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Trafic d'êtres humains

Crime organisé : le trafic de migrants en Libye

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Kidnapping, demandes de rançon, torture, viols, ventes d’esclaves, détention dans des conditions indignes… Depuis des années, les exactions découlant du trafic de migrants en Afrique sont de notoriété publique. Ces réseaux criminels reposent sur un système structuré et organisé.

Dans son article « Éclairage sur une criminalité plurielle : les migrants de la Corne de l’Afrique », la chercheuse Sonia le Gouriellec, maîtresse de conférences en Sciences politiques à l’Université Catholique de Lille et spécialiste de la Corne de l’Afrique, réunit les principales connaissances actuelles sur le sujet.

Ce article a été publié dans l’ouvrage collectif Africa Connection – La criminalité organisée en Afrique, paru le 23 mai 2019 aux éditions La Manufacture de Livres. Dans ce livre, plusieurs chercheurs explorent des thématiques contemporaines de la criminalité organisée en Afrique, sous la direction de Laurent Guillaume, ancien policier et aujourd’hui consultant pour divers organismes internationaux.

Nous nous intéressons ici à tout ce qui concerne l’organisation du trafic de migrants en Libye, son fonctionnement et les différents acteurs de ces réseaux criminels. Nous laisserons ainsi de côté, malgré son grand intérêt pour la compréhension du sujet, la partie du travail de Sonia Le Gouriellec qui concerne les causes (géopolitiques, socio-économiques, environnementales) des différents mouvements migratoires observés dans la Corne de l’Afrique. Rappelons toutefois que la Somalie, l’Érythrée et le Soudan comptent plus d’un demi-million d’individus en exil pour l’année 2017, des données globalement en hausse, qui ont amené les trafiquants à se professionnaliser de plus en plus. Leurs réseaux s’apparentent aujourd’hui à des organisations transnationales hiérarchisées et très structurées.

La « diplomatie des frontières »

La Libye a accueilli depuis de nombreuses années, sous le régime du colonel Kadhafi, des travailleurs immigrés. En 2011, avant la chute du régime, on comptait près de deux millions de ces migrants dans le pays. Leur présence était d’ailleurs un moyen de pression pour négocier avec les États européens, ce que la journaliste Nancy Porsia a appelé « la diplomatie des frontières », une manière pour le dirigeant libyen d’obtenir la reconnaissance internationale et le soutien pour vaincre ses ennemis.

En 2008, l’Italie et la Libye signent un traité d’amitié pour lutter contre la migration illégale : un an plus tard, Mouammar Kadhafi se lance dans la lutte contre les réseaux de trafiquants et de passeurs. L’opération est une réussite : les départs diminuent de près de 90% en deux ans.

Puis vient la Révolution de 2011 :

« Les passeurs sont alors relâchés et poussés par le régime à entasser les migrants dans des bateaux et à les envoyer en Europe par vengeance contre le soutien des pays européens aux révolutions sur le terrain », rapporte Sonia Le Gouriellec dans son étude.

Cette année-là, 59 000 personnes traverseront la Méditerranée, depuis la Tunisie et la Libye, pour arriver en Italie. 1800 migrants mourront en mer.

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Exemple de l’impact des accords diplomatiques sur les mouvements migratoires.

L’évolution des routes de l’exil

La route qui mène les migrants vers l’Italie est appelée « Route du Nord » ou « Route de la Méditerranée ». Pour arriver en Libye, il y a trois passages principaux : une route qui passe par le Darfour, à l’est du Soudan ; une deuxième qui traverse Dongola dans le nord du pays, et la dernière route qui relie le Tchad à la Libye. Le nombre de migrants empruntant cette route n’a cessé d’augmenter jusqu’en 2017.

Depuis, on observe un déclin qui s’explique par plusieurs raisons : l’augmentation du nombre d’interceptions, de détention et d’expulsions de réfugiés et de migrants par les forces soudanaises ; l’action renforcée de lutte contre la migration irrégulière en Égypte ; un possible ralentissement de l’émigration érythréenne ; une augmentation du nombre de personnes s’installant le long des routes migratoires ou dans les principales villes transit, plutôt que d’aller en Europe.

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Route du Nord ou route de la Méditerranée centrale. Source : Study on Migration Routes in the East and Horn of Africa

Les routes de la Libye et de l’Égypte sont particulièrement dangereuses pour les migrants en raison de la contrebande, de la traite et des enlèvements. L’est du Soudan est également devenu un lieu d’enlèvement et de torture, avec demande de rançon, ventes de personnes et d’organes.

