Connect with us

Analyses

Carfentanil : de l’arme chimique au stupéfiant

le

carfentanil-illicit-trade

À l’origine, le carfentanil est un sédatif à usage exclusivement vétérinaire, pour les éléphants et autres animaux de plusieurs tonnes (buffles, rhinocéros, ours blancs…). Mais depuis 2016, il est apparu mélangé à d’autres drogues, provoquant de nombreuses overdoses.

Un journal canadien de médecine, spécialisé dans l’anesthésie, n’a pas hésité à le désigner comme « arme de destruction massive », dans son éditorial de janvier 2019. Selon les dernières études des scientifiques du Journal de l’anesthésie canadien, le carfentanil est 20 à 30 fois plus puissant que le fentanyl (et non 100 fois comme c’est affirmé bien souvent) et 10 000 plus que la morphine. Même s’il « n’est que 20 à 30 fois » plus dangereux que le fentanil, sa menace est extrêmement préoccupante.

Très difficile à détecter, le carfentanil est inodore, invisible et sans saveur, il est donc impossible pour les consommateurs de savoir, à l’oeil nu, si les drogues consommées en possèdent. Il peut être mélangé à d’autres drogues illicites comme l’héroïne. Les pilules de contrefaçon observées ressemblent à des opioïdes d’ordonnance, selon les autorités de santé canadienne : comme des pilules vertes portant les lettres « CDN » d’un côté et le chiffre 80 de l’autre.

Dose mortelle

Une dose infime peut être fatale ; un simple contact avec la peau ou une faible inhalation peuvent provoquer une overdose. De même, toucher quelqu’un qui a fait une overdose de carfentanil peut être mortel. Pour se protéger, les agents de police au Canada et aux États-Unis pouvant être confrontés à des consommateurs de ce produit, portent désormais sur eux du naloxone, un antidote, pour aider de potentielles victimes mais surtout pour se protéger eux-mêmes. Aux États-Unis, des policiers ont frôlé la mort rien qu’en fouillant des véhicules ou des suspects.

Cependant, le journal canadien tempère au sujet des intoxications accidentelles suspectées des premiers intervenants : « Des mesures générales d’hygiène professionnelles, incluant une décontamination régulière à l’eau et au savon, un équipement de protection individuelle élémentaire (gants en nitrile, masque N95, et lunettes de protection), ainsi qu’un accès rapide à la naloxone sont généralement suffisants dans la majorité des cas. »

Carfentanil, classé « stupéfiant »

À la différence du fentanyl qui peut avoir des effets bénéfiques sur des patients atteints de maladies graves, pour surmonter la douleur, le carfentanil, lui, n’a jamais été prévu pour une consommation humaine. Dès 2016, on retrouve pourtant cette substance mélangée à certaines drogues en circulation, tuant des dizaines de milliers de personnes aux États-Unis.

Plus récemment, à Pueblo, dans une ville du Colorado, des traces de carfentanil ont été détectées dans des seringues, ce qui inquiètent sévèrement les autorités sanitaires. Dans les programmes d’échanges de seringues, des associations distribuent des kits pour détecter la présence ou non de carfenanil ou fentanyl dans l’héroïne.

En Ontario, la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) a démantelé un réseau de trafiquants, accusés de trafic de carfentanil, fentanyl, héroïne, cocaïne, méthamphétamines. Saisie qui a conduit à l’arrestation de onze personnes, donc deux employés de la compagnie aérienne Sunwing.

photo fournie par la GRC

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a démantelé un réseau de trafiquants de fentanyl et d’importateurs de cocaïne qui opérait en Ontario.

