsi mis en œuvre un « Système de Suivi et de Remédiation du Travail des Enfants», en capitalisant sur des volontaires au sein des villages permettant une remontée rapide d’informations et une identification des enfants au travail. Une application mobile permet un traitement des données.

Contre la prédation en ligne, la mobilisation des plateformes sociales

Les réseaux sociaux sont en première ligne en matière de lutte contre l’exploitation des enfants, au vu du nombre de mineurs inscrits sur ces plateformes. Yubo, application française totalisant 28 millions d’inscrits à travers le monde, a ainsi tissé un partenariat — le premier du genre — avec le Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) américain. Cette ONG, fondée en 1984 par le Congrès des États-Unis, se charge d’apporter une expertise publique sur ces problématiques délicates. Ce partenariat doit permettre, par le biais du NCMEC, la collaboration pleine et entière de la plateforme avec les autorités des États-Unis, où l’application compte plusieurs millions de membres, très largement mineurs. Tout cas d’exploitation potentiel sera ainsi transmis au NCMEC par Yubo qui se chargera de faire le lien avec les services compétents. En parallèle, Yubo a annoncé avoir implémenté un nouveau système permettant d’informer les jeunes quand ils sont sur le point d’envoyer des informations privées et de muscler, encore, ses conditions de vérification d’identité.

Au niveau des géants du secteur, Facebook a fait un timide pas en avant à destination des autorités en permettant, en 2017, une large diffusion du dispositif « alerte enlèvement » en France. Mais le combat contre les prédateurs sur les réseaux sociaux demeure très délicat au vu de l’immensité de la tâche à accomplir et l’initiative de Yubo avec le NCMEC reste une exception dans le paysage global des plateformes sociales.

Faciliter la surveillance des parents sur les usages numériques de leurs enfants

La protection des jeunes en ligne repose aussi sur un panel de ressources, souvent librement accessibles en ligne, permettant aux parents de bénéficier d’un contrôle direct sur les activités des enfants. Le but : garder un œil, certes discret, mais nécessaire, sur l’ensemble des activités des plus jeunes afin de les empêcher d’accéder à des contenus potentiellement choquants. Phone Control, disponible sur Android, permet par exemple de prendre possession du téléphone de son enfant à distance et de bloquer d’éventuels numéros indésirables par un simple envoi de code par SMS. Family Locator et GPS Tracker peuvent aussi s’avérer des outils précieux en permettant aux parents de géolocaliser leurs enfants.

Moins intrusives, certaines applications sont directement destinées à être implémentées sur les moniteurs des enfants. Kids Shell sur Android propose ainsi de transformer les téléphones, smartphones ou ordinateurs des plus jeunes en interfaces simplifiées, limitant leurs possibilités d’accès. Une approche aussi partagée par AVG Family Shield sur iOS qui propose un système de filtres afin de limiter l’accès aux contenus les plus sensibles. Certaines de ces applications font, évidemment, débat. Le défi ? Parvenir à trouver le délicat équilibre entre respect de la vie privée et nécessaire surveillance des parents.

 

Lire la suite

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir nos informations

Réseaux sociaux

Derniers articles

Revue de presse

Nous suivre sur Twitter

Trending

Partages