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Prolifération de médicaments de contrefaçon aux Philippines

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Les philippines ont la réputation d’être un haut lieu de consommation et de production de médicaments de contrefaçons en Asie du Sud-Est

Ce regain d’intérêt vient d’une étude de 2019 sur la criminalité transnationale en Asie. Le rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) a révélé que les Philippines avaient l’incidence la plus élevée de «médicaments falsifiés» en Asie. Sur les 460 incidents de contrefaçon et de distribution illégale de produits pharmaceutiques enregistrés dans la région de 2013 à 2017 ; 193 se sont produits aux Philippines, 110 en Thaïlande, 93 en Indonésie et 49 au Vietnam.

Un marché international, varié, nébuleux et mortel

La plupart des médicaments de contrefaçons ont acheminés depuis la Chine, le Pakistan ou l’Inde. Cependant les Philippines se sont révélées être à l’origine de 12 affaires de faux médicaments distribués aux États-Unis, au Japon et en Allemagne. Aux Philippines les organisations criminelles internationales ont gagné 2 milliards de dollars grâce au trafic de médicaments en 2014. Les médicaments de contrefaçon sont variés ; des traitements pour l’infections urinaires, la dysfonction érectile, l’infection et le système nerveux central jusqu’aux suppléments nutritionnels. Des blanchissants et des produits de base comme le paracétamol sont aussi présents. Par ailleurs des médicaments antituberculeux et les vaccins antirabiques sont aussi concernés.

L’étude des Nations Unies a défini les «médicaments falsifiés» comme ; « des produits pharmaceutiques commercialisés avec l’intention de tromper les acheteurs». Ils pourraient être mal étiquetés, faussement étiquetés ou expirés. ils peuvent aussi contenir trop peu, trop ou aucun de leur principe actif supposé. Au mieux ces produits sont inefficaces. Au pire, ils sont nocifs ou même mortels.

Une riposte gouvernementale faible et inadaptée

Le sénateur Recto a soumis une résolution au Sénat demandant une enquête sur cette question.  En fait, un rapport publié en juin 2018 par le Philippine Institute for Development Studies a déclaré que les Philippines constituaient le troisième marché pharmaceutique de la région de l’Asean. Ce marché avait une valeur de 3,8 milliards de dollars en 2017. Il devrait dépasser 4 milliards de dollars en 2020. Un marché aussi lucratif a attiré des hordes de charlatans et de criminels. Les sites en ligne proposent aux vendeurs des médicaments aux côtés d’articles de mode. À son crédit, la Food and Drug Administration (FDA) a récemment ordonné aux sites de commerce électronique Lazada et Shopee de s’abstenir de vendre des médicaments en ligne jusqu’à l’obtention des licences appropriées.

Seuls les vendeurs avec une pharmacie agréée par la FDA et une adresse physique sont autorisés à vendre en ligne. Un autre moyen de dissuasion plus efficace devrait sauter aux yeux. Le gouvernement devrait réglementer les prix des médicaments authentiques pour les rendre plus accessibles et abordables. Qui voudrait acheter des médicaments bon marché mais contrefaits si des médicaments authentiques et abordables sont disponibles.

 

Prolifération de médicaments de contrefaçon aux Philippines

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La fin de Purdue Pharma

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Le fabricant de l’oxycontin, Purdue Pharma, lance une campagne destinée à aider les victimes de la crise des opiacés à déposer un dossier de réclamation

Purdue Pharma est largement considéré comme un des responsables majeur de la crise des opiacés aux États-Unis. Rappelons que cette crise d’addiction a tué 430 000 personnes en 20 ans dans le pays. L’entreprise a donc été forcée de lancer une campagne de 23,8 millions de dollars pour alerter ses victimes. Cette initiative vise à informer les victimes ou les personnes touchées par la crise de leurs recours possible et des réclamations qu’elles peuvent déposer.

Une campagne publicitaire forcée

L’entreprise a déposé le bilan en septembre dernier dans le cadre d’une tentative d’accord dans l’enquête sur les responsabilité de la crise des opiacés. Ils ont été forcés de lancer cette campagne sur ordre de la Justice. Ce n’est pas la première du genre. Ce type de mesures sont décidées par le tribunal car il été jugé nécessaire d’informer les victimes. Dans cette affaire l’entreprise risque de se voir imposer une amende pouvant monter jusqu’à 10 milliards de dollars, ceci comprends également la valeur des médicaments qu’ils produisent.

Cet accord passé avec la justice forcera également la famille Sackler, les propriétaires de l’entreprise, d’en abandonner le contrôle. Ces derniers devront également payer 3 milliards sur sept ans et 1,5 milliards de dollars en fois que l’entreprise internationale de la famille, Mundipharma aura été vendue.