La police provinciale de l’Ontario rapporte, de son côté, avoir trouvé du carfentanil dans un produit ressemblant à du cannabis. La présence de la substance a été confirmée par le comité responsable de la lutte contre les substances et opioïdes de la communauté de Windsor-Essex (WECOSS), qui a alerté qu’il n’y avait pas de cannabis dans ce produit :

WATERLOO-REGION-INTEGRATED-DRUGS-STRATEGY-carfentanil-illicit-trade

PHOTO – WATERLOO REGION INTEGRATED DRUGS STRATEGY

Elle est publiée quelques jours après des messages d’alertes sur ces réseaux sociaux pour prévenir des dangers du carfentanil, même à très faible dose :

Arme chimique

Avant d’être découvert par les trafiquants de drogues, le carfentanil était considéré comme une arme chimique. Andrew Weber, ancien secrétaire adjoint à la Défense, aux États-Unis, chargé des programmes de défense nucléaire, chimique et biologique de 2009 à 2014, alertait déjà en 2016 : « C’est une arme. Les entreprises ne devraient l’envoyer à personne ». À cette époque, une enquête supervisée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait intercepté un colis content environ un kilogramme de carfentanil, importé de Chine. Les autorités canadiennes ne comprenaient pas qu’une substance aussi puissante soit acheminée dans leur pays. Les officiers de police sont avertis, rapidement, qu’il faut manipuler cette substance avec les plus grandes précautions.

On peut noter ici que cette substance aurait été détectée lors un funeste événement. Le 26 octobre 2002, lors de la prise d’otages par un commando tchéchène du théâtre Doubrovka à Moscou, des analyses d’urine et des vêtements de trois victimes retrouvées sur place ont démontré que le gaz utilisé (le cocktail incapacitant Kolokol-1) par les forces spéciales russes lors de l’assaut, contenait du carfentanil. En tout, 130 spectateurs, sans compter les preneurs d’otage, ont péri lors l’opération (dont seulement cinq avaient été exécutés par le commando).

Le gaz ne les a pas forcément tués sur le coup : beaucoup sont morts de ne pas avoir été soignés correctement, les médecins ignorant la composition du gaz à l’époque. Ces derniers ont testé, sans effet, des antidotes, pensant avoir affaire à un gaz incapacitant de type Sarin ou VX. Mais comme l’ont relaté plusieurs médecins russes dans la presse, par la suite, les patients montraient des signes d’intoxication par opiacés : pupilles punctiformes, inconscience et dépression respiratoire. Certains notèrent que le nataxone renversait les effets de l’intoxication. Le ministère de la Santé russe a annoncé, quatre jours après l’assaut, que le gaz utilisé pour neutraliser les terroristes contenait un dérivé du fentanyl, précisant lors de l’annonce officielle que ce gaz « n’était pas létal« .

moscou-theatre-prise-otage-carfentanil-illicit-trade


Les forces spéciales russes prennent d’assaut le théâtre de Dubrovka lors de la crise des otages à Moscou en 2002.

Facilement exportable

En 2016, l’agence AP avait mené l’enquête et réalisé que pour quelques milliers de dollars, des entreprises chinoisent proposaient d’exporter du carfentanil : « Il est tellement meurtrier qu’il représente une menace terroriste potentielle, » en avait conclu l’agence de presse. Une douzaine d’entreprises exportaient ce produit aux États-unis, au Canada, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Belgique et en Australie. La vendeuse de l’une de ces entreprises expliquait que le carfentil était même « l’un de [leur] produits les plus populaires. »

Cette année-là, malgré leur dangerosité, l’opioïde n’était pas contrôlé par les autorités chinoises, malgré les pressions du gouvernement américain qui pressait la Chine de mettre le carfentanil sur liste noire. Enfin, en février 2017, le carfentanil devient classé comme substance contrôlée en Chine, dans la même catégorie que le fentanyl. La Drug Enforcement Administration (DEA) avait alors déclaré que cette nouvelle réglementation chinoise pouvait changer la donne et entraîner une baisse des overdoses des consommateurs américains. La DEA avait confirmé près de 400 saisies de carfentanil dans huit États américains entre juillet et octobre 2016.

