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L’argent sale de Maduro

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Pour certains, la survie du gouvernement de Maduro au Venezuela s’expliquerait par l’afflux d’argent provenant de trafics illégaux

Quand on lui demande d’expliquer pourquoi ses efforts pour chasser le président du Venezuela Maduro n’ont pas fonctionné, l’administration de Trump répond toujours que c’est à cause de l’influence de Cuba et de la Russie. Ce dont ils ne parlent jamais est pourtant un facteur peut-être plus important : le cartel des soleils.

Le cartel des soleils

Il s’agit d’un cartel de trafiquants de drogue. Ils feraient passer chaque année des centaines de tonnes de cocaïne colombienne depuis le Venezuela vers l’Amérique Centrale et les Caraïbes. Les destinataires finaux sont les États-Unis ou l’Europe. Ils ont des liens étroits avec la clique de Maduro. Les hommes du gouvernement de Maduro s’accrochent au pouvoir parce que malgré la crise économique vénézuélienne ils gagnent toujours des millions. De plus il est fort probable qu’ils seraient emprisonnés s’ils quittaient le sol vénézuélien.

Le trafic de cocaïne n’est que la partie immergée de l’iceberg : il y a aussi le minage illicite d’or et de fer, les ventes frauduleuses de pétrole, les pourcentages négociés sur l’import de nourriture et de médicaments et le trafic de fausse monnaie.

L’administration de Trump, et les défenseurs de gauche de Maduro, préfèrent décrire la crise du Venezuela en termes politiques. La réalité est que le régime n’est plus vraiment un gouvernement. Il s’agit encore moins d’un gouvernement socialiste mais plutôt d’un gang criminel. Cela a des conséquences qui rendent son démantèlement très compliqué. D’abord l’argent qui provient de toutes ces activités criminelles sert à survivre aux sanctions des États-Unis. Ensuite la corruption endémique rend difficile d’imaginer la formation d’un gouvernement de transition.

Un réseau criminel régional ?

L’effondrement de l’économie a créé d’importantes pénuries de nourriture, d’eau, de médicaments, et d’électricité. Pourtant l’argent que gagne illégalement la clique de Maduro ne cesse d’augmenter. Un rapport de CNN affirme que les vols qui transportent de la drogue depuis le Venezuela sont passés de deux par semaine en 2017, à presque un par jour en 2018. On estime que 265 tonnes de cocaïne colombienne d’une valeur de 39 milliards ont quitté le Venezuela l’année dernière.

Une autre étude de l’Université Nationale de la Défense estime que même si le régime de Maduro a vendu 73 tonnes d’or à la Turquie et aux Émirats arabes unis, sa réserve personnelle a tout de même augmenté de 11 tonnes. La vente de cet or aurait permis de lever 3 milliards, assez pour payer les forces de sécurité et les groupes paramilitaires qui sont toujours loyaux à Maduro.

Certains chercheurs décrivent le régime vénézuélien comme faisant partie d’un réseau régional surnommé : l’Entreprise Criminelle Collective Bolivarienne. Il s’agirait d’un consortium d’acteurs criminels étatiques et non étatiques. Les chercheurs ont identifié 180 individus et 176 entreprises dans 26 pays. Ce réseau est capable de s’adapter et de diversifier son portefeuille d’actions criminelles ce qui veut dire que l’argent continuera d’affluer. L’opposition vénézuélienne a déjà parlé d’amnistie pour des leaders militaires qui se détourneraient du régime. La semaine dernière le ministère des Finances a levé les sanctions contre le chef des renseignements du Venezuela après sa démission. Il s’agit peut-être d’une piste de travail à renforcer.

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Chine : La contrebande de pitaya

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contrebande de pitaya

Les autorités chinoises ont annoncé avoir stoppé une opération de contrebande de pitaya d’une valeur de 110 millions de dollars

L’annonce a été faite le 18 juillet dernier sur la chaîne de télévision d’économie et des finances de la Chine Centrale. Une division d’un groupe de lutte contre la contrebande de Nanjing et une unité des douanes de Kunming étaient au cœur du dispositif. D’autres services des douanes locales d’autres villes ont aussi participé à cette opération majeure visant à mettre fin à la contrebande de pitaya.

