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Contrefaçons

Hausse de la contrefaçon : les marques tricolores se mobilisent avec la blockchain

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Les marques Louis Vuitton et Dior, en partenariat avec Microsoft et ConsenSys, ont lancé la plateforme blockchain AURA pour permettre la traçabilité de leurs produits. D’autres marques du groupe LVMH devraient bientôt s’y associer.

Il représente une menace pour l’économie mondiale en général et celle de la France en particulier. Selon un récent rapport de l’OCDE et de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), le commerce de produits de contrefaçon représente 3,3 % des échanges mondiaux (contre 2,5 % en 2013). La valeur des produits de contrefaçon s’est en effet élevée à 509 milliards de dollars en 2016 contre 461 milliards en 2013.

Réputée pour ces produits de luxe, la France est le second pays occidental après les États-Unis à être le plus visé par la contrefaçon, largement devant l’Italie, la Suisse et l’Allemagne. Or, « le commerce de produits de contrefaçon, qui porte atteinte aux marques et droits d’auteur, génère des bénéfices au profit du crime organisé et aux dépens des entreprises et des États », s’alarme l’OCDE.  « Le commerce de contrefaçons représente un manque à gagner pour les entreprises et les finances publiques et alimente d’autres activités criminelles. Il constitue également un réel danger pour la santé et la sécurité des consommateurs », prévient pour sa part Marcos Bonturi, directeur de la Gouvernance publique de l’organisation internationale.

LVMH, ConsenSys et Microsoft veulent prouver l’authenticité de leurs produits

Particulièrement touchées par ce fléau qui entraîne un manque à gagner tout en écornant leur image, les marques tricolores ont décidé de riposter. Jeudi 16 mai, LVMH, ConsenSys et Microsoft ont annoncé le lancement du projet AURA, un consortium blockchain visant à fournir des services de suivi et de traçabilité des produits à l’industrie du luxe.

Gérée sous forme de consortium, cette plateforme permettra de donner aux consommateurs une preuve de l’authenticité d’un produit. « Au moment de l’achat, le consommateur peut utiliser l’application de la marque pour recevoir le certificat AURA contenant toutes les informations sur le produit. La blockchain, décentralisée et immuable, offre une transparence totale et une fiabilité unique pour le consommateur : elle garantit l’authenticité du produit, fournit des détails sur son origine et ses composantes (y compris des informations éthiques et environnementales), des instructions pour l’entretien du produit, son service de vente ainsi que sa garantie », a expliqué ConsenSys dans communiqué.

Marque blanche

Spécialisée dans les services et solutions faisant appel à Ethereum (un protocole d’échanges décentralisés permettant la création de contrats intelligents consultables publiquement dans une blockchain), ConsenSys affirme que le modèle de type consortium garantit un partage de l’innovation entre les partenaires tout en conservant la flexibilité nécessaire pour répondre aux besoins spécifiques de chaque membre. La startup se dit « fière » de « contribuer et de collaborer avec LVMH à une initiative qui servira l’ensemble du secteur du luxe, protégeant les intérêts, l’intégrité et la confidentialité de chaque marque, en exploitant la blockchain Ethereum de manière véritablement décentralisée ».

Le champion du luxe français estime pour sa part « logique » de s’intéresser de près « à assurer l’authenticité de ses produits ». Si AURA devra dans un premier temps protéger les produits des marques Louis Vuitton et Dior, le projet « sera ensuite progressivement étendu aux « 70 Maisons d’exception » que regroupe LVMH, voir même être proposé à des concurrents, en créant une marque blanche pour ce système ».

Alors que deux contrefaçons sur dix saisies dans le monde correspondent à des produits usurpant des marques ou des brevets français, AURA pourrait devenir un rempart indispensable contre un phénomène qui coûte près de sept milliards d’euros à l’économie française et qui fait perdre plus de 400 000 emplois à l’Europe.

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Analyses

Covid-19 : le crime organisé se frotte les mains

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L’épidémie de Covid-19 en France et à travers le monde a largement inspiré les réseaux criminels, qui ont su s’adapter très rapidement à la situation d’inquiétude générale. Dans ce contexte, la nécessaire mise en place d’outils numériques imperméables à la contrefaçon est cruciale.