Plus dangereux qu’une bombe thermonucléaire

En 2017, les douanes canadiennes ont saisi un kilo de carfentanil provenant de Chine : la substance était dissimulée dans des cartouches d’imprimantes. Selon le journal canadien de l’anesthésie cité plus haut, la dose mortelle de carfentanil serait de 50 microgrammes (μg). La saisie représenterait, d’après ses recherches, près de 20 millions de doses mortelles : « Assez de quoi supprimer toute la population du pays », lit-on dans un rapport de la police antidrogue du Canada. Le journal scientifique canadien précise lui dans son édito : « Par kilo, le carfentanil est indiscutablement 2000 fois plus dangereux qu’une bombe thermonucléaire. »

Les calculs de dose mortelle ne sont pas un point de détail car si les scientifiques ont du mal à se mettre d’accord sur la quantité létale, comment les trafiquants de drogues vont-ils faire pour réaliser des doses « vendables » ? « Combien de revendeurs de drogues disposent de l’équipement de qualité pharmaceutique pour faire des doses aliquotes de carfentanil avec une précision suffisante pour ne pas tuer leurs clients ? », s’interroge l’éditorialiste du Journal canadien de l’anesthésie.

Il semble qu’étant donné la facilité d’importer et d’exporter ce produit qui tient dans une enveloppe, le blocage du trafic par les autorités spécialisées de stupéfiants soit compliqué voir quasiment impossible. Même si les saisies canadiennes sont des exemples de réussite, elles restent des cas isolés. La meilleure stratégie consisterait davantage à informer les utilisateurs de la dangerosité de ce produit qui n’est en aucun cas consommable. À en voir les prévisions scientifiques sur la potentielle croissance du nombre de décès par opioïde, plus que la lutte contre le trafic de carfentanil, il faut traiter la toxicomanie liée à la consommation d’opioïdes, comme n’importe quelle autre malade et avoir une réflexion globale de santé publique autour de ces questions.

opioide-deces-statitiques-prevision-illicit-trade

À gauche, le nombre de décès par opioïde de synthèse aux États-Unis de 1999 à 2017 d’après les données des Centers for Disease Control.15 La ligne noire représente la superposition de l’addition des données et de l’ajustement exponentiel à partir de 2010. À droite présente l’extrapolation du modèle (ligne rouge) pour les années 2017 à 2022

Lire la suite

Analyses

« Señor T » : le trafiquant invisible de Colombie ?

le

Les autorités colombiennes et états-uniennes accusent Luis Del Río Jiménez d’être un trafiquant de drogue majeur depuis les années 1990

Luis Del Río Jiménez est aussi connu sous les surnoms de « el Tío » ou « Señor T ». Selon les autorités l’homme aurait commencé son trafic de drogue dans les années 1990. A l’époque il aurait collaboré avec le célèbre Pablo Escobar et l’Oficina de Envigado. Il est par la suite resté caché pendant des années mais n’a pas réussi à demeurerinvisible comme d’autres chefs important avant lui.

Blanchiment d’argent à Antioquia

Le 24 novembre dernier une opération conjointe de la DEA états-unienne et de l’agence anti-drogue colombienne ont mis fin à un réseau de trafiquant de cocaïne international. Ce réseau était enraciné dans le département d’Antioquia. Durant l’opération dix personnes ont été arrêtées. Elles sont accusées d’avoir introduit 90 tonnes de cocaïne aux États-Unis. Le réseau aurait aussi blanchi au moins 9 millions de dollars à travers 112 entreprises d’Amérique Centrale et de Colombie.

Les autorités colombiennes et la DEA affirment que Luis Arnobio Del Río Jiménez serait derrière le blanchiment d’argent. L’individu est un homme d’affaire bien connu de la région d’Antioquia. Il possède des boites de nuit et des entreprises agricoles. Son fils Ánderson Del Río Pasos, « El Grande », aurait travaillé avec lui à blanchir l’argent. Ces derniers utiliseraient des entreprises écrans et des hommes de paille.

Un large réseau international

Pendant près de cinq ans, le réseau criminel a envoyé de la drogue vers le nord par la côte pacifique. Ils avaient des contacts en Colombie, Équateur, Panama, Costa Rica, Honduras, Guatemala, Mexique, États-Unis et Canada. L’essentiel de la drogue passait entre les mains du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (Cartel Jalisco Nueva Generación). Selon le directeur de la Police Nationale pour la lutte anti-drogue Del Río Jiménez est un des trois trafiquant les plus recherché de Colombie. Il est aussi parmi les 10 personnes les plus recherchés par les États-Unis.