Des contrebandiers basés au Vietnam

Il est peu paraître surprenant que le trafic de fruit soit aussi lucratif ; la valeur de la saisie opérée par les services chinois est ainsi estimée à 110 millions de dollars. Au total les agents ont saisi 170 000 tonnes de fruits. Le réseau responsable de cette contrebande de pitaya avait établi des bases au Vietnam. Les trafiquants achetaient le fruit sur place pour l’exporter illégalement en Chine. Ces cargaisons étaient envoyées vers la province chinoise du Yunnan.

Cette distribution se devait bien sûr d’éviter les grands canaux d’importations officiels. Le réseau utilisait une faille dans les lois d’importation locale. Cette pratique consiste à exploiter les lois permettant aux résidents de la région d’importer de petites quantités de produits. Les citoyens chinois de zones frontalières ont en effet le droit de faire du commerce à travers la frontière si les quantités restent raisonnablement faibles. Cette pratique commerciale a surtout lieu entre la chine et ses voisins du Vietnam, Laos et Myanmar. Les citoyens chinois ont le droit d’importer 1230 dollars de biens par personnes et par jour sans avoir à payer de taxe.

Contrebande de pitaya au sein de l’ANASE

Il semble que la contrebande de pitaya se soit servi de cette faille légale. Les agents de lutte contre la contrebande ont en effet découvert que les membres du réseaux faisaient de fausses déclarations lors du passage de la frontière. Les cargaisons de fruits étaient réparties en de plus petites quantités afin d’avoir l’air de respecter la législation frontalière. Ainsi les trafiquants évitaient de payer la taxe destinée à aider les résidents de la région. On estime que ce réseau aurait importé illégalement plus de 300 tonnes de Pitaya par jour depuis sa création.

Cette contrebande de pitaya a même grandit au point d’élargir leur opération au Vietnam. Leurs fournisseurs sont passés de 3 vergers à presque 20 au cours de leur opération. La destination des fruits s’est aussi diversifiée en passant du delta du Yangtsé jusqu’à l’ensemble du territoire chinois. Les taxes imposées sur la pitaya sont autour de 20 % à l’international. Cependant au sein des pays de l’ANASE la TVA n’est que de 9 %. Ces 9 % de taxes que les responsables de cette contrebande de pitaya cherchaient à éviter risquent aujourd’hui de leur coûter très cher.

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La triste fin du marsouin du Pacifique

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marsouin du pacifique

Le marsouin du pacifique est en danger critique d’extinction à cause du braconnage dans le golfe de Californie

Le marsouin du pacifique est une espèce endémique d’une très petite zone au nord du golfe de Californie. Ce cétacé fait partie de la liste des 100 espèces les plus menacées établie par l’UICN en 2012. Les scientifique estiment qu’il ne resterait qu’une dizaine d’individu. Ce qui rend la situation plus tragique encore c’est que le marsouin du pacifique est une victime collatérale du braconnage. Les pêcheurs cherchent en effet à piéger le totoaba, un autre poisson en voie d’extinction. Ce dernier est utilisé en médecine traditionnel chinoise et en cuisine, notamment pour sa vessie natatoire. Actuellement la première cause de mortalité des marsouins est l’étouffement dans les filets illégaux destinés au totoaba.

Une disparition programmée

Il y a 10 ans on trouvait encore 250 marsouins du pacifique dans leur petit territoire du golfe de Californie. Malheureusement pour lui le prix des ailerons de son voisin le totoaba a signé sa perte. Cet animal est le plus petit cétacé du monde mais malgré de nombreux efforts les tentatives de reproduction en captivité ont échouées. Son seul espoir est une intervention du gouvernement mexicain et une surveillance sans faille de la zone. Malheureusement le gouvernement ne semble pas décidé à mettre cette mesure en place, l’espèce semble donc condamnée à court terme.

Ce cétacé avait déjà été menacé par l’installation massive par les cartels de zones d’aquaculture. De l’autre côté le développement d’un marché asiatique serait venu avec la surpêche du Larimichthys polyactis, connu également pour sa vessie natatoire. Sa disparition progressive a nécessité de trouver une espèce de remplacement et l’attention s’est tournée vers le totoaba. Sa consommation est depuis devenu un symbole de statut social en Chine tant son prix est prohibitif ; jusqu’à 3500 euros le kilo. Étant donné ce prix les cartels ont évidemment leur main dans ce commerce illégal.