La fin des empoisonneurs

La campagne a commencé sur internet mais apparaîtra également sous d’autres formats ; magazines, journaux, TV, radio, panneaux, cinémas etc. On estime que la campagne devrait atteindre 95 % des adultes aux États-Unis. Les victimes ont jusqu’à juin prochain pour déposer des réclamations. L’essentiel des plaintes ont actuellement été déposées par des entités gouvernementales. Le cœur de l’affaire est la façon que l’entreprise avait de vendre son médicaments aux médecins. Ils trompaient les professionnels de la santé en exagérant les bénéfices et sous évaluant les risques. Cette campagne devrait encourager des personnes qui ne s’identifient pas forcément comme des victimes à se présenter et demander réparation.

On ignore encore qui pourra bénéficier de ces réparations et quelles sommes ils pourront recevoir. De plus la question de la différence entre les personnes consommant des drogues illégales et d’autres étant devenu dépendant du fait de l’oxycontin est encore en discussion. Selon un avocat représentant des groupes d’individus de cette drogue ; « un grand nombre de victimes ignorent qu’elles sont des victimes. Elles pensent peut-être qu’elles sont dépendantes. Mais pensent aussi qu’il s’agit d’une faiblesse morale ou de leur personnalité. » On sait aujourd’hui que cette crise a été provoquée.

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A Panama, l’OMS lutte contre le commerce illicite de tabac

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L’évènement était attendu de longue date. La réunion rassemblant les parties prenantes signataires du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac de la Convention-cadre de lutte antitabac (CCLAT) s’est tenu à Panama du 26 au 28 novembre dernier. Ce protocole, qui compte 54 signataires, dont l’Union européenne, aspire à diffuser les bonnes pratiques en matière de lutte contre le commerce illicite de tabac à l’échelle internationale. Un enjeu d’ampleur alors même que les cigarettes du marché parallèle constituent environ 10 % des produits vendus chaque année dans le monde.

Les pertes fiscales colossales du marché parallèle de tabac

La première étape du groupe de travail sur les systèmes de surveillance et de traçage devrait consister dans la distribution d’un questionnaire aux différentes parties engagées afin d’identifier les dispositifs mis en œuvre dans chaque pays. La traçabilité est destinée à vérifier l’authenticité des produits du tabac et de la chaîne d’approvisionnement, attribuant à chaque paquet un code visible et lisible dont les informations sont ensuite centralisées sur un serveur. En effet, selon le Protocole, chaque partie est dans l’obligation d’établir un système de surveillance de tous les produits du tabac fabriqués ou importés sur son territoire.

Le marché parallèle de tabac représente, selon différentes études, environ un dixième du total des ventes mondiales, soit environ 600 milliards de cigarettes commercialisées chaque année. Les principales « victimes » du commerce illicite de tabac sont les pouvoirs publics, qui perdent, à l’échelle internationale, environ 40,5 milliards de dollars américains par an en recettes fiscales. Au sein des États membres, les pertes en accise et TVA seraient comprises entre 7,4 milliards et 10 milliards d’euros, selon l’Office européen de lutte antifraude (OLAF).

La traçabilité du tabac s’est imposée comme un enjeu de santé publique

Le protocole a explicité les enjeux liés au marché parallèle de tabac en affirmant que « le commerce illicite rend les produits du tabac plus accessibles et plus abordables et, de ce fait, entretient l’épidémie de tabagisme et sape les politiques de lutte antitabac ». La contrebande de tabac contribue en effet à fragiliser les politiques de santé publique. En fournissant des cigarettes plus abordables aux populations, le marché parallèle annihile les effets des hausses du prix des paquets, dont l’efficacité pour faire baisser la consommation est désormais prouvée. Inversement, une hausse du prix du paquet, doublée d’un système de traçabilité viable contribue, selon l’Organisation mondiale de la santé, à une décrue du nombre de fumeurs et une augmentation des recettes fiscales. Les signataires de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac ont d’ailleurs reconnu que l’augmentation des taxes demeurait l’une des principales armes destinées à réduire la demande du tabac, en visant notamment deux publics parmi lesquels la prévalence tabagique est la plus forte, ainsi des jeunes et des personnes les plus démunies.

Mais les cigarettes de contrebande viennent dans leur immense majorité du marché légal et sortent, dans 98 % des cas, des usines des industriels. La contrefaçon à proprement parler, issue de centres clandestins de production, quant à elle, ne se réduirait qu’à 2 % des cigarettes en circulation. Au Canada, les industriels JTI-MacDonald Corp et RJ. Reynolds ont ainsi plaidé coupable en 2010 « de complicité visant à aider des personnes à être en possession de produits du tabac qui n’ont pas été emballés conformément à la loi ». En effet, les fabricants de tabac ont beaucoup joué sur le commerce transfrontalier, en abreuvant en cigarettes des pays où la demande était constante et les prix de vente moins chers, afin d’encourager une partie des populations à aller se fournir dans un pays voisin. En France, ces pratiques supposées ont d’ailleurs été dénoncées par le sénateur socialiste Xavier Iacovelli qui estime que les industriels fournissent 850 tonnes de cigarettes à Andorre par an, là où la consommation domestique ne dépasse pas les 120 tonnes annuelles, encourageant Français et Espagnols à se fournir dans la petite Principauté.