L’homme a échappé à la justice pendant près de 30 ans. Il a réussi à rester hors de vue en se cachant derrière des barons de la drogue plus connus comme Fredy Alonzo Mira Pérez, « Fredy Colas », ou Sebastián Murillo Echeverry, « Lindolfo ». Malheureusement pour lui son style de vie ostentatoire rappelle d’avantage l’époque des criminels des générations précédentes. Les chefs d’aujourd’hui font profils bas, ce qui leur vaut le surnom ; « les invisibles ».

Une arrestation à relativiser

Del Río Jiménez avait 25 ans lorsqu’il est devenu un associé de Pablo Escobar. Il a ensuite été connecté avec l’Oficina de Envigado ; un conglomérat de groupes criminels de Medellín. On ignore cependant son rôle précis. Ceci lui a permis d’amasser une véritable fortune ; plus de 200 propriétés et 50 véhicules de luxe qu’on pouvait voir circuler à Medellín et Bogotá. C’est ce mode de vie qui le relie d’avantage aux barons de la drogue du siècle dernier plutôt qu’aux « invisibles ». Ces derniers ne font pas étalage de leur richesse, ne touchent jamais à la cocaïne et n’utilisent pas la violence personnellement.

Les nouvelles générations ont appris des erreurs des anciennes. Entreprises légales et intermédiaires multiples élaborent un système d’écrans sophistiqué protégeant les responsables. Contrairement à ces derniers Del Río Jiménez est surveillé par la police depuis des années. Il a déjà été condamné à 12 ans de prison en 2004 pour un trafic de drogue vers Francfort. Néanmoins, malgré ce qu’affirment les médias, l’homme ne semble pas être un trafiquant de premier plan, mais plutôt un petit baron de la drogue. Les « invisibles », eux, ne commettent plus ce genre d’erreurs grossières.

Lire la suite

Analyses

Quand la mafia jette son dévolu sur l’art

le

Véritable valeur refuge pour mafieux désirant blanchir de l’argent ou s’acheter une respectabilité, l’art, et notamment l’art contemporain, est l’objet de tous les trafics, comme en témoignent de nombreuses affaires agitant le milieu du grand banditisme, et de l’archéomafia.

Des armes, de la drogue… et des tableaux. Avec un chiffre d’affaires annuel estimé entre 6 et 10 milliards d’euros, l’art est aujourd’hui le troisième trafic le plus important au monde, faisant pour les mafias du monde entier figure d’investissement durable, de monnaie d’échange, de moyen de corruption ou encore, comme le démontrent de récentes perquisitions menées chez certains parrains du milieu, de gage de réussite sociale. « Aujourd’hui, l’art est le principal canal de recyclage de l’argent sale », estime ainsi l’auteur de Gomorra, Roberto Saviano. La raison en est simple : « une toile du Caravage laisse moins de traces qu’une montagne d’argent, on peut la déplacer facilement et c’est un investissement relativement sûr », explique encore l’écrivain italien spécialisé, au péril de sa vie, dans l’exposition au grand jour des réseaux mafieux de la péninsule.

« Archéomafia »

Selon le Fonds monétaire international (FMI), 10% du marché mondial de l’art, dont les ventes se sont établies en 2018 à 67,4 milliards de dollars, relèveraient de l’économie souterraine. Des fouilles clandestines menées en Italie par les « tombaroli », ces pilleurs de tombes revendant leurs trouvailles à des intermédiaires locaux avant qu’elles ne se retrouvent exposées dans les vitrines des musées les plus prestigieux, aux djihadistes de Daesh alimentant leurs caisses de guerre grâce aux antiquités syriennes, en passant par les vols les plus spectaculaires ou la vente de faux plus vrais que nature, le trafic d’oeuvres d’art est devenu une véritable industrie. Elle-même favorisée par l’opacité des salles de vente et la relative permissivité consentie par les services de police, dont les efforts sont davantage concentrés sur la lutte contre le trafic de stupéfiants ou d’armes que sur la traque des œuvres d’art pillées, volées ou contrefaites.