Une lueur d’espoir pour le marsouin du pacifique

En 2018 les autorités chinoises ont opéré une saisie de près de 500 kilo de totoaba, une prise estimée à 22 millions d’euros. Ce renforcement du contrôle n’arrête pourtant ni la demande ni la contrebande, comme chacun l’a observé pour le trafic de drogue. Une lueur d’espoir existe pourtant pour le marsouin du pacifique ; le totoaba se reproduit en captivité. Un développement de l’aquaculture pour cette espèce pourrait permettre de développer un marché légal. Certaines opérations existent déjà mais on ignore si ce développement sera assez rapide. Il faut en effet 10 ans au totoaba pour atteindre sa taille adulte. De plus la vente du poisson est actuellement interdite à l’étranger du fait des accords internationaux.

Cette solution est loin de satisfaire tout le monde. Certains soulignent qu’il sera très compliqué de discerner le poisson légal de l’illégal dans le futur. Ceci n’est pas un problème actuellement, toute pêche étant interdite. Par ailleurs certains groupes soulignent que loin de résoudre le problème l’aquaculture pourrait développer la demande. Actuellement la seule solution est d’attendre et d’espérer que le gouvernement mexicain fera le nécessaire pour protéger la zone. Malheureusement étant donné l’agressivité des cartels et le manque de volonté politique la situation semble mal engagée pour le marsouin du pacifique.

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Le financement des milices iraniennes

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milices iraniennes

Le réseau des milices iraniennes développe son indépendance économique suite aux problèmes économiques de leur bienfaiteur

Le trafic d’essence est un des modes de financement principal choisi par les milices iraniennes. L’armée libanaise a par exemple arrêté 20 personnes dans la vallée de Bekaa début juillet et saisi 18500 litres d’essence. Cette zone de passage poreuse avec la Syrie est contrôlée par le Hezbollah. Cette milice est vraisemblablement à l’origine de ce trafic. Il est par ailleurs évident que l’essence saisie n’est qu’une infime partie du trafic à destination de la Syrie. Le Hezbollah nie évidemment toute implication dans cette contrebande.

Les milices iraniennes se diversifient

Il serait pourtant logique que les milices iraniennes diversifient leurs sources de revenus. En effet l’Iran est dans une situation difficile économiquement. Le pays ne peut donc pas financer ses alliés aussi facilement qu’il le faisait auparavant. Les groupes actifs dans la région doivent donc trouver de nouvelles façons de lever des fonds. Le problème se pose aussi pour le groupe Hashed Al-Shaabi en Irak. Cette milice chiite est aujourd’hui un acteur majeur de la vie politique irakienne. Ces derniers se sont tourné vers la banque et la contrebande et ils collaborent parfois avec leurs alliés du Hezbollah.

Hashed Al-Shaabi se finance notamment en prêtant de l’argent et en touchant des intérêts très élevés sur certains types de prêts. Le groupe contrôle également certains postes frontières et ports en Irak. La milice peut ainsi prélever des pots-de-vin sur le passage de marchandises et de visiteurs. De son côté le Hezbollah est aussi depuis longtemps accusé de participer au trafic de drogue en Europe et en Amérique Latine. Il s’appuierait sur la diaspora libanaise dans ces pays pour lever des fonds. En plus de ce trafic de drogue le groupe se livrerait à des opérations boursières en jouant sur la dévaluation de la monnaie libanaise pour faire des profits.

Diversification contre autonomisation

La collaboration de ces deux organisations est d’ailleurs intéressante ; il semblerait que Hashed Al-Shaabi ait transféré 50 millions de dollars sur 20 ans au Hezbollah avant que leur propre situation se détériore. Aujourd’hui la coopération demeure mais l’argent cesse d’affluer. Leurs échanges se font plus en terme de formation pour les miliciens, d’armes syriennes ou de collaboration militaire sur le terrain. Les deux organisations sont donc forcées de se tourner d’avantage vers le marché illégal pour se financer. Le financement de véritables armées de miliciens coûte en effet beaucoup d’argent.

Malgré tout le soutien iranien ne risque pas de disparaître car la relation du pays et de ces groupes est symbiotique. La diversification des revenus n’a pas pour objectif une prise d’indépendance totale de ces structures. Certains pensent même que le soutien continu du pays à ces armées privées pourrait provoquer la chute du régime face à une aggravation de la situation économique. En somme cette évolution de la situation ne signifie pas pour l’instant une réorganisation de la relation du pays avec ses groupes armés.

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