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Analyses

Géographie de la contrefaçon de marchandises, par Jérémy Lachartre

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Photo credit: Wink on VisualHunt.com / CC BY-NC-SA

Docteur en géopolitique à l’université Paris 8, Jérémy Lachartre est l’auteur d’une thèse soutenue en décembre 2018, intitulée « La contrefaçon de marchandises et ses territoires : modalités et enjeux d’une lutte contre un trafic illicite ». Il revient sur ces nouvelles routes du trafic illicite de marchandises.

Quel a été votre périmètre de recherche ?

En matière de lutte contre la contrefaçon, j’ai analysé les stratégies des entreprises et des acteurs publics, sous différentes échelles d’analyse. Au niveau local, je me suis par exemple focalisé sur le 18e arrondissement de Paris, en étudiant les sites « sensibles » de distribution et de vente de biens contrefaits à Barbès, La Chapelle… Je me suis penché sur les réponses des autorités publiques au niveau national, puis au niveau européen. En prenant l’exemple du Burkina Faso, j’ai analysé le trafic de faux médicaments.

Je me suis concentré sur les biens matériels physiques, donc j’ai exclu les téléchargements illégaux. Je ne traite pas non plus de la contrefaçon d’œuvres d’art, qui est assez spécifique, ni de la fausse-monnaie.

J’ai étudié le secteur du luxe, du vin, de l’alimentaire, les médicaments, mais en règle générale des produits de consommation de la vie courante… L’idée n’était pas de traiter d’un type de marchandise en particulier, mais de prendre plusieurs territoires en exemple.

Mon fil conducteur c’est en effet le rôle du territoire avec ses acteurs et ses enjeux.

Et comment certaines spécificités territoriales peuvent expliquer le développement de ce trafic illicite et les stratégies anti-contrefaçon mises en œuvre par les acteurs…

Quels sont les dangers de la contrefaçon ?

La santé publique est touchée en premier lieu. Dans le secteur alimentaire, par exemple, les normes de qualité ne sont pas respectées par les contrefacteurs, ce qui leur permet en général d’avoir un prix de vente considérablement réduit. Les produits sont donc potentiellement nuisibles à la santé des consommateurs.

Ensuite, il y a forcément des enjeux économiques et financiers, que ce soit pour les entreprises, ou pour les États qui ne perçoivent pas les taxes.

Il y a aussi un enjeu environnemental : ce sont souvent des produits assez toxiques. Les contrefacteurs ne se préoccupent pas non plus des normes sociales : vous avez des travailleurs clandestins, le droit du travail ne rentre pas en vigueur.

Enfin, il y a des enjeux sécuritaires. Au même titre que les trafics plus traditionnels comme les armes ou la drogue, le trafic de contrefaçons est associé aux activités d’organisations criminelles. En tant qu’opportunistes, des réseaux criminels sont impliqués pour développer ce trafic lucratif.

La contrefaçon est dommageable pour les consommateurs, les entreprises, les États… Beaucoup d’acteurs sont victimes de ce trafic.

Les pertes pour les États sont-elles importantes ?

En tant que chercheur, je prends beaucoup de recul sur les chiffres donnés sur la contrefaçon, parce que la méthodologie des études laisse parfois à désirer. Ces estimations sont des outils de communication importants pour sensibiliser les autorités publiques et les consommateurs, mais leurs fiabilités peuvent parfois faire défaut. Il y a eu pendant longtemps un manque patent d’évaluations. Ceci dit il y a un travail là dessus de la part de l’OCDE en collaboration avec l’EUIPO depuis quelques années.

Mesurer la contrefaçon est en réalité compliqué car c’est un phénomène informel et souterrain.

Les instances internationales ont un manque de données sur le sujet, un manque de retour de la part des entreprises ou des acteurs liés à la sécurité. Dans mon étude, j’utilise les chiffres, mais je garde un esprit critique là-dessus.

En quoi Internet a-t-il modifié la cartographie de la contrefaçon ?

On peut dire d’une certaine manière qu’Internet a entraîné la suppression d’intermédiaires. Auparavant les personnes se rendaient dans des pays prolifiques en contrefaçons et ils développaient des circuits à destination de la France par exemple. Désormais, le produit va directement de la source jusqu’à la vente. On peut également dire qu’Internet permet le développement de systèmes en réseaux.

Chaque utilisateur sur Internet peut désormais être un acteur du trafic, en prenant contact avec des producteurs basés en Asie, en ne conservant aucun stock et ils parviennent rapidement à des profits conséquents. Des particuliers, des étudiants, des chômeurs, de simples opportunistes cherchent à obtenir un revenu complémentaire en saisissant des opportunités d’écoulement de contrefaçon de produits. Ils utilisent le dark web, le deep web, mais également de manière plus simple des sites de e-commerces ou les réseaux sociaux du type Facebook ou Instagram.

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Des sacs Chanel vendus à moins de 200 euros sur le Markeplace de Facebook

Les modalités du trafic changent à cause d’Internet.