De quoi donner naissance au terme d’« archéomafia », une expression désignant, pour le spécialiste Fabrice Rizzoli, « l’intérêt des mafias pour l’art en général et tout ce qui se rapporte au bien culturel » – particulièrement en Italie, patrie d’origine de la mafia et véritable « pays-musée » recelant dans ses sous-sols une part importante du patrimoine culturel mondial. Le trafic d’art et d’antiquités permet à ces réseaux de conforter leur emprise sur les territoires qu’ils soumettent à leur joug, tout en leur offrant la possibilité de blanchir, à l’abri des regards indiscrets du fisc ou de la police, l’argent qu’ils amassent grâce à leurs autres activités criminelles. La valeur d’une œuvre ou d’un objet culturel étant fluctuante, les mafieux les acquièrent à vil prix avant de les revendre en empochant de confortables plus-values.

Collusion entre mafias et milieu de l’art

 Les ports francs (ces zones « sous douane » où sont entreposées, dans de gigantesques hangars ultra-sécurisés, de nombreux produits culturels et de consommation) sont notamment au coeur de toutes les suspicions. Des dizaines de milliers d’oeuvres d’art à l’origine parfois mystérieuse y seraient stockées. La justice suisse a même fait perquisitionner en 2015 le port-franc de Genève, ainsi que le siège de sa société Natural Le Coultre et les locaux de la galerie d’art Nelombos, trois entités fondées par l’entrepreneur suisse Yves Bouvier.

La galerie Nelombos appartient aujourd’hui au Français Jean-Marc Peretti – associé d’Yves Bouvier dans le port-franc du Luxembourg – soupçonné d’être lié au milieu du grand banditisme corso-parisien. Avant d’ouvrir une galerie en Suisse, Peretti fut, en effet, directeur des jeux du Cercle de l’industrie et du commerce à Paris, lorsque ce club eut affaire avec la justice, un poste qui lui valut en 2008 une mise en examen pour blanchiment et exercice illégal de la profession de banquier en bande organisée. Son nom a même été mêlé au scandale de la taxe carbone, affaire pour laquelle, selon l’Obs, il aurait « emprunté l’argent à son ami Yves Bouvier ».

De la Corse à la Chine

Peretti symbolise sans doute mieux qu’aucun autre ces noces criminelles entre mafia et milieu de l’art. Sa « patrie » d’origine, la Corse, est d’ailleurs loin d’en voir fini avec l’emprise mafieuse, comme en témoigne l’assassinat, le 12 septembre dernier, du jeune nationaliste Maxime Susini, froidement abattu parce qu’il s’opposait à la toute-puissance des réseaux criminels régnant sur l’Ile de beauté. « Ce pouvoir occulte agit dans l’ombre et il peut tuer », rappelle dans les pages du Monde Jean-Toussaint Plasenzotti, l’oncle du jeune homme. « On assiste (…) au renforcement de l’emprise mafieuse sur notre île », déplore encore celui qui a créé un collectif anti-mafia, dénonçant « la violence, mais aussi la connivence, la porosité et la corruption » liées à la mafia…

Partout dans le monde, le secteur de l’art subit cette connivence, cette porosité et cette corruption. En témoigne le second marché de l’art, après celui des Etats-Unis : le marché chinois. La plus grosse maison de vente de l’Empire du milieu, Poly Auction, à la croissance annuelle exponentielle, s’illustre par son opacité. « Là-bas, il n’y a pas de limite au paiement en cash. 30 à 50 % des ventes d’art s’y apparentent à du blanchiment », observe un commissaire-priseur. Résultat : les prix des oeuvres d’artistes chinois atteignent des sommets. Et à New York, le tiers des achats proviennent de clients asiatiques, majoritairement chinois.

Ces pratiques préoccupantes entretiennent de manière organique l’affairisme et le banditisme à grande échelle.