De son côté, le nombre de migrants empruntant la Route du Sinaï, qui relie la Corne de l’Afrique à Israël, s’est considérablement réduit depuis 2012. Un phénomène qui s’explique par des politiques migratoires restrictives de l’Égypte et d’Israël, avec notamment la construction d’une clôture le long de la frontière entre le Sinaï et Israël ; un renforcement des contrôles aux frontières et la création d’un centre de détention.

Le trafic de migrants organisé comme une « agence de voyages »

Sonia Le Gouriellec explique pour Illicit Trade les différents types de méthodes que les migrants peuvent utiliser pour effectuer leur traversée :

« Il y a tout d’abord les « voyages organisés », une pratique qui concerne principalement les migrants de la Corne de l’Afrique. Dans ce type de voyage, tout est payé à l’avance, le prix comprend toute l’organisation, même si ensuite les migrants passeront « de main en main ».» 

Ici, les personnes passent assez rapidement par la Libye, où elles ne s’arrêtent pas longtemps. Dans les villes libyennes, elles séjournent dans des habitations privées, à la périphérie des villes. Le voyage dure en moyenne deux à trois semaines. La somme d’argent, réglée pour l’ensemble du voyage en une seule fois, est parfois payée via des transferts d’argent internationaux effectués par des proches ou par des membres de leur communauté installés en Europe ou en Amérique.

Même si les migrants vont rencontrer des intermédiaires (qui les logent ou les transportent), ils sont considérés comme étant sous la protection de leur passeur, responsable, en théorie, de leur sécurité jusqu’au point d’arrivée final. Malgré cela, un grand nombre d’entre eux subissent en chemin des tentatives d’extorsion et sont revendus à d’autres passeurs lorsqu’ils séjournent dans les « maisons de transit ».

« L’autre moyen pour migrer est le voyage « step by step », continue la chercheuse. Là, c’est souvent la famille qui paye la première étape, puis le migrant paye sur place, à chaque nouvelle étape, parfois en travaillant sur la route pour pouvoir continuer. Ici, le réseau est moins organisé et hiérarchisé. »

Chaque passeur (chauffeur, transporteur, facilitateur, intermédiaire) est donc payé individuellement. Ce type de voyage peut durer plusieurs mois et est entrepris, plus généralement, par des migrants d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.

Sonia Le Gouriellec nous indique aussi que, selon les passeurs, « les migrants d’Afrique de l’Est seraient plus riches car soutenus par une forte diaspora d’Amérique du Nord et d’Europe du Nord qui soutiendrait ses voyages. Certaines pratiques leur ont donné raison : quand des migrants érythréens sont pris en otage, les familles ont parfois été prêtes à payer des rançons de plusieurs milliers d’euros. »

L’enrichissement des réseaux criminels

Le trafic de migrants s’organise comme une agence de voyages, où chaque service est attribué à une ou plusieurs personnes, rémunérées pour sa tâche : le transport, le logement, la sécurité, les conseils pour savoir comment se comporter dans tel ou tel pays, etc. Ici, le migrant, au cœur du trafic, est considéré comme un client par la filière. Pour arriver en Europe, il doit dépenser de 5000 à 9500 euros.

Beaucoup d’intermédiaires de ce trafic sont des migrants eux-mêmes qui attendent leur tour pour pouvoir atteindre l’Europe. Le coût du transit est toujours plus élevé, les voyages de plus en plus dangereux à cause de la détérioration de la situation sécuritaire, de l’augmentation du nombre de checkpoints tenus par des milices armés réclamant une taxe, de la pénurie d’essence…

Les réseaux criminels impliqués dans le transit des migrants génèrent des revenus considérables grâce à leurs diverses activités : coordination du transport et « stockage » de migrants, paiement des transporteurs, corruption des agents de l’État, recours à des milices armées qui acheminent les convois de migrants, locations de vastes entrepôts, de bateaux pour traverser la mer…

Les têtes de réseaux des trafics de migrants en Libye

On peut citer par exemple l’Érythréen Ermias Ghermay, l’un des plus importants acteurs originaires d’Afrique subsaharienne impliqués dans le trafic illicite de migrants en Libye. Selon le Conseil de sécurité des Nations unies, il est à la tête d’un réseau transnational responsable de la traite d’êtres humains et du trafic de dizaines de milliers de migrants, principalement depuis la Corne de l’Afrique jusqu’aux côtes libyennes puis jusqu’à leur destination en Europe et aux États-Unis.