Un système de traçabilité : oui, mais lequel ?

La traçabilité des produits du tabac est au cœur d’une guerre d’influence menée par les industriels, qui cherchent à imposer leur propre système de suivi. L’enjeu est particulièrement stratégique pour les fabricants de tabac. Philip Morris International a d’ailleurs même mis au point en 2007 son propre système de traçabilité, Codentify, dont la licence a été librement distribuée à ses principaux concurrents, comme British American Tobacco, Imperial Tobacco Group et Japan Tobacco International. Ce consortium a permis, en 2010, la création du Digital Coding and Tracking Association qui rassemble les principaux industriels du tabac derrière un seul système de traçage.

Selon l’OMS et la plupart des organisations de santé publique, le système Codentify aspirerait à court-circuiter l’OMS par la mise en œuvre par les cigarettiers de leur propre outil d’autocontrôle. L’OMS, de son côté, désire prendre le contrôle de la traçabilité des produits du tabac et dénonce fermement ce système en évoquant un « moyen d’authentification inefficace », car les « codes sont visibles et aisément falsifiables ». Codentify échapperait aux différentes parties signataires du protocole, car le dispositif « pourrait (…) contenir des caractéristiques que l’industrie du tabac serait la seule à connaître ». Par ailleurs, toujours selon l’OMS, « Codentify n’est pas un système de suivi et de traçabilité, mais un système de génération de codes qui, installé sur une chaîne de production, crée un code unique sur les paquets ».

L’Organisation mondiale de la santé refuse toute forme de système de traçabilité appartenant à l’industrie et appelle les États signataires du Protocole à « rejeter les partenariats ainsi que les accords non contraignants ou sans force exécutoire avec l’industrie du tabac ». Les liens troubles, supposés ou, comme dans le cas canadien, avérés, entre les cigarettiers et le marché parallèle jettent en effet la suspicion sur tout système de traçabilité mis en œuvre par leurs soins.

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Colombie-Britannique : La baisse des overdoses

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Le nombre de morts par overdose causé par le fentanyl dans la province canadien a relativement baissé mais reste très élevé

Les chiffres de l’année 2019 sont en effet encourageants. On peut noter une chute du nombre de morts par overdoses par rapport aux années précédentes. Cependant ces chiffres restent extrêmement élevés par rapport à ceux datant d’avant la crise des opiacés. On déplore en effet 981 morts par overdose pour l’année 2019 selon le service médico-légal de la province. L’année précédente 1543 personnes étaient décédées des mêmes causes et 1495 en 2017.

Des chiffres anormalement élevés

Selon la chef du service médico-légal, Lisa Lapointe, ce nombre de mort est proche de celui de 2016 ; l’année où la province a décrété que le problème d’overdoses était devenu une urgence de santé publique. Depuis 2016 5000 personnes sont mortes après avoir consommé des substances illicites. En 2019 ce chiffre reste plus élevés que la somme des morts par accidents de voiture, suicides et homicides. La province de Colombie-Britannique reste la plus touchée du pays.

Entre 2001 et 2010 la moyenne annuelle de morts par overdoses dans la province était de 204. Ceci permet de souligner à quel point le chiffre de 2019 est aussi encourageant que désespérant ; les politiques n’ont pas réussi à résorber le problème. Selon le service médico-légal cette baisse est à attribuer aux programmes de réduction des risques mis en place par la province et ses partenaires depuis 2016.

Sortir de l’urgence

Selon Lisa Lapointe l’efficacité des services d’urgences en cas d’overdose est à souligner. Elle a aussi tenu à saluer le travail sans relâche de ses personnes qui répondent aux appels liés aux overdoses. Cependant répondre aux urgences a beau être essentiel, cela ne résous pas le problème. N’oublions pas non plus qu’une overdose peut avoir des conséquences dramatique même en cas de survie. Il faudrait désormais mettre en place des mesures pour prévenir les risques d’overdoses. Selon le docteur Kendall et Lisa Lapointe une façon de réduire les risques est de fournir une drogue contrôlée aux personnes dépendantes. Pour eux la meilleure façon de réduire les risques est de fournir des doses d’opiacés comme de l’hydromorphone et de la morphine. La puissance de ces médicaments est contrôlable et connue.

La ville de Vancouver a déjà expérimenté cette méthode depuis plusieurs années avec des succès notables. Lorsqu’on fournit les personnes dépendantes en opiacés légaux elles consomment moins de drogues illégales dangereuses. Par ailleurs elles commettent moins de crimes, sont moins victimes de la traite sexuelle et réussissent souvent à se sortir de ce cycle infernale et à recontacter leurs familles. Espérons que ces mesures pourront être mises en place à plus grande échelles et ne seront pas bloqués par les adeptes de la répression.

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