« Dans chaque crise, il y a une opportunité. » Si l’origine de ce proverbe prétendument chinois reste à prouver, certains n’ont pas attendu confirmation pour le mettre en pratique dès les premiers cas de Covid-19 hors de Chine. Depuis plusieurs mois, l’épidémie est en effet devenue « un terreau » pour les escroqueries en tout genre, selon Benoît de Juvigny, secrétaire général de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Lors d’une conférence donnée en partenariat avec l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), l’AMF est revenue sur les nombreuses arnaques qui sévissent actuellement, jouant sur les inquiétudes sanitaires et économiques des Français. « Ces arnaqueurs sont capables de s’adapter très vite à l’actualité […] sachant que derrière, on joue toujours sur les mêmes cordes », prévient Dominique Laboureix, représentant de l’ACPR.

Sans surprise, c’est sur Internet que s’opère la plupart de ces combines. Sur le premier semestre 2020, plus de 200 nouveaux sites frauduleux ont ainsi été signalés par l’AMF et l’ACPR. Parmi les arnaques les plus répandues, les fausses cagnottes en ligne profitent de l’élan de solidarité collectif, notamment vis-à-vis des personnels soignants, pour récupérer l’argent des contributeurs à des fins uniquement lucratives. Une autre technique vise à promettre un crédit sans condition en moins de 24 ou de 48 h afin de soutirer des informations personnelles, comme des identifiants bancaires ou d’autres données utilisées ensuite pour des arnaques ou du démarchage abusif, explique Nathalie Beaudemoulin, coordinatrice des travaux entre l’ACPR et l’AMF. Avec l’effondrement brutal des cours boursiers au début de la pandémie mondiale, certains escrocs ont également eu l’idée de proposer à leurs victimes d’investir dans des formations expresses pour devenir « trader » ou de faux placements comme le whisky, les bitcoins et même la chloroquine. Autant d’investissements qui se sont avérés vains.

Un tournant majeur dans l’attitude du crime organisé

Mais les escroqueries ont aussi pris un tour plus inquiétant en s’aventurant jusque sur le terrain du crime organisé. Alors que la demande en gels hydroalcooliques et masques est au plus haut, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, la consommation et la répression des fraudes) a récemment redoublé de vigilance pour s’assurer de la conformité des nombreux produits mis en vente en France. Les agents de la « Répression des fraudes » ont ainsi procédé à 41 600 contrôles et ordonné 12 rappels de gels hydroalcooliques, ainsi que des retraits de masques de protection non-conformes. Mi-juillet, la DGCCRF a, par exemple, interdit la commercialisation d’un gel hydroalcoolique fabriqué en Espagne au motif qu’il n’avait « aucune efficacité antibactérienne ou antivirale ».

Ce cas avait déjà été signalé sur le portail d’alerte de la Commission européenne, qui l’avait qualifié de « grave ». Pour rappel, les gels hydroalcooliques valides doivent comporter au moins 60 % d’alcool, soit une concentration comprise entre 520 et 630 mg/g, et mentionner la norme EN 14476 accompagnée de la mention « virucide » ou « élimine les virus ». D’autres produits miracles anti-Covid-19 ont également essaimé sur Internet, « comme de fausses lampes désinfectantes, des faux stérilisateurs ou de faux compléments alimentaires », a précisé Virginie Beaumeunier, directrice de la DGCCRF, dans des proportions inquiétantes. Dans le cadre d’une opération menée dans 77 pays, Interpol a annoncé, pour sa part, avoir saisi pas moins de 17 000 faux kits de tests pour le coronavirus

Les crises ont toujours été, historiquement, des moyens pour les trafics illicites de se renforcer. Ceux-ci croissent à la fois sur la panique et le sentiment de rareté (ou la rareté effective) des produits dans un contexte de tension du marché. L’épidémie de Covid-19 n’a donc pas échappé à la règle, comme l’a clairement rappelé l’ONUDC (l’organe de l’ONU en charge de la lutte contre les trafics et le crime organisé) dans une note de recherche. L’organe spécialisé voit d’ailleurs dans le trafic des produits médicaux « un tournant majeur dans l’attitude du crime organisé qui est directement attribuable à la pandémie de Covid-19 ».

En Italie, les trafics illicites de biens médicaux ont explosé

L’authentification, la bataille d’après ?