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L’un des plus importants trafiquants de migrants : Ermias Ghermay

Toujours selon les informations du Conseil de sécurité de l’ONU, Ghermay travaille en étroite collaboration avec des réseaux de trafiquants libyens comme celui d’Abu-Qarin, dont il serait « la chaîne orientale d’approvisionnement ». Son réseau s’étend du Soudan aux côtes de la Libye et jusqu’en Europe (Italie, France, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni) et aux États-Unis.

Entouré d’hommes armés, il dispose d’entrepôts, de camps de détention où sont commises de graves exactions et violations des droits de l’homme contre des migrants. Ces derniers sont ensuite emmenés à Sabratha ou Zaouïa. Les voyages qu’il organise, notamment par la mer, ont mis en danger de mort de nombreuses personnes. Les autorités italiennes de Palerme ont émis, en 2015, un mandat d’arrêt contre lui pour trafic de milliers de migrants dans des conditions inhumaines, y compris pour le naufrage survenu à Lampedusa le 13 octobre 2013, dans lequel 366 personnes ont péri.

Le 7 juin 2018, pour la première fois, le Conseil de sécurité de l’ONU sanctionne six chefs de réseaux de trafiquants de migrants en Libye : Ermias Ghermay, mais aussi Fitiwi Abdelrazak (également érythréen), et quatre Libyens, Ahmad Oumar Al-Dabbashi, Musab Abu-Qarin, Mohammed Kachlaf et Abd Al Rahman Al-Milad, le chef d’une unité de gardes-côtes. Les sanctions sont principalement dissuasives : gel de comptes bancaires, interdiction de voyager.

En novembre 2017, des journalistes de CNN publient des images montrant la vente aux enchères de migrants en Libye, ainsi que les conditions de vie dans les centres de détentions. Ce documentaire provoque à l’époque l’indignation internationale :

Sonia Le Gouriellec explique que trois opérations de police (Glauco 1, Glauco 2 et Glauco 3) ont été menées par les autorités italiennes pour éradiquer les cellules d’Ermias Ghermay. 71 mandats d’arrêt ont été délivrés dans ces opérations et le réseau en a été affaibli.

Selon l’acte d’accusation, épluché par Le Matin Dimanche, l’unité antimafia de Palerme aurait intercepté une conversation téléphonique où l’on entendrait parler le passeur éthiopien Asghedom G., partenaire en affaires d’Ermias Ghermay. Asghedom G. explique dans cette conversation que Ghermay empocherait environ 80 000 dollars par convoi de réfugiés sur des bateaux transportés de la Libye jusqu’à la Sicile. Il dit que Ghermay a assez d’argent pour « vivre très, très bien pendant vingt ans », chez lui à Addis-Abeba.

Le procès d’Elmi Mouhamud Muhidin condamné pour traite d’êtres humains et viols

Le passeur somalien Elmi Mouhamud Muhidin, 35 ans, enlèvent, avec ses hommes, les migrants et les séquestrent dans le Sahara. Torturés, les prisonniers ne peuvent retrouver leur liberté qu’une fois la rançon payée par leur famille, rackettée par téléphone.

La police italienne a arrêté Elmi M. et un procès a eu lieu. Les récits d’anciens prisonniers décrivent qu’Elmi M. confisquait les portables des migrants pour contacter leur famille. Des migrants ont été forcés de regarder d’autres prisonniers se faire torturer sous leurs yeux avec à coups de matraque et d’électrocution. Certaines femmes, quant à elles, ont raconté aussi pendant le procès les viols systématiques par leur ravisseur. Certaines d’entre elles ont rapporté qu’elles étaient parfois offertes « en cadeau » aux visiteurs de passage.

Elmi M. a été condamné à trente ans de prison, entre autres, pour traite d’êtres humains et viol. Son procès a permis de montrer ses relations avec d’autres passeurs libyens à qui il vendait des « paquets » de migrants. Le dossier d’enquête du parquet de Palerme précise que « Le groupe dirigé par Elmi M. organisait des transports de migrants qui avaient payé la rançon. Les migrants empruntaient plusieurs véhicules sur la route de Tripoli où ils étaient remis au complice Ermias Ghermay,» comme l’a rapporté Le Matin Dimanche dans son enquête.

