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Analyses

L’obsession indienne pour le Gorapan

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Le Gorapan, le blanchiment de la peau en Inde, touche toutes les couches de la population.

En Inde, le marché de la blancheur est l’un des plus gros marchés du pays. Les crèmes blanchissantes représentaient en 2014 500 millions de dollars de chiffre d’affaires, un chiffre en croissance constante. L’Inde, avec plus d’un milliard d’habitants, est un large marché qui intéresse les fabricants de cosmétiques.

L’origine de la mise en valeur des peaux plus pâles en Inde remonte à plusieurs millénaires, lors de l’invasion des peuples aryens, aussi appelés indo-iraniens. Les Aryens, dont la peau était pâle, ont pris la direction du territoire devenu l’Inde, et ont mélangé leurs traditions avec celles des dravidiens, peuples à la peau plus sombre. Par la suite, les Perses, les Moghols puis les Britanniques ont dominé l’Inde, faisant des peaux claires un symbole de pouvoir. 

Les Britanniques envahirent le pays en 1753. Au 18ème siècle, les Européens voyaient alors la couleur de peau comme étant égale à l’intelligence et à la culture. Un racisme internalisé par les individus, si bien qu’après l’indépendance de l’Inde en 1947, les différences faites sur la couleur de peau ont demeuré. 

Un autre facteur fait aussi de la pâleur un symbole du statut social. En Inde, les Dalits, les intouchables, ont généralement la peau sombre, tandis que les Brahmans, au sommet de la hiérarchie des castes, sont les plus clairs. Les classes populaires nécessitant de travailler en journée à l’extérieur, tels les agriculteurs où maçons, subissent les effets du soleil, tandis que les individus travaillant dans des bureaux ne bronzent pas, ce qui signifie leur haute classe sociale. Une tendance qui s’observe notamment sur les sites de rencontres et de mariages shaadi.com: la quasi-totalité des annonces mentionne que l’épouse recherchée doit avoir la peau claire.

Pour répondre au souhait des femmes indiennes pour lesquelles blancheur est synonyme de beauté, Hindustan Unilever lance en 1975 la crème Fair and Lovely, maintenant disponible dans plus de dix pays. Les femmes indiennes commencent l’utilisation de ces crèmes dès l’adolescence, avec les deux tiers des femmes usant l’une de ces crèmes blanchissantes au quotidien. L’anthropologue Susan Runkle, qui observait en 2003 l’élection de miss India, souligne notamment le fait qu’elle était présente à chaque consultation entre les candidates et la dermatogue Jamuna Pai, et que chacune des jeunes filles utilisait une crème blanchissante, y compris les plus pâles. 

La pratique s’est petit à petit aussi répandue aux hommes. 30 % des usagers sont des hommes, et la marque Emami a lancé en 2016 la crème Fair and Handsome pour répondre aux demandes de la gent masculine, qui connaît une augmentation de ses ventes de 150 % par an.

Les crèmes commercialisées sur le marché par les grandes marques, malgré leurs risques pour la santé mentale des jeunes Indiens, ne contiennent pour la plupart pas d’ingrédients dangereux. Certaines sont composées de pigments, visant à faire apparaître la peau plus claire temporairement, comme du maquillage, tandis que d’autres contiennent du dioxyde de titane ou de zinc, un ingrédient que l’on retrouve dans les crèmes solaires et qui bloque les UVs, empêchant dont la peau des consommateurs de s’assombrir sous l’effet du soleil.

Mais d’autres crèmes, moins chères et disponibles sur les marchés parallèles, peuvent présenter de sérieux risques de santé. Certains produits contiennent du mercure, souvent à l’insu des consommateurs, pouvant lentement empoisonner les utilisateurs, causant des pertes mémorielles ou même des problèmes rénaux. Des problèmes de peau peuvent aussi survenir : perte définitive de la pigmentation, irritations, acné… Les mélanges à la javel sont eux aussi dévastateurs, provoquant des chutes de peau. Entre 60% et 70% des tentatives de dépigmentation mènent à des complications.

Mais l’Inde n’est pas le seul pays concerné par le problème : au Togo, 59% des femmes utilisent régulièrement des produits blanchissants, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Même en France, ces produits se retrouvent dans de petits magasins ou sont vendus discrètement sur les réseaux sociaux. Une tendance qui ne risque pas de changer sans évolution des standards de beauté.

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Analyses

Conflits d’intérêt, favoritisme, soupçons de corruption, l’enquête édifiante d’OCCRP sur les pratiques de l’industrie du tabac

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L’équipe de journalistes d’investigation d’OCCRP a récemment publié une enquête sur le commerce parallèle de tabac. Selon eux, les majors du tabac alimenteraient, directement ou indirectement, une part du marché noir du tabac, qui représente 40 milliards de dollars par