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Contrefaçons

Anti-contrefaçon : les enjeux du numérique

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Ce jeudi 6 juin 2019, à l’occasion de la Journée mondiale anti-contrefaçon, l’Unifab (Union des Fabricants) ouvrait le débat sur l’innovation dans ce secteur. Comment le numérique peut-il aider la lutte anti-contrefaçon ?

« Les faussaires ne font pas cavaliers seuls. Notre réponse doit donc être commune », expliquait en introduction de l’événement Christian Peugeot, président de l’Unifab. Pour pallier les pertes causées par la contrefaçon, représentant entre 5 à 9% du commerce mondial, les plateformes de ventes en ligne, les réseaux sociaux, les autorités… tous doivent unir leur force pour lutter contre cette délinquance et prévenir la méconnaissance des acheteurs du danger qu’ils encourent. À cet effet, le 15 juillet prochain devrait être lancée à Cannes une campagne de sensibilisation adressée aux consommateurs. Un partenariat avec l’INPI, la douane et la gendarmerie.

La blockchain, outil de traçabilité

De son côté, l’industrie du luxe a trouvé dans la blockchain un bouclier protecteur pour lutter contre ce trafic. Richard Yung, président du CNAC (Comité national anti-contrefaçon), a rappelé le récent lancement d’AURA en mai dernier : cette plateforme basée sur la blockchain Ethereum, en partenariat avec LVMH, ConsenSys et Microsoft, vise à fournir à l’industrie du luxe un service de suivi et de traçabilité des produits, de la production au point de vente, jusqu’à la revente.

De son côté, le fabricant Seagate a fait appel à IBM pour authentifier la provenance de ses disques durs grâce à la blockchain : des signatures cryptographiques seront apposées sur chaque produit puis enregistrées dans la blockchain d’IBM, permettant de le tracer durant tout son cycle de vie.

L’industrie pharmaceutique n’est pas en reste : des chercheurs américains ont développé un protocole basé sur la blockchain pour contrôler la circulation des médicaments. Ainsi, seuls les utilisateurs possédant une clé spécifique peuvent accéder ou modifier les données stockées.

Le député Pierre Person, présenté comme le « Monsieur Cryptomonnaie de l’Assemblée nationale » en reste persuadé : « Le secteur de la fabrication doit s’emparer de cette technologie. Les groupes par secteur doivent s’organiser et développer des outils ensemble. »

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La start-up Arianee met en lien les objets et leurs propriétaires grâce à la technologie blockchain, permettant ainsi de garantir la traçabilité des produits et d’éviter la contrefaçon

Ces innovations doivent répondre à des critères

Ainsi, les nouvelles technologies apportent de nouvelles opportunités dans la lutte anti-contrefaçon. Cependant, elles doivent respecter certains critères indispensables à leur efficacité. Le facteur juridique entraîne de nombreuses obligations. Comme, par exemple, le respect du secret des affaires et de la fiscalité ainsi que la protection des données avec la récente mise en application de la RGPD. C’est ce qu’a souligné Rodolphe Gintz, directeur général des douanes françaises. Il a également rappelé que ces innovations nécessitent d’être « neutres, interopérables et simples d’usage. »

Depuis le 20 mai dernier, par exemple, les nouveaux paquets de cigarettes sont dotés d’un étiquetage assurant leur traçabilité pour combattre le trafic illégal. Si la technologie conçue pour tracer ces nouveaux paquets est complexe, l’outil délivré aux agents sur le terrain doit être facile d’utilisation. « Nos agents scannent les produits. Ils savent rapidement avec un code couleur s’il y a un problème ou non, » a précisé Rodolphe Gintz.

Les plateformes de vente en ligne, lieu de contrefaçon

Les plateformes de e-commerce ne sont pas une nouveauté. Emmanuelle Hoffman, avocate au barreau de Paris et spécialiste en droit de la propriété intellectuelle a averti : « Ce type de plateforme attire les contrefacteurs. Des experts inspectent les produits, mais on ne peut que regretter que ce ne soit pas systématique. Seuls les propriétaires de la marque peuvent valider un produit. »

Les procédures judiciaires engagées jusqu’à présent contre ce type de plateformes ont été lancées aux États-Unis. En effet, Chanel a intenté des procédures contre deux sites de vente en ligne. La marque de luxe a estimé qu’au moins sept produits contrefaits ont été mis à disposition sur la plateforme californienne TheRealReal. L’autre plateforme dans le viseur : What Goes Around Comes Around. Cette célèbre boutique new-yorkaise est reconnue pour la revente d’articles de luxe de seconde main.