Si les experts onusiens appellent de leurs vœux à des actions plus fermes contre les trafics de biens médicaux, il n’en demeure pas moins que des initiatives de prévention doivent équilibrer la répression. Conscients des enjeux, les pouvoirs publics tentent d’offrir des alternatives rassurantes afin de lutter contre la Covid-19 et les craintes qu’elle suscite.

En témoigne le développement des très décriées applications de traçage dans 13 pays, dont la France, pour prévenir les usagers s’ils ont été à proximité de personnes contaminées. Hélas, beaucoup de ces solutions présenteraient des failles susceptibles de permettre des détournements, notamment au niveau de l’authentification. Et alors qu’elles nécessitent une adoption massive pour être efficaces, toutes se heurtent à un taux de rejet important parmi la population. Mi-juillet, l’application française StopCovid n’avait ainsi été téléchargée que par 3,1 % des Français, contre 9 % en moyenne dans l’ensemble des pays concernés.

Cet échec n’est pas seulement hexagonal : à l’échelle mondiale, certains pays semblent désormais abandonner l’idée d’une application de traçage. De fait, des professionnels, comme le chercheur en cybersécurité français Baptiste Robert (« Eliott Alderson » sur Twitter), avaient déjà dénoncé le solutionnisme technologique – l’utilisation d’applications comme un remède miracle à un problème donné – à l’origine de l’échec des applications de traçage.

 

Dépassé le numérique, alors ? Pas totalement.

À l’inverse du tracing et autres passeports « immunitaires », les technologies de certifications de vaccinations pourraient s’imposer comme un moyen de confirmer le statut épidémiologique des patients. Certus, l’une de ces applications, a été développée par le leader français de la collecte de données de santé OpenHealth, le groupe suisse SICPA, fournisseur de technologies d’authentification, et la société estonienne Guardtime, spécialisée dans la blockchain KSI. À l’origine, Certus promet de « poser des ponts entre les mondes physique et digital », explique Philippe Gilet, le chief scientist officer de Sicpa. en assurant l’authentification électronique de documents via un QR code unique généré sur smartphone, dont la blockchain garantirait un niveau de sécurité optimal.

Appliquée à la pandémie actuelle, cette technologie d’authentification pourrait permettre, en cas de vaccin, de vérifier que l’individu a bel et bien été vacciné. Une hypothèse pas si farfelue, quand l’on sait que l’ONUDC craint déjà « qu’un traitement viable et un vaccin préventif fassent l’objet de falsification, de vol et de détournement par des groupes criminels organisés ». Une telle mesure pourrait être mise en œuvre afin de relancer le transport aérien dans des conditions optimales, ou faciliter l’accès à des zones comme les concerts, tout en évitant le recours à des masques ou gels frauduleux et inefficaces.

Si ce nouvel axe de lutte contre le virus, reposant sur l’apparition d’un éventuel vaccin, ne peut se concevoir qu’à moyen terme, il devrait néanmoins porter un coup dur au bourgeonnant trafic de biens médicaux. Dans l’attente, les autorités, comme les citoyens, devront redoubler de vigilance : selon les projections de l’ONUDC, « la fraude transnationale à grande échelle impliquant l’achat d’équipements de protection » fait désormais partie du « nouveau modus operandi des groupes criminels organisés ».

 

Crédit photo: Adli Wahid / Unsplash

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Contrebande

Trafics de médicaments et de téléphones, les fléaux de l’Afrique

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Avec une croissance prometteuse et une jeunesse toujours mieux formée, l’Afrique est un continent d’avenir. Revers de la médaille dans un continent où les structures étatiques sont encore fragiles : la contrefaçon et la contrebande explosent. Ce commerce parallèle touche particulièrement les médicaments et les téléphones.

L’Afrique est la zone au monde qui souffre le plus des faiblesses associées à un marché mal régulé. En 2018, un rapport de l’OCDE révélait que le trafic, la corruption et l’évasion fiscale faisaient perdre chaque année quelque 50 milliards de dollars aux Etats du continent. Parmi les types de trafic répertoriés par l’OCDE, on trouve des sources d’enrichissement illicites fortement médiatisées, telles que les migrants et la drogue, mais aussi des marchandises de première nécessité comme le pétrole et les médicaments.

Péril sur la santé publique

L’Afrique s’est imposée comme l’enfer des faux médicaments. 42% des signalements proviennent du continent, contre 21% en Europe et la même proportion en Amérique. En Afrique de l’Ouest, 60% de la valeur marchande des médicaments est générée par des produits contrefaits ou de qualité médiocre.