Internet sert ainsi aux activités criminelles par le biais de n’importe quel internaute isolé, sans besoin de compétences particulières, sans contrainte spatiale ni temporelle. Avec le cyberespace, les contrefacteurs-trafiquants peuvent se jouer des victimes à distance et des juridictions différentes selon les États pour toucher un grand nombre de consommateurs avec peu de risque.

Par le biais du Fret express et postal, le mode de distribution par morcellement complexifie également la tâche des services de répression et facilite un peu plus l’écoulement de contrefaçons à travers le monde.

Grosso modo, Internet offre encore plus de flexibilité pour les acteurs de ce trafic, ce qui rend encore un peu plus complexe la cartographie de la contrefaçon…

En quoi la mondialisation économique modifie-t-elle les routes de la contrefaçon ?

Les nouveaux points de production de contrefaçon suivent notamment les tendances de délocalisation des firmes à l’étranger. On prend souvent l’exemple de la Chine, mais il y a l’essor des « pays satellites » tout autour comme le Cambodge, le Bangladesh, le Vietnam, le Myanmar, où finalement le coût de production est encore moins cher qu’en Chine !

La contrefaçon suit le processus de la mondialisation économique : l’entreprise va s’adapter par rapport au coût de revient d’un produit. C’est un schéma identique pour les contrefacteurs-trafiquants. Le « risque contrefaçon » s’est ainsi accentué dans certains pays de sous-traitance dans lesquels les législations sont faibles ou contournables en matière de propriété intellectuelle.

Restons sur l’exemple de la Chine : les salaires sont de plus en plus hauts. La classe moyenne se développe. Et surtout : la Chine est devenue un pays d’innovation ! C’est aujourd’hui le pays qui enregistre le plus de marques et de brevets au monde. L’enjeu de ce pays est donc désormais de protéger ses marques. Ils comprennent que la contrefaçon va les desservir. Ils mettent donc en place des politiques plus fermes pour la lutte anti-contrefaçon, même s’il faut dire que l’industrie du faux participe encore à une certaine paix sociale dans les provinces les plus reculées de Chine.

Concernant les routes de la contrefaçon, elles suivent généralement l’évolution des itinéraires du commerce mondial de marchandise, des « shippings lignes » avec la présence de nouveaux hubs et l’utilisation des zones franches.

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Qu’est-ce qu’une zone franche ? Et selon vous, en quoi ces zones jouent-elles un rôle sur le trafic ?

C’est une zone spécifique, économiquement parlant, avec moins de taxes et plus de facilités pour les acteurs économiques pour importer et exporter. Ces territoires en faveur de la mondialisation économique favorisent aussi la fraude et les trafics de biens contrefaits. Depuis une dizaine d’années, les institutions internationales tirent la sonnette d’alarme sur ces zones franches, notamment portuaires où l’on trouve des marchandises reconditionnées, dont l’origine est dissimulée. Les douaniers n’arrivent pas à contrôler correctement la marchandise dans ces zones. Or, celles-ci se développent de plus en plus partout dans le monde.

Qu’est-ce que le transbordement ?

C’est une action qui permet le déchargement d’une marchandise de son moyen de transport pour un autre (d’un navire à un autre par exemple). Les trafiquants utilisent l’acheminement indirect, appelé aussi « la rupture de charge », avec une multiplication des points de transbordement de la marchandise. Par exemple, vous avez une marchandise qui part de Chine, qui va aller au Panama, puis au Maroc, enfin à Hong Kong… Elle va faire une multitude de points de transbordements ou de transits. Ce genre d’itinéraire est complexe, mais justement c’est fait exprès.

Ils multiplient les trajets pour brouiller les pistes…

Cela ne coûte pas plus cher ?

Finalement non : c’est un peu comme quand vous faites quatre escales en avion plutôt qu’un vol direct Paris — Hong Kong. La « rupture de charge », cette expression désormais courante de l’ancien coordinateur anti-contrefaçon de l’organisation mondiale des douanes Christophe Zimmermann, est un procédé légal. La spécificité du trafic de contrefaçon de marchandises est que vous n’êtes pas obligé de cacher le produit comme pour un trafic de drogues ou d’armes. L’enjeu est de dissimuler l’origine des marchandises, voire leurs caractéristiques. Ils utilisent des compagnies de transports totalement légales.

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Vous dites que la mondialisation a entraîné une forte concurrence entre les compagnies maritimes, entraînant une situation de « guerre tarifaire » favorable au trafic de contrefaçon. Pouvez-vous nous expliquer ?

Vous avez des sociétés étrangères qui vont investir sur des infrastructures portuaires : le cas de la Chine avec le port du Pirée ; au port d’Anvers, trois des quatre terminaux appartiennent à la Chine… Cela va dans le sens d’une concurrence commerciale entre les pays et d’une guerre tarifaire entre les infrastructures portuaires. Certains États ont une économie qui repose sur le commerce portuaire et l’activité conteneurisée, c’est un enjeu économique important.