Publicité mensongère et manque de transparence

Dans les deux cas, Chanel accuse ces plateformes d’induire les consommateurs en erreur. Et ce, notamment, par le biais de publicités mensongères. « Lorsque ces détaillants laissent croire à leurs clients que leurs soi-disant experts authentifient les produits réels de la marque, ils les trompent. Nous avons trouvé plusieurs sacs contrefaits sur TheRealReal », a décrié la marque parisienne dans un communiqué publié en novembre 2018. L’avocate Emmanuelle Hoffman le rappelle : « Il faut se mobiliser pour surveiller ces plateformes ».

À l’inverse, certaines d’entre elles ont pris les choses en main. Et semblent très alertées sur le danger de la contrefaçon. C’est le cas de Vide-Dressing, dont les dirigeants, dès 2009, ont mis en place des protections contre la contrefaçon. Son président, Jérôme Delorme, raconte : « Depuis le début de notre plateforme, nous avons accumulé près de 27 millions de photos d’articles à vendre. Nous avons un système d’algorithme qui nous alerte sur des produits douteux. Ensuite, notre équipe de juristes se concentre sur les produits suspicieux et leur travail permet d’alimenter le développement de notre algorithme. D’autre part, nous remboursons nos clients s’ils ont acheté sur notre plateforme des produits contrefaits… et cela, même s’ils s’en rendent compte un an après ! »

Contrefaçon et réseaux sociaux

Pour finir, la contrefaçon ne vise pas que les plateformes de ventes en ligne. Les contrefacteurs s’adressent aujourd’hui directement à leurs clients potentiels à travers les réseaux sociaux. À ce propos, un chiffre en dit long. C’est un responsable de la société LVMH qui l’évoque. Selon un rapport de la société d’analyse Ghost Data, sur Instagram, 20% des publications sur des articles de mode contiendraient des produits contrefaits. Un nouveau terrain de jeu pour les contrefacteurs ?

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Ebrand Services propose aux marques d’identifier les produits contrefaits vendus en ligne. Une fois repérées, les offres illicites sont supprimées et les vendeurs sont surveillés afin d’éliminer toute récidive.

 


 

Les chiffres de la contrefaçon en France :

  • En 2018, 5,4 millions d’articles contrefaisants ont été saisis, contre 8,4 millions en 2017, soit une baisse de 35,7%. Le nombre de procédures reste pourtant inchangé. Ainsi peut-on conclure que les pratiques de distribution des contrefacteurs sont en constante mutation.
  • Les produits de consommation courante arrivent en première position parmi les saisies : 830 000 faux jeux et jouets ; 500 000 produits de soins corporels ; 500 000 vêtements.
  • Les pertes dues à la contrefaçon sont évaluées chaque année à environ 35 millions d’emplois et 6,8 milliards d’euros. La valeur totale du manque à gagner en ce qui concerne les ventes en France s’élève à 105 euros par citoyen français et par an (selon l’étude de l’EUIPO publiée en juin 2019)
  • 37% des consommateurs achètent des contrefaçons pensant que les produits sont authentiques (selon une étude IFOP/UNIFAB 2018)
  • 37% des Français (de 15 ans et plus) ont déjà volontairement acheté de la contrefaçon. La proportion des jeunes s’étant fournis sur internet est de la moitié.
  • 66% d’entre eux déclarent avoir utilisé les mots clés « cheap/pas cher » sur les moteurs de recherche pour trouver de faux produits.

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Explosion de la contrefaçon en Turquie

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contrefaçon en Turquie

Le commerce de contrefaçon en Turquie a explosé suite à la chute de la valeur de la Livre turque

La valeur des biens contrefaits a triplé dans le pays entre 2019 et 2020. Ces produits sont les plus communément saisis par les douaniers aux frontières de l’Union européenne. Certaines enseignes sont de véritables institutions de la contrefaçon en Turquie. Un de ces magasins est par exemple suivi par 155 000 personnes sur TikTok. On peut aussi dénombrer des milliers de commentaires dans la plupart des langues européennes sur leurs publications. Ces publications présentent aussi bien de faux sacs Gucci, des pantalons Louis Vuitton que des baskets Nike.