Pour bien montrer que l’enjeu dépasse celui de la propriété intellectuelle, l’OMS ne parle plus désormais de contrefaçon mais de « produit médical de qualité inférieure ou falsifié ». Les conséquences sur la santé publique sont souvent dramatiques. Un tiers des antipaludéens mis sur le marché en Afrique de l’Ouest n’est pas efficace. En 2015, onze personnes sont mortes et plus de mille ont été hospitalisées en République démocratique du Congo (RDC) pour avoir ingéré un puissant antipsychotique en lieu et place d’un sédatif.

La contrebande de médicaments est particulièrement lucrative pour les mafias en tout genre. D’après l’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRCAM), mille dollars investis rapporteraient jusqu’à 500 fois plus. L’Afrique paie ici le prix de ses vulnérabilités : gouvernance faible, insuffisance du réseau de pharmacies, populations pauvres. Le marché informel, encore appelé « pharmacie par terre », y est particulièrement répandu, ce qui rend difficile toute forme de traçabilité ou de contrôle qualité. Quant aux discours de prévention, ils sont souvent perçus comme une « guerre contre les pauvres ».

La sécurité au défi des faux smartphones

Autre produit massivement touché par la contrebande : le téléphone. Impossible d’établir le volume de « faux » mobiles en circulation sur le continent, mais il se chiffre en millions. Au Kenya, l’agence anti-contrefaçons estime qu’ils représentent plus de 50% des marchandises contrefaites. Là aussi, les enjeux vont au-delà de la propriété intellectuelle. Car avec la hausse de la connectivité, les Africains ont accès à un nombre croissant de services numériques dont certains sont lourds d’enjeux de sécurité.

Ainsi, les téléphones contrefaits sont particulièrement sensibles aux logiciels malveillants utilisés par les cybercriminels pour subtiliser les numéros de cartes de crédit ou de sécurité sociale. L’expert en cybersécurité Symantec prévoit une recrudescence des tentatives de chantage et d’extorsion dans les années à venir, du simple fait qu’un grand nombre de mobiles est vulnérable aux attaques. D’autres effets néfastes sont à déplorer, tels que l’impact sur la qualité du réseau et, plus grave encore, des risques pour la santé des consommateurs. Souvent fabriqués à partir de matériaux non conformes, ces appareils peuvent contenir des niveaux dangereux de métaux et de produits chimiques tels que le plomb. Sans compter les entorses aux normes de sécurité électrique…

Un manque à gagner considérable pour l’économie locale

A ces problèmes de sécurité et de santé publique s’ajoute un enjeu économique global. Les trafics, dont les bénéfices sont réinvestis à l’étranger, quand ils ne profitent pas au terrorisme, privent les économies africaines d’investissements considérables. Leur poids sur le marché est d’autant plus regrettable qu’il existe sur place des industries en plein essor qui ne demandent qu’à supplanter les groupes occidentaux encore très présents.

C’est le cas dans le médicament, où plusieurs défis demeurent néanmoins : certification, montée en capacité de production et compétitivité. C’est le cas dans la téléphonie, où des entreprises d’ancrage continental abattent un travail discret mais efficace, à l’image de Telecel Group, implanté en Afrique centrale depuis plus de 25 ans, et premier contributeur du Trésor public en RCA.

Les trafics, et notamment la contrebande, constituent un autre problème : le manque à gagner considérable pour les Etats. Ceux-ci réagissent en renforçant leurs moyens de contrôle et de sanctions, avec des résultats qui font leur preuve. En deux ans, l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) du Maroc a contribué à la hausse des recettes fiscales, en renforçant les saisies sur un autre produit de contrebande particulièrement apprécié : le tabac. L’objectif ? Profiter du renouvellement de son partenariat avec l’entreprise SICPA pour introduire des technologies de traçabilité de pointe (codes QR, codes HRC).

Dans un contexte aussi mouvant, la qualité des services proposés et la traçabilité des produits apparaissent comme les principaux remparts contre les dérives du commerce illicite qui sévit sur le continent africain.