Cette situation est en faveur du trafic de contrefaçons car on est confronté à des politiques orientées vers la facilitation des échanges, la rapidité du dédouanement. La fluidité du commerce de marchandises pèse bien plus que des dispositifs de contrôle dans le cadre d’une lutte contre la contrefaçon de marchandises.

Dans certaines zones portuaires, comme Marseille, en quoi l’influence de ce que vous appelez « les mafias des docks » et autres « confréries » empêche-t-elle la lutte anti-contrefaçon ?

À Marseille il y a en effet une confrérie des dockers. C’est parfois très compliqué pour les autorités sur place (douaniers, etc.) de faire respecter la loi. Soit ils n’ont pas accès à tous les sites du port, soit quand ils demandent à contrôler un conteneur, les délais sont extrêmement longs ou encore le conteneur n’est plus à la place où il devait être… Dans ce port, il y a une association qualifiée de « mafieuse » qui rend difficile le contrôle des marchandises. Ces difficultés se retrouvent dans de nombreuses zones portuaires, partout dans le monde, même dans certains pays occidentaux où les phénomènes de corruptions paraissent pourtant dérisoires.

En quoi les zones instables (Afghanistan, Ukraine, Syrie) favorisent-elles la contrefaçon ?

Ici, ce sont des « zones grises », c’est-à-dire, des zones où l’État ne fait pas appliquer ses lois sur un territoire. Que ce soit de manière partielle ou totale ; de manière volontaire ou non. En Afghanistan, en Ukraine, en Syrie, l’État de droit est compliqué car ce sont des zones de conflits armés. Cette instabilité permet au trafic de se développer. Dans certains territoires, la loi peut ne pas être appliquée à cause de phénomènes de corruption par exemple. Alors en matière de contrefaçon on est très loin d’une stricte application de la loi…

Vous prenez l’exemple, dans votre étude, du trafic de médicaments en Afrique. Grâce à une analyse spatiale, vous avez pu déterminer les différents facteurs qui expliquent l’omniprésence de faux médicaments. Quels sont-ils ? Comment avez-vous procédé ?

J’ai étudié comment les spécificités territoriales pouvaient expliquer les modalités et les enjeux d’un trafic et finalement aider à trouver la stratégie en matière de lutte contre ce trafic. Je suis allé sur le terrain et je me suis demandé, par exemple, pourquoi au Burkina Faso le trafic de faux médicaments fonctionnait si bien.

Parfois, ce sont des raisons assez basiques : un manque criant de médicaments, la difficile accessibilité… Au lieu d’aller dans une structure légale de distribution, vous allez chez le vendeur juste à côté, qui vend ses médicaments dans la rue. C’est plus facile : vous avez parfois des villages qui sont à plus d’une heure et demie de structures sanitaires ! Parfois c’est aussi à cause du prix. Certaines personnes n’ont pas la possibilité de s’acheter un paquet entier de médicaments, ils préfèrent acheter à l’unité. Cela favorise la vente de faux médicaments car les vendeurs de rues vendent souvent à l’unité. Il y a donc le facteur culturel, traditionnel, voir pratique qui explique la prospérité de ce trafic avec des populations qui ne connaissent pas forcément les risques.

Vous avez aussi des maladies endémiques à l’Afrique (le paludisme, etc.) donc vous avez un besoin de médicaments parfois vital.

Dans mon analyse spatiale, j’ai cherché à savoir quels étaient les différents facteurs qui faisaient qu’un territoire était plus propice qu’un autre en matière de faux médicaments. Comme critères, j’ai trouvé la pauvreté, mais plus encore la différence de richesses expliquant notamment des phénomènes de corruption.

On pense que c’est logique de retrouver de la contrefaçon dans les pays pauvres car cette pratique offrirait des prix plus bas. Mais ce n’est pas totalement vrai car maintenant la contrefaçon est au même prix que des produits légaux. Ce qui est encore plus dangereux car on peut tromper encore davantage le consommateur.

Il faut aussi noter l’importance des organisations criminelles ancrées sur le territoire et la présence « d’interférences » pour lutter contre ce trafic. Pour le Burkina Faso, on évoque notamment l’influence d’une criminalité organisée provenant d’un pays proche : le Nigéria. Des trafiquants profitent de la porosité des frontières pour mettre en place un trafic transnational des faux médicaments par exemple.

Tout cela fait que vous avez un marché intéressant pour les importateurs de faux médicaments !

Mais en Afrique, les faux médicaments soignent-ils les personnes ou est-ce que ce sont des poisons ?