Parmi les six chefs de réseaux de trafiquants de migrants actifs en Libye, sanctionné par le Conseil de sécurité de l’ONU, on retrouve aussi l’Érythréen Fitiwi Abdelrazak. En 2005, il ouvre un restaurant à Tripoli, lieu très populaire des trafiquants libyens. Comme l’explique Sonia Le Gouriellec, dans le livre Africa Connection, grâce à ses contacts, il a ensuite bâti une organisation criminelle transnationale structurée.

Il possède des résidences en Libye et à Dubaï et il a tissé des liens avec des membres des forces de sécurité qui contrôlent les centres de détention en Libye. Il s’est non seulement enrichi par l’argent versé par les migrants voulant traverser la Libye pour rejoindre la côte, mais aussi grâce aux libérations de migrants capturés et placés dans les centres de détention, ainsi qu’en assurant leur traversée en Italie. Ses activités financières sont gérées depuis Dubaï.

Police et diplomatie : une complicité nécessaire

Nombreux sont les passeurs qui disent entretenir de très bonnes relatons avec la police libyenne et soudoyer des fonctionnaires libyens si besoin. Selon la chercheuse néerlandaise Mirjam Van Reisen, auteure de l’ouvrage collectif qu’elle a coordonné Human Trafficking and Trauma in the Digital Era: The Ongoing Tragedy of the Trade in Refugees from Eritrea, des diplomates érythréens et des cadres du People’s Front for Democracy and Justice (PFDJ), le parti unique en Érythrée, seraient partie prenante dans les réseaux de passeurs à destination de l’Europe, notamment en Libye. Les diplomates, ceux en poste au Soudan notamment, fourniraient des documents de voyage et des services administratifs aux Érythréens contre de l’argent.

De plus, certains militaires érythréens et officiers de police sont aussi complices de ce trafic le long de la frontière soudano-érythréenne. Le versement de rançon, de migrants kidnappés en Libye, par exemple, s’effectuerait par l’intermédiaire de collaborateurs désignés par le PFDJ.

Dans une lettre adressée en 2011 au Conseil de sécurité, le Groupe de contrôle pour la Somalie et l’Érythrée décrivait Mabrouk Mubarak Salim, ministre soudanais des Transports, comme étant l’un des principaux passeurs du côté soudanais de la frontière. Lui et Hamid Abdallah, un autre homme d’affaires basé à Khartoum, seraient les deux principaux leaders du trafic d’êtres humains au Soudan.

Et la chercheuse Sonia Le Gouriellec de conclure dans l’ouvrage Africa Connection : « On observe en Érythrée, au Soudan, en Libye ou en Égypte ce que Moisés Naim qualifie d’ascendance des « États-mafias » où gouvernements et groupes criminels opèrent de concert. Ces États mafieux présentent un sérieux défi et la politique d’externalisation adoptée par l’Union européenne offre de nouvelles ressources à ces acteurs, plus qu’elle ne permet d’atteindre son objectif de lutte contre ce crime organisé.»

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Miami : Le Super Bowl de 2020 et le trafic d’êtres humains

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Miami lance une campagne choc pour sensibiliser les gens au trafic d’êtres humains à l’approche du Super Bowl 2020

Comme toutes les grandes manifestations sportives, le Super Bowl attire chaque année des gens du monde entier pour assister au match. L’effervescence encourage tout type de consommations dans les environs du stade ; la prostitution ne fait pas exception. Les trafiquants amènent des femmes et les exploitent aux alentours des stades les jours de match.

Une grande campagne de lutte

Mercredi, dans une station Metromover du centre-ville, une campagne contre la traite des êtres humains a été dévoilée. Elle a été conçue par le comité hôte du Super Bowl, le procureur général de Miami-Dade, le FBI et des représentants du Women’s Fund. Il s’agit d’affiches disant ; “Vous le voyez. Vous le prenez en photo. Vous nous l’envoyez », « Ce n’est ce que vous pensez » et « Vous achetez du sexe. Vous serez dénoncé ”. Le public est incité à signaler tout comportement suspect à une hotline en appelant ou en envoyant un SMS. Des panneaux d’affichage, des annonces d’abribus et des messages sur les réseaux sociaux seront diffusés dans les mois à venir.