La Turquie concurrence la Chine

La Turquie est le quatrième exportateur de biens de contrefaçon à destination de l’Europe après la Chine et Hong-kong. Ce calcul est certes à relativiser, car il a été effectué en se basant sur la valeur des biens saisis. La chute de la valeur de la Livre turque semble avoir été déterminante dans cette évolution. Ceci, couplé avec la détérioration de l’économie du pays, a gonflé la demande en rendant les biens moins chers pour les acheteurs possédant des euros.

Un rapport de 2021, publié par le Bureau de la Protection de la propriété intellectuelle de l’Union européenne (EUIPO), a souligné cette tendance. La valeur des biens de contrefaçon a atteint les 134 millions d’euros et la contrefaçon d’habits de créateurs et de médicaments venant du pays est la plus communément saisie. La Turquie dépasse même la Chine dans ces deux catégories.

Contrefaçon en Turquie : un mal inarrêtable ?

L’explosion de la contrefaçon en Turquie n’est pas vraiment une surprise ; ceci arrive fréquemment quand l’économie d’un pays se détériore. En janvier dernier, la plus importante opération policière de l’histoire du pays contre ce commerce a permis de confisquer plus de 350 000 paires de fausses chaussures de créateur. Certaines n’étaient même pas encore finies. Il arrive aussi que certaines usines produisant légalement pour de grandes marques se mettent à la contrefaçon.

Les exportations légales de la Turquie ont augmenté de 33 % au cours de l’année dernière. Il est assez logique que les exportations illégales aient bénéficié de ce mouvement ascendant. Selon l’EUIPO, cette économie parallèle coûterait 83 milliards par an à l’Europe. Ceci ne permet cependant pas d’évoquer les difficiles conditions de travail et l’exploitation infantile qui est habituelle dans ces usines illégales. Les douaniers saisissent bien une partie des cargaisons. Malheureusement, il semble presque impossible d’arrêter ce commerce quand il se fait par petites quantités et par envoi postal.

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Contrefaçon de cartouches d’encre HP

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cartouches d’encre HP

Les autorités nigériennes ont récemment mené une opération pour stopper un important trafic de cartouches d’encre HP de contrefaçon

Les autorités policières nigériennes ont mis leurs efforts en commun ; des équipes de lutte contre la contrefaçon et la fraude de HP ont participé au travail. Un total de trois réseaux majeurs de trafiquants ont ainsi été démantelés. Ces groupes fournissaient des cartouches d’encre HP illégales sur le marché national. Les trois raids policiers ont notamment ciblés de vastes entrepôts dans l’État du Nasarawa et de la zone de Abuja.

Les extraordinaires cartouches d’encre HP

Ces saisies ont permis de récupérer plus de 5000 produits illégaux sur différents sites liés au trafic. Selon le responsable de HP pour le Nigeria, Emmanuel Asika ; « La contrefaçon est une activité illégale qui impacte négativement non seulement le métier des revendeurs et des distributeurs mais aussi l’expérience produit de nos clients. Les véritables cartouches d’encre HP ont été développées afin de délivrer des résultats de haute qualité en ayant un impact minimal sur l’environnement ».

Emmanuel Asika a aussi souligné l’importance de ce partenariat avec la police pour HP. Il s’est également félicité de cette réussite exceptionnelle qui protégera les clients de ces ventes de produits frauduleux. Les revendeurs et les distributeurs sont directement victimes de ce phénomène d’ampleur internationale. Une étude récente provenant de l’Union Européenne révèle que les biens de contrefaçon représentent 3,3 % du commerce mondiale, soit 509 milliards de dollars.

Lutte contre le trafic ou opération de communication ?