Il y a des médicaments dont vous ne connaissez pas forcément la marque, en provenance de Chine ou d’Inde. Vous avez aussi de la contrebande de médicaments : des vrais qui sont proposés hors cheminement légal de la marchandise… On parle généralement de « faux médicaments », « de médicaments illicites » ou de « médicaments de rue ». Mais les services en charge de l’application de la loi en Afrique ne vont pas s’embêter à chercher si c’est de la contrefaçon, de la falsification, des produits sous-standards, etc. En réalité, la loi pour la défense de la propriété intellectuelle n’est pas vraiment appliquée pour lutter contre les faux médicaments, du moins on se sert de plusieurs approches. Cette problématique est plus généralement traitée dans le cadre d’un dispositif contre les médicaments illicites et la drogue au Burkina Faso.

Certains médicaments ont des substances toxiques, d’autres sont de simples placebos. Dans tous les cas ils sont dangereux pour la santé car nocifs, ou ne répondant pas efficacement aux traitements pour les patients.

En quoi cette réflexion d’analyse spatiale peut-elle aider pour d’autres territoires ?

L’approche géopolitique peut servir à une analyse de risque par exemple. En connaissant les facteurs, si on pousse la réflexion jusqu’au bout, on peut avoir un « indice de la contrefaçon » dans certains pays. En géopolitique, on utilise beaucoup l’analyse spatiale pour déterminer les enjeux d’un territoire, comprendre et expliquer des situations complexes en étudiant les spécificités territoriales.

Finalement les trafiquants utilisent les disparités entre les États pour se jouer des services en charge de l’application de la loi, en étudiant les différences en matière de coûts de production, de l’efficacité de la réponse publique en matière de lutte contre  la contrefaçon.

Les trafiquants analysent le territoire et regardent là où il y a le moins de risque pour produire, acheminer et distribuer la marchandise.

Qu’est-ce qui explique, selon vous, l’inefficacité de la lutte au niveau de l’Union européenne ?

Malgré par exemple une certaine harmonisation douanière, l’Union européenne est un espace géographique où subsistent des disparités selon les pays. La Commission européenne a longtemps misé sur les frontières externes de l’Europe pour le contrôle des marchandises. Une fois que vous dédouanez votre marchandise en France, par exemple, vous pouvez circuler avec librement dans le pays et dans toute l’Europe.  Le problème, c’est qu’on a des unités de production à l’intérieur de l’Europe, ce qu’on appelle « les unités domestiques ».

Donc au lieu d’acheminer un produit fini de la Chine en France, on va préférer faire de l’assemblage, ce qui est moins risqué par rapport aux contrôles : on achemine des t-shirts blancs (des « produits neutres ») d’un côté, et de l’autre, on importe des logos Lacoste. Alors il se pose la question des contrôles selon les pays, et plus généralement de mesures contre les violations de droit de propriété intellectuel à l’intérieur de l’espace communautaire…

Si la marchandise est acheminée par voie routière ou ferroviaire, le contrôle de marchandise est encore plus aléatoire et difficile.

Cela dépend en réalité de la volonté politique des États membres sur le sujet. Encore aujourd’hui, malgré l’existence d’un cadre législatif commun sur le papier au niveau européen et de nombreux outils de coopération, les États membres ne sont pas tous aussi concernés par le sujet de la lutte contre la contrefaçon. Les efforts en la matière sont inégaux avec pour conséquence une coopération qui reste très largement perfectible entre les pays. Pourtant, c’est l’efficacité de cette coopération qui détermine pour beaucoup les performances d’une lutte contre un trafic qui se joue aisément des frontières.

Est-ce « l’éclatement des lieux de production » dont vous parlez dans votre thèse ?

Ce terme désigne deux choses. D’une part, on observe que de nouveaux pays ouvrent leur territoire en faveur de la mondialisation économique. Par exemple, en Éthiopie, vous avez de plus en plus d’usines chinoises de produits manufacturés. Les coûts de transports et de logistique sont moins importants… On ne sait pas si les produits qui sortent de ces usines seront légaux.

D’autre part, vous avez des produits non finalisés avec des cas d’assemblages de produits contrefaisants. Par exemple, pour un parfum contrefait, son circuit est composé d’étapes et de lieux différents. Le flacon vient de Chine, les composants du parfum sont de Grande-Bretagne tandis que l’étiquette est faite en France et l’assemblage a lieu ailleurs pour que le produit final puisse ensuite être distribué dans toute l’Europe. Cette segmentation dans le processus de fabrication est aussi utilisée de manière identique par les contrefacteurs…

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Est-ce compliqué d’enquêter sur la contrefaçon ?

En France, c’est un enjeu important car le secteur du luxe maintient une forme de pression depuis longtemps, comme maintenant de nombreux secteurs. Les acteurs pour la défense de la propriété intellectuelle sont nombreux en France et les autorités publiques sont sensibilisées sur les enjeux de la contrefaçon. Mais souvent les marques communiquent très peu car elles ne veulent pas être associées à ce phénomène ou parce qu’elles le connaissent mal… D’autres n’ont tout simplement pas la volonté de lutter contre la contrefaçon. On a évoqué les disparités territoriales et l’inégalité de la réponse publique en matière de lutte contre la contrefaçon selon le pays. Pour les titulaires de droit, il s’agit également d’une différence de stratégies selon leurs intérêts.