 

 

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Analyses

Traçabilité et développement durable : la filière cuir s’engage

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A l’occasion de ses premières Assises du développement durable, la filière cuir a réaffirmé son engagement pour un plus grand respect de l’environnement. Louis Vuitton, Hermès et autres marques emblématiques ont défendu leur bilan tout en annonçant de nouvelles actions.

« Notre industrie est l’activité de recyclage la plus ancienne au monde ». Franck Boehly, président du Conseil national du cuir (CNC), est décidé à rétablir la vérité et à défendre le sens des responsabilités d’une industrie souvent critiquée, mais rarement entendue. « Nous transformons la peau, qui est un sous-produit du secteur de la viande et du lait, en un cuir de grande qualité. Car personne dans le monde n’a jamais élevé un bovin pour sa peau », a affirmé l’homme d’affaires.

Mais s’il est vrai que le cuir est d’abord un déchet de l’industrie de la viande et du lait, les professionnels de la filière n’en sont pas moins engagés dans une production responsable. « La RSE, pendant longtemps, c’était une option. Aujourd’hui c’est une obligation », explique Jean-Christophe Muller, directeur général des tanneries Haas.

Les efforts pour assurer une traçabilité efficace des animaux et des éleveurs qui les fournissent sont particulièrement importants. La filière française mise particulièrement sur un système de marquage laser conçu selon le modèle de la viande depuis la crise de la vache folle.

Mis au point par le Centre technique du cuir (CTC), cet outil permet de reproduire dans les abattoirs, sur la peau de l’animal, le code-barres inscrit sur les morceaux de carcasse. Grâce à certains logiciels, il est possible de le lire ensuite chez les tanneurs, le tout sans altérer les procédures de transformation. Pour Jean-Christophe Muller, cette technologie devrait permettre de « s’assurer que l’élevage et l’abattage ont été faits dans de bonnes conditions ».

Les ambitions fortes de Louis Vuitton et d’Hermès

Selon Cédric Vigier, responsable du département innovation du CTC, « la totalité de la filière veau devrait être équipée » de la technologie de marquage laser en 2020. Cela permettra de connaître la provenance de chaque peau et d’apporter des actions correctives sur le plan de la qualité. Le système de traçabilité des peaux devrait être au moins aussi efficace que celui« d’identification et de traçabilité des bovins en France, qui est reconnu comme l’un des plus performants », estime pour sa part David Grangeré, directeur industriel du groupe Bigard.

Alors que la question de l’origine des peaux est de plus en plus prise en compte par les clients, l’ensemble de la filière se mobilise et affiche des ambitions fortes. Ainsi, la marque Kering vise « la traçabilité jusqu’à l’élevage, ainsi que l’élimination totale des métaux lourds d’ici à cinq ans, afin d’atteindre les objectifs en 2025 de diminution de 40 % de l’impact environnemental et de 50 % des émissions de CO2 ». Chez Hermès, on revendique une volonté de « rester fidèle au cuir sans contourner les problèmes ». Une nouvelle organisation en atelier permettra au sellier de luxe de générer 11 % d’économies de matières.

Innovations et protection de l’environnement

La question du tannage au chrome a été également débattue à l’occasion de ces premières Assises du développement durable. Si Jean-Christophe Muller estime que le processus de transformation du chrome trois en chrome six « sera remis en question » dans les prochaines années, Olivier Raynaud, propriétaire de la mégisserie Raynaud Jeune, rappelle quant à lui que « le tannage végétal a le vent en poupe, mais l’éco-responsabilité du cuir vient avant tout des bonnes procédures ».

Les grandes marques ont également profité de ce forum pour montrer l’exemple en matière de protection de l’environnement. Ainsi, Louis Vuitton a présenté ses actions pour la préservation de la biodiversité et la lutte contre le dérèglement climatique. La maison de luxe, qui a créé un fonds carbone afin de gérer les émissions de gaz à effet de serre provoquées par ses activités, agit également sur le sourcing des matières.

Des engagements qui en inspirent d’autres. Dans la région du Choletais, une charte garantissant l’innocuité des produits a été signée par une dizaine d’industriels de la chaussure. De son côté, l’enseigne Bocage a mis en place un abonnement mensuel permettant à ses clients de chausser des souliers neufs tous les deux mois et de les rendre ensuite pour qu’ils soient reconditionnés et remis dans le circuit.

En matière d’innovation et de protection de l’environnement, la filière du cuir n’a pas dit son dernier mot.

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