Oliver G. Gilbert III est le maire de Miami Gardens, où aura lieu au Hard Rock Stadium le SuperBowl. Il a déclaré que tous les niveaux de gouvernement se sont unis avec un message pour ceux qui viennent visiter ; « Nous ne sommes pas à vendre. » Katherine Fernandez Rundle est procureure de l’État à Miami-Dade. Elle conclue : «Nous allons envoyer un message très fort: nous ne tolérerons pas l’exploitation de nos jeunes».

Une idée venant d’Atlanta

L’attention du public sur le trafic sexuel représente un changement important dans la planification du Super Bowl à Miami. Rodney Barreto, président du comité 2020 du Super Bowl XIV, a également présidé les comités de 2007 et 2010 du South Florida Super Bowl. Pour lui ;

«Nous avons évolué en tant que communauté. C’est un problème qui prévaut qu’il y ait un Super Bowl ou non. Nous sommes responsables. » Quand Barreto était à Atlanta pour le Super Bowl 2019, il a pris des photos des panneaux de la campagne contre le trafic sexuel dans le but de reproduire l’idée de Miami. «Nous n’avons pas à réinventer la roue», a-t-il déclaré.

Le FBI d’Atlanta a procédé à 169 arrestations pour traite de personnes avant le Super Bowl de 2019. Les policiers de Minneapolis avaient procédé à plus de 110 arrestations avant le Super Bowl de 2018. Miami-Dade est le comté le plus populaire de Floride pour la traite des êtres humains. SLa Floride est le troisième État le plus concerné. La procureure américaine Ariana Fajardo Orshan a déclaré que les événements qui attirent un grand nombre d’invités de l’extérieur de la ville nécessitent un renforcement de l’application des lois. Son bureau s’attachera à poursuivre les trafiquants, y compris les trafiquants de main-d’œuvre, et non les victimes de la traite. «Nous ne cherchons pas à poursuivre la prostitution», a-t-elle déclaré ; « Notre initiative vise les trafiquants”.

 

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Philippines : ventes d’organes sur les réseaux sociaux

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Aux Philippines les trafiquants et les gens dans le besoin font de la publicité pour vendre des reins en bonne santé sur Facebook et Instagram

Tapez quelque chose comme «don de rein Philippines» ou «rein à vendre» dans la barre de recherche de Facebook. Vous devriez trouver d’innombrables messages de courtiers en organes, de malades atteints aux rein et de vendeurs pleins d’espoir. Tous souhaitent tirer parti de la portée des médias sociaux pour conclure un accord.

Des victimes criminalisées

Confronté à une facture d’hôpital imprévue après l’accouchement difficile de sa femme, Carlos n’avait pas les moyens de payer. Il ne savait pas où il pourrait trouver 14 000 pesos philippins (246 euros). Il s’est connecté à Facebook le 27 septembre 2019 et a posté un court message, afin de vendre un de ses reins. Un utilisateur l’a posté sur une page appelée Kidney Donor Philippines pour rechercher des donneurs de rein. La page a depuis été supprimée par Facebook. Un porte-parole de l’entreprise a déclaré ; «Nous supprimons ce contenu chaque fois que nous en prenons connaissance.»

Le trafic d’organes est un crime grave punissable d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison. Carlos a déclaré qu’il avait eu peur de vendre un de ses reins mais qu’il n’avait pas d’autre choix. Il prévoyait de dépenser l’argent en factures d’hôpital et dans une petite entreprise. Carlos a finalement réussi à emprunter de l’argent pour payer la facture de l’hôpital et n’a plus besoin de vendre son rein, mais cela pourrait changer. Si sa famille a de nouveau besoin d’argent à l’avenir il l’admet ; «Ma famille c’est le plus important dans ma vie. Ce sera toujours une option”.

Des reins sur Facebook

Le trafic d’organes n’est pas nouveau dans ce pays de l’Asie du Sud-Est. Depuis des décennies, il est connu comme un pays à haut risque en raison de sa grande expertise médicale et de ses nombreuses installations de transplantation. Ce qui est nouveau l’expansion dans le monde des réseaux sociaux. Facebook a plus de 66 millions d’utilisateurs dans le pays. Les agents ont du mal à suivre le rythme de trafiquants qui échangent derrière l’anonymat d’internet. Yvette T. Coronel est directrice adjointe du Conseil interinstitutionnel des Philippines. D’après elle ; « Le rein est l’organe le plus communément trafiqué en raison de sa forte demande sur le marché noir et du fait qu’un donneur peut survivre avec un seul rein. » Pour obtenir des donateurs, les trafiquants ne peuvent pas aller sur le dark web parce que beaucoup de gens ne peuvent y accéder.