La contrefaçon reste un sujet tabou et compliqué.

Ce trafic concerne de nombreux acteurs qu’ils soient privés ou publics. Il s’agit d’étudier des jeux de coopération, parfois de concurrence entre les acteurs concernés. La principale difficulté que j’ai rencontrée est ce constat : il y a toujours des intérêts cachés et la lutte contre la contrefaçon souffre généralement d’un défaut de priorité !

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Analyses

Afrique du Sud : Lutte contre le trafic de tabac

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Les producteurs de tabac veulent que le Sars, le service des impôts sud-africain, en fasse plus pour lutter contre le trafic de tabac

La Black Tobacco Farmers Association a demandé à Sars de faire davantage s’attaquer au commerce illicite du tabac. Selon elle ce trafic menace directement les moyens de subsistance de centaines de nouveaux agriculteurs à travers le pays.

Sars semble se tromper de priorités

Les commentaires de l’association font suite à une présentation de Sars devant la commission des finances du parlement. Les responsables de Sars ont reconnu que les autorités fiscales devaient faire davantage pour lutter contre le commerce illicite du tabac. Le Tobacco Institute of SA estime que le fisc perd un peu moins d’un milliard d’euros par an en droits d’accise non acquittés sur les cigarettes. Sars semblait se concentrer sur la réglementation du marché légal plutôt que de réprimer les producteurs et les commerçants illicites.

Selon le président de l’association, Shadrack Sibisi ; « Les responsables de Sars ont particulièrement besoin de se concentrer sur ceux qui produisent du tabac illicite plutôt que de présenter de plus en plus de mesures punitives et coûteuses contre ceux qui, comme nous, font les choses à la lettre”. Il ajoute ; «En tant que personnes qui travaillent dans un cadre réglementaire strict et le respectent, les producteurs de tabac sont systématiquement minés par le commerce illicite du tabac. Cela menace notre existence même ; chaque produit tabagique illicite fabriqué et vendu enlève à nos propres revenus – et prive ainsi Sars de revenus. En conséquence, les agriculteurs perdent, Sars perd et le fiscs en souffre ».

Un service qui n’est plus au niveau

La capacité de Sars à lutter contre le commerce illicite de cigarettes et de tabac s’améliore, mais n’est pas ce qu’elle devrait être. C’est ce qu’on déclaré mardi des responsables de l’administration fiscale aux députés. L’État perd des milliards de recettes fiscales chaque année du fait du trafic de tabac. La capacité de Sars à collecter l’impôt à payer a disparu sous le règne de l’ancien commissaire Tom Moyane. Intikhab Shaik, officier principal par intérim des services d’information numérique et de la technologie, a déclaré au Comité des finances que Sars avait perdu certaines compétences ; “ Notre organisme est actuellement en phase de reconstruction. L’administration fiscale doit faire des efforts”.

Selon Shaik ; «Il y a certainement du potentiel chez Sars, mais je ne dirais pas la vérité si je disais que nous faisons de notre mieux. Nous devons absolument reconstruire. Nous avons perdu certaines compétences et certaines unités ont été restructurées ». Chris Axelson est directeur en chef de l’analyse de la fiscalité nationale au Trésor national. Il estime également qu’il y a eu des progrès ; il y a trois ans les droits d’accise sur le tabac produit dans le pays avaient baissé de 7% ; passant à 9% il ya deux ans. Toutefois, en 2018, les recettes ont augmenté légèrement de 9%.

40% du marché total des cigarettes est illégal

Le ministre des Finances, Tito Mboweni, a alloué un milliard supplémentaire à l’administration fiscale au cours des trois prochaines années. Cependant, François van der Merwe, président de l’Institut du tabac en Afrique australe (Tisa) doute des capacités de Sars. Pour lui le gros problème n’est pas l’importation de cigarettes illégales. Le problème vient du fait que les fabricants locaux enregistrés ne paient pas de droit d’accise de 1 euro par paquet immédiatement à Sars. Cela permet aux fabricants de vendre des cigarettes à des prix très bas.

Plus de 40% du marché total des cigarettes est ainsi illégal, en ce sens qu’aucun droit d’accise n’est payé. « Les marges bénéficiaires sur les cigarettes illégales sont énormes« , a déclaré Van der Merwe. Kumaran Moodley dirige Sars pour les douanes et l’accise. Il a indiqué que la valeur en douane des cigarettes importées entre le 19 avril et le 19 septembre 2019 était de 50 millions d’euros par rapport à 47 millions au cours de l’année précédente.

 

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Analyses

Drogues récréatives : le protoxyde d’azote ne fait plus rire

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Le protoxyde d’azote ou « gaz hilarant » est sorti des cuisines et milieux médicaux pour venir investir les soirées étudiantes et milieux défavorisés en tant que « drogue récréative ». Panorama du phénomène.