On estime qu’au sein de l’Union Européenne les bien illégaux ou de contrefaçon représentent 6,8 % du commerce total, soit 121 milliards d’euros. Les entreprises et les États sont les organisations qui perdent le plus d’argent du fait de ces trafics. Les entreprises sont promptes à pointer du doigt le danger pour les clients ou les risques de perte d’emploi ; le problème principale est malgré tout une affaire de manque à gagner pour ces dernières. Il suffit de juger sur pièce la place que prennent la description de la qualité des cartouches d’encre HP dans certains articles traitant de ce trafic.

Certains articles vont ainsi souligner à quel point ces fameuses cartouches d’encre HP de contrefaçon sont un danger pour les clients ; malfonctionnements, casse du matériel, fuites voir destruction supposée de l’imprimante. Ces articles vont jusqu’à souligner le terrible impact écologique qu’aurait ce trafic. Le mauvais fonctionnement des cartouches obligerait à refaire les impressions. De son côté HP serait un modèle de développement durable contribuant au recyclage des bouteilles plastiques dans ses produits. Ce dernier argument tiens plus d’un véritable greenwashing. On en viendrait presque à se demander pourquoi HP s’inquiète tant de ce trafic si ces cartouches d’encre sont aussi nocives que ce qu’on peut lire ici.

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Trafic de clubs de golf

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clubs de golf

Près de 10 000 contrefaçons de grandes marques de clubs de golf ont été saisies en Chine dans la province de Guangdong

Au cours de l’année dernière les perturbations de la chaîne d’approvisionnement du fait de la pandémie ont aussi impacté les magasins de golf. Des pénuries de manches, de poignées et autres composants ont rendu l’accès au jeu compliqué pour de nombreuses personnes. Certains joueurs n’ont pu obtenir le matériel nécessaire qu’au bout de plusieurs semaines, voir plusieurs mois. Il n’est donc pas surprenant que le trafic de clubs de golf soit devenu une opportunité supplémentaire pour les contrebandiers.

Une opération de la police chinoise

Les producteurs et vendeurs de contrefaçons de clubs de golf connaissent bien le marché. Ils savent que des golfeurs frustrés par l’attente ne seront pas trop regardant sur l’origine de leur équipement. Ils se tourneront donc vers la façon la plus rapide et la moins onéreuse d’obtenir leur matériel. Les criminels ont donc eu toute l’opportunité de s’insérer d’avantage dans ce marché déjà profitable avant la pandémie. Il n’est donc pas surprenant d’apprendre les chiffres des saisies du Groupe de Travail états-unien des Fabricant de Clubs de Golf contre la Contrefaçon.

Le groupe a annoncé la saisie de 9769 clubs de golf et composants ainsi que 10 600 contrefaçons d’étiquettes de marques. Parmi les marques ciblées ont trouve ainsi XXIO, Titleist, TaylorMade, PXG, Callaway et Ping. Ces saisies ont eu lieu au cours de deux raids. Ce succès est à mettre au crédit de la police de Shanghai opérant dans la ville de Dongguan. Selon Lisa Rogan, chargée de la protection de l’image de Titleist ; « Le succès de ces raids servent de rappel poignant que les producteurs contrefaçons ne seront pas tolérés ».

La plus grande saisie de clubs de golf

Le groupe de lutte contre la contrefaçon est une association de six grandes entreprises de producteurs de club de golfs ; Acushnet, Callaway, Cleveland/Srixon/Xxio, Ping, PXG et TaylorMade. La fondation du groupe remonte à 2004. Ces derniers travaillent de concert avec les autorités locales. Ils enquêtent sur les biens de contrefaçons et coordonnent des raids pour saisir les productions illégales. Leur travail aurait mené à la fermeture de plus de 1500 sites internet et à la saisie de plus de 2 millions de contrefaçons.

Malheureusement l’accroissement de la popularité du golf a encouragé les criminels. De plus en plus de têtes de clubs, de manches, de poignées, de sacs de balles et de couvre-chefs sont produits à travers le monde. En 2020 la plus grande saisie de matériel a eu lieu ; 120 000 pièces de contrefaçon ont été récupérées et 15 personnes arrêtées. Le groupe de lutte contre la contrefaçon prévient les consommateurs que si le prix pour une pièce semble trop beau pour être vrai c’est que c’est probablement le cas. Cependant le groupe se charge aussi de fournir de nombreux éléments pour reconnaître de faux équipements sur son site internet.

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