 

 

 

Lire la suite

Analyses

Afrique du Sud : Lutte contre le trafic de tabac

le

Les producteurs de tabac veulent que le Sars, le service des impôts sud-africain, en fasse plus pour lutter contre le trafic de tabac

La Black Tobacco Farmers Association a demandé à Sars de faire davantage s’attaquer au commerce illicite du tabac. Selon elle ce trafic menace directement les moyens de subsistance de centaines de nouveaux agriculteurs à travers le pays.

Sars semble se tromper de priorités

Les commentaires de l’association font suite à une présentation de Sars devant la commission des finances du parlement. Les responsables de Sars ont reconnu que les autorités fiscales devaient faire davantage pour lutter contre le commerce illicite du tabac. Le Tobacco Institute of SA estime que le fisc perd un peu moins d’un milliard d’euros par an en droits d’accise non acquittés sur les cigarettes. Sars semblait se concentrer sur la réglementation du marché légal plutôt que de réprimer les producteurs et les commerçants illicites.

Selon le président de l’association, Shadrack Sibisi ; « Les responsables de Sars ont particulièrement besoin de se concentrer sur ceux qui produisent du tabac illicite plutôt que de présenter de plus en plus de mesures punitives et coûteuses contre ceux qui, comme nous, font les choses à la lettre”. Il ajoute ; «En tant que personnes qui travaillent dans un cadre réglementaire strict et le respectent, les producteurs de tabac sont systématiquement minés par le commerce illicite du tabac. Cela menace notre existence même ; chaque produit tabagique illicite fabriqué et vendu enlève à nos propres revenus – et prive ainsi Sars de revenus. En conséquence, les agriculteurs perdent, Sars perd et le fiscs en souffre ».

Un service qui n’est plus au niveau

La capacité de Sars à lutter contre le commerce illicite de cigarettes et de tabac s’améliore, mais n’est pas ce qu’elle devrait être. C’est ce qu’on déclaré mardi des responsables de l’administration fiscale aux députés. L’État perd des milliards de recettes fiscales chaque année du fait du trafic de tabac. La capacité de Sars à collecter l’impôt à payer a disparu sous le règne de l’ancien commissaire Tom Moyane. Intikhab Shaik, officier principal par intérim des services d’information numérique et de la technologie, a déclaré au Comité des finances que Sars avait perdu certaines compétences ; “ Notre organisme est actuellement en phase de reconstruction. L’administration fiscale doit faire des efforts”.

Selon Shaik ; «Il y a certainement du potentiel chez Sars, mais je ne dirais pas la vérité si je disais que nous faisons de notre mieux. Nous devons absolument reconstruire. Nous avons perdu certaines compétences et certaines unités ont été restructurées ». Chris Axelson est directeur en chef de l’analyse de la fiscalité nationale au Trésor national. Il estime également qu’il y a eu des progrès ; il y a trois ans les droits d’accise sur le tabac produit dans le pays avaient baissé de 7% ; passant à 9% il ya deux ans. Toutefois, en 2018, les recettes ont augmenté légèrement de 9%.

40% du marché total des cigarettes est illégal

Le ministre des Finances, Tito Mboweni, a alloué un milliard supplémentaire à l’administration fiscale au cours des trois prochaines années. Cependant, François van der Merwe, président de l’Institut du tabac en Afrique australe (Tisa) doute des capacités de Sars. Pour lui le gros problème n’est pas l’importation de cigarettes illégales. Le problème vient du fait que les fabricants locaux enregistrés ne paient pas de droit d’accise de 1 euro par paquet immédiatement à Sars. Cela permet aux fabricants de vendre des cigarettes à des prix très bas.

Plus de 40% du marché total des cigarettes est ainsi illégal, en ce sens qu’aucun droit d’accise n’est payé. « Les marges bénéficiaires sur les cigarettes illégales sont énormes« , a déclaré Van der Merwe. Kumaran Moodley dirige Sars pour les douanes et l’accise. Il a indiqué que la valeur en douane des cigarettes importées entre le 19 avril et le 19 septembre 2019 était de 50 millions d’euros par rapport à 47 millions au cours de l’année précédente.

 

Lire la suite

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir nos informations

Réseaux sociaux

Derniers articles

Revue de presse

Nous suivre sur Twitter

Trending

Partages