Jeudi 8 octobre à Lesquin, dans le Nord de la France, le sujet est une nouvelle fois mis sur la table lors d’une réunion, rendue publique cette fois : la consommation de protoxyde d’azote inquiète à la fois les professionnels de santé et les familles. « Diffusé dans un masque avec de l’oxygène, cela permet de détendre un patient », explique le docteur Sylvie Deheul, du centre d’addictovigilecnce du CHRU de Lille, « c’est un médicament qui fait l’objet d’une surveillance au sujet de ses effets ». Le problème, c’est que la consommation de ce gaz, également utilisé dans les siphons, pour la chantilly par exemple, dépasse aujourd’hui le cadre médical. Hors de ce cadre, n’étant pas soumis à la régulation des médicaments, il peut ainsi être obtenu sans ordonnance ni contrôle, point de départ du trafic.

Aux origines du trafic, le Royaume-Uni

Lorsque l’on remonte le fil du trafic, c’est au Royaume-Uni que l’on atterrit. D’une consommation en festival à la rue, il n’y a eu qu’un pas, franchi aisément. Ce que l’on appelle là-bas « Hippy crack » a rapidement suscité l’intérêt d’une jeunesse à la recherche de légèreté et d’évasion à peu de frais. Le protoxyde d’azote, dont la consommation reste légale contrairement à sa vente sans autorisation préalable, a investi les rues de Londres au détriment de la santé publique, mais également de l’environnement, les ballons de baudruche et cartouches jonchant les trottoirs après consommation. Les vendeurs, eux, se trouvent à bien des coins de rue, gonflant des ballons parfois marqués d’un sigle propre au réseau de vente.

Dans un but dit « récréatif », la consommation de protoxyde d’azote, lorsque répétée, peut entraîner de nombreuses conséquences, parfois mortelles. Un jeu dangereux donc, les consommateurs déployant le gaz dans un ballon de baudruche avant de l’inhaler. L’absence d’oxygène peut alors engendrer bien des dégâts, notamment neurologiques puisque le produit en question inactive la vitamine B12, à la base d’une bonne innervation. « Gelures pulmonaires, nasales et laryngées, détresse respiratoire, accidents dus à un manque de vigilance, anxiété et panique, hallucinations pouvant devenir chroniques, malaises, cerveau et nerfs atteints, complications neurologiques et atteintes de la moelle épinière », liste le docteur Deheul, avant de pointer du doigt une dépendance psychique rendue possible par une consommation excessive du produit.

Outre les conséquences directes sur la santé de celui qui inhale ce gaz en dehors d’un cadre médical, le risque de provoquer un accident sous les effets du produit reste réel. En juillet 2019, cinq jeunes sont morts sur le coup après avoir percuté un café à Kortessem, en Belgique. Dans la voiture, la police a retrouvé des cartouches du fameux gaz, sans pouvoir toutefois établir de lien direct entre l’accident et la prise de gaz hilarant. Le fait-divers aura au moins relancé le débat sur le protoxyde d’azote, qui aurait occasionné 17 décès en Angleterre entre 2006 et 2012, et deux décès en France depuis 2016, cette pratique s’étant propagée outre-Manche depuis quelques années déjà. « C’est peut-être peu pour les autorités publiques, mais en tant que parent, c’est effrayant », confie Maëlle, 42 ans. La mère de famille a surpris son fils de 13 ans en pleine consommation dans une rue adjacente à la sienne. « Les personnes qui vendent ce produit aux mineurs se foutent des conséquences, et les plus jeunes consommateurs y voient simplement le côté ‘rigolo’, ils ne vont pas se freiner, ils n’ont pas peur », déplore-t-elle, inquiète.

Le protoxyde d’azote, des soirées étudiantes aux HLM

En vente libre dans les magasins ou sur Amazon par lot de 50, 100 ou plus à faible prix, les cartouches de protoxyde d’azote sont faciles d’accès. En France, ce gaz hilarant, on l’a d’abord trouvé dans les soirées, du côté des étudiants en médecine. « A mon week-end d’intégration, on m’a demandé d’en consommer », souligne Edouard, 23 ans, étudiant en médecine à Paris, « pour les organisateurs, c’était un clin d’oeil au milieu médical, je me suis pas posé plus de questions que ça sur les effets, du coup ». Les soirées s’enchaînent, les propositions aussi, et Edouard note une consommation croissante du gaz hilarant par ses camarades au fil du temps, dépassant le cadre festif. « Je pense qu’on en consommait à la fois pour l’amusement en soirée, mais aussi pour combler le stress de nos études », soupire-t-il. Un moyen de s’évader brièvement, puisque les effets du gaz ne durent que dix à quinze secondes. « C’est court, donc on réitère encore et encore », poursuit l’étudiant, « j’avais des amis qui pouvaient consommer trente, quarante, voire cinquante cartouches en une soirée ».