La police ne pourra pas mettre fin à ce trafic toute seule. Des efforts sont aussi déployés dans les hôpitaux autorisés à effectuer des transplantations. Aux Philippines, le comité national d’éthique des greffes est chargé de veiller à ce que chaque don d’organe soit légitime et exempt de gains commerciaux.  Cependant, il a été signalé que certains professionnels de santé étaient responsables de transactions financières illégales. Ils appellent cela un « parcours tout inclus ». Cela signifie qu’ils vont recruter le donateur et prendre les dispositions nécessaires pour l’opération. Le paiement sera effectué par leur intermédiaire et ce sera à eux de le distribuer à l’équipe médicale. Avec l’expansion du commerce en ligne, les plates-formes populaires comme Facebook ou Instagram devraient être associées aux efforts déployés à l’échelle nationale pour l’éradication de la traite des êtres humains.

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Royaume-Uni : 39 corps et un camion

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Les 39 corps ont été retrouvés dans un conteneur maritime à l’arrière d’un camion le 24 Octobre, des arrestations ont été effectuées

La police britannique a arrêté un homme à l’aéroport de Stansted vendredi dans le cadre d’une enquête sur la mort de 39 personnes. Ces dernières ont été découvertes dans un conteneur de transport dans le sud est de l’Angleterre.

Le mystère de la nationalité des victimes

Les autorités britanniques ont déclaré jeudi qu’elles pensaient que les défunts étaient des ressortissants chinois. L’ambassade de Chine au Royaume-Uni n’a pas encore vérifié ces informations. Cependant plusieurs familles vietnamiennes ont dit craindre que leurs proches disparus qui tentaient d’émigrer soient morts dans le conteneur. L’ambassade du Vietnam a déjà contacté la police d’Essex pour lui demander des informations sur l’identification des victimes. L’ambassade a aussi communiqué des informations émanant de ces familles à la British Crime Agency. Une famille a déclaré à la BBC qu’elle n’avait pas eu de nouvelles de sa fille depuis mardi, quand elle leur a envoyé un texto lui disant qu’elle ne pouvait plus respirer.

Le chef de police adjoint, Pippa Mills, a déclaré que la police ne commenterait pas les spéculations sur la nationalité des défunts ; « Je ne m’attarderai plus sur aucun détail tant que les procédures d’identification formelles approuvées par le médecin légiste n’auront pas eu lieu. » Selon les autorités, huit des victimes étaient des femmes, dont une adolescente et 31 des hommes. Les autorités ont également annoncé que les premiers examens post-mortem des corps commenceraient vendredi. Les ambulances ont commencé à déplacer les victimes depuis le port d’Essex vers des morgue dès jeudi.

Plusieurs personnes interpellées

Vendredi a eu lieu la troisième arrestation en lien avec l’affaire. Un peu plus tôt, les autorités avaient arrêté un homme et une femme de 38 ans à Warrington ; une ville de l’ouest de Manchester. La police d’Essex a découvert le conteneur mercredi matin dans un parc industriel situé à l’est de Londres. Le chauffeur du camion, un homme de 25 ans originaire d’Irlande du Nord, est toujours en garde à vue. Jeudi, la police d’Essex a publié plus de détails sur l’entrée du camion au Royaume-Uni ; le camion et le conteneur sont entrés dans le pays à des moments différents. Selon la police, le camion est arrivé d’Irlande au pays de Galles dimanche. Dans le même temps, le conteneur arrivait du port belge de Zeebrugge au port d’Essex sur la Tamise, peu après minuit mercredi matin.

La police a également confirmé que trois propriétés situées dans le comté d’Armagh, en Irlande, avaient été fouillées dans le cadre de leur enquête. Le chef de la police d’Essex, BJ Harrington, a publié une déclaration jeudi. Il affirme que l’enquête est l’une des plus importantes de l’histoire de la région. Il a également exprimé sa sympathie pour les familles des victimes. Le Royaume-Uni est une destination courante pour les migrants et des incidents tragiques similaires se sont produits dans le passé. En 2000, les corps de 58 ressortissants chinois ont été retrouvés étouffés dans un conteneur du port anglais de Douvres. Le conducteur du camion immatriculé aux Pays-Bas a été condamné à 14 ans de prison.

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