Raphaël a fait partie de ceux qui ont orchestré le trafic au coeur de ces soirées étudiantes. « J’ai fait ça pendant quelques années, ça m’a permis de payer mes à-côtés, d’arrondir les fins de mois », se remémore-t-il, « c’était facile et légal ». Un trafic récréatif pour ce jeune homme issu d’un milieu aisé. Comme d’autres, il le faisait « comme ça, parce qu’il y avait un filon ». Lorsque l’un de ses amis finit à l’hôpital, le jeune homme stoppe tout. « Il n’y avait rien de grave, mais j’ai eu peur sur le coup, j’ai lu tout ce qu’il y avait à lire sur les risques encourus lors de la consommation de ce gaz, et j’ai flippé », explique-t-il, encore honteux. Depuis, plusieurs campagnes de prévention ont été menées, du collège à l’université. Le problème, c’est que la consommation de protoxyde s’est largement propagée dans les milieux plus précaires, au pied des HLM, bien souvent à l’écart de ces campagnes, et donc oubliée.

« Vous croyez qu’on va aller lire ce qu’on risque en prenant ça, alors qu’on le prend justement pour oublier que la vie est pourrie pour nous ? », lance Yanis, amer. Le jeune homme de 19 ans vit en cité HLM, dans le Nord de la France, depuis sa naissance. « Mis à part tout nous interdire, je vois pas trop ce qu’on fait pour nous », poursuit-il, « je sais que c’est pourri, c’est du gaz, c’est une drogue, mais juste pendant quelques secondes j’oublie tout, c’est déjà pas mal ». S’il assure ne pas en abuser, le jeune homme avoue également ne pas connaître les possibles conséquences d’une consommation excessive, dont se vantent certains de ses amis. Véritable exutoire face à un quotidien précaire difficile, la « drogue du pauvre » s’est ainsi trouvé un nid. « Ici, t’as le droit au proto ou aux drogues coupées, on récolte que de la merde, de toute façon », soutient Yanis, « au moins on sait ce qu’il y a dans ces cartouches ».

Le Nord en lutte contre ce trafic

Le département, par sa proximité avec l’Angleterre, est particulièrement influencé par le phénomène. Pour lutter contre celui-ci, c’est à La Madeleine que le premier arrêté a été lancé, suivi par Marquette-lez-Lille, Saint-André et enfin Marcq-en-Baroeul. Dans ces villes, la vente de cartouches de protoxyde d’azote aux mineurs y a été interdite. Cet arrêté vise une liste précise de commerces tels que Carrefour, Match, Monoprix… liste dont le contenu varie selon les villes concernées. Il interdit également la consommation desdites cartouches dans un périmètre défini. Plusieurs villes en France ont fait de même, la consommation de ce gaz se propageant rapidement sur le territoire. A Nîmes, ville concernée également par le problème, un arrêté similaire a ainsi été pris en septembre, interdisant à la fois la vente aux mineurs et la consommation de protoxyde d’azote par lesdits mineurs.

« C’est loin d’être suffisant », explique Dalia, mère de famille à Marquette-lez-Lille, « nos jeunes vont tout simplement commander les cartouches en ligne et les consommer ou les revendre ailleurs. On met du sparadrap sur une plaie béante, voilà tout ». Des craintes confirmées par Noah*, 27 ans, dont la revente des cartouches vient « mettre du beurre dans les épinards ». « J’arrive à stocker les cartouches en dehors des villes où la revente aux mineurs a été interdite, et je continue mes bails », souligne-t-il, « Si on est pauvres, s’il y a une demande pour ce gaz, c’est aux politiques qu’il faut s’en prendre, pas à nous. On ne nous aide pas, alors on fait comme on peut pour s’en sortir ». Noah refuse toute responsabilité face aux conséquences d’une consommation excessive de la part de ses clients. « Moi je vends, c’est à eux de faire gaffe », lance-t-il.

A Mons-en-Baroeul, Illicoop, coopérative informelle en partenariat avec le Centre Social Imagine, a également décidé de prendre le problème à bras le corps en installant un bac de collecte de cartouches vides dans le local du centre social. N’importe qui peut venir remplir ce bac, c’est même encouragé. A 500 euros la tonne chez les ferrailleurs, l’aluminium composant les cartouches de protoxyde d’azote, une fois revendu, permettra à la fois de rémunérer les « coopérants », mais également de financer une campagne de prévention contre cette « drogue du pauvre ». De mi-juillet à fin août, la coopérative a ainsi ramassé 100kg de cartouches à travers la métropole lilloise.

Les drogues récréatives, une histoire qui se répète… et se réinvente

Lorsque l’on évoque les « drogues récréatives », ce sont bien souvent les psychostimulants, produits hallucinogènes et vasodilatateurs sexuels qui sont évoqués les premiers. Dans un sondage portant sur les risques potentiels de la prise de neuf drogues dites « récréatives », réalisé en 2017 avec plus de 115 500 participants de 50 pays, le Global Drug Survey a permis de classer ces drogues selon leur dangerosité. Premières du classement, les métamphétamines, suivies du cannabis synthétique, puis de l’alcool, devant la MDMA, les amphétamines, la cocaïne, le LSD, le cannabis et les champignons hallucinogènes.

Si le protoxyde d’azote ne figure pas dans ce classement, comme bien d’autres gaz détournés de leurs usages initiaux, son inhalation n’en est pas moins dangereuse, et fortement déconseillée. A ce jour, le trafic bat toujours son plein, les cartouches jonchant encore les sols des quartiers, bien souvent défavorisés et démunis face au phénomène.

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Analyses

Traçabilité et développement durable : la filière cuir s’engage

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A l’occasion de ses premières Assises du développement durable, la filière cuir a réaffirmé son engagement pour un plus grand respect de l’environnement. Louis Vuitton, Hermès et autres marques emblématiques ont défendu leur bilan tout en annonçant de nouvelles actions.

« Notre industrie est l’activité de recyclage la plus ancienne au monde ». Franck Boehly, président du Conseil national du cuir (CNC), est décidé à rétablir la vérité et à défendre le sens des responsabilités d’une industrie souvent critiquée, mais rarement entendue. « Nous transformons la peau, qui est un sous-produit du secteur de la viande et du lait, en un cuir de grande qualité. Car personne dans le monde n’a jamais élevé un bovin pour sa peau », a affirmé l’homme d’affaires.

Mais s’il est vrai que le cuir est d’abord un déchet de l’industrie de la viande et du lait, les professionnels de la filière n’en sont pas moins engagés dans une production responsable. « La RSE, pendant longtemps, c’était une option. Aujourd’hui c’est une obligation », explique Jean-Christophe Muller, directeur général des tanneries Haas.

Les efforts pour assurer une traçabilité efficace des animaux et des éleveurs qui les fournissent sont particulièrement importants. La filière française mise particulièrement sur un système de marquage laser conçu selon le modèle de la viande depuis la crise de la vache folle.

Mis au point par le Centre technique du cuir (CTC), cet outil permet de reproduire dans les abattoirs, sur la peau de l’animal, le code-barres inscrit sur les morceaux de carcasse. Grâce à certains logiciels, il est possible de le lire ensuite chez les tanneurs, le tout sans altérer les procédures de transformation. Pour Jean-Christophe Muller, cette technologie devrait permettre de « s’assurer que l’élevage et l’abattage ont été faits dans de bonnes conditions ».

Les ambitions fortes de Louis Vuitton et d’Hermès

Selon Cédric Vigier, responsable du département innovation du CTC, « la totalité de la filière veau devrait être équipée » de la technologie de marquage laser en 2020. Cela permettra de connaître la provenance de chaque peau et d’apporter des actions correctives sur le plan de la qualité. Le système de traçabilité des peaux devrait être au moins aussi efficace que celui« d’identification et de traçabilité des bovins en France, qui est reconnu comme l’un des plus performants », estime pour sa part David Grangeré, directeur industriel du groupe Bigard.

Alors que la question de l’origine des peaux est de plus en plus prise en compte par les clients, l’ensemble de la filière se mobilise et affiche des ambitions fortes. Ainsi, la marque Kering vise « la traçabilité jusqu’à l’élevage, ainsi que l’élimination totale des métaux lourds d’ici à cinq ans, afin d’atteindre les objectifs en 2025 de diminution de 40 % de l’impact environnemental et de 50 % des émissions de CO2 ». Chez Hermès, on revendique une volonté de « rester fidèle au cuir sans contourner les problèmes ». Une nouvelle organisation en atelier permettra au sellier de luxe de générer 11 % d’économies de matières.

Innovations et protection de l’environnement

La question du tannage au chrome a été également débattue à l’occasion de ces premières Assises du développement durable. Si Jean-Christophe Muller estime que le processus de transformation du chrome trois en chrome six « sera remis en question » dans les prochaines années, Olivier Raynaud, propriétaire de la mégisserie Raynaud Jeune, rappelle quant à lui que « le tannage végétal a le vent en poupe, mais l’éco-responsabilité du cuir vient avant tout des bonnes procédures ».

Les grandes marques ont également profité de ce forum pour montrer l’exemple en matière de protection de l’environnement. Ainsi, Louis Vuitton a présenté ses actions pour la préservation de la biodiversité et la lutte contre le dérèglement climatique. La maison de luxe, qui a créé un fonds carbone afin de gérer les émissions de gaz à effet de serre provoquées par ses activités, agit également sur le sourcing des matières.

Des engagements qui en inspirent d’autres. Dans la région du Choletais, une charte garantissant l’innocuité des produits a été signée par une dizaine d’industriels de la chaussure. De son côté, l’enseigne Bocage a mis en place un abonnement mensuel permettant à ses clients de chausser des souliers neufs tous les deux mois et de les rendre ensuite pour qu’ils soient reconditionnés et remis dans le circuit.

En matière d’innovation et de protection de l’environnement, la filière du cuir n’a pas dit son dernier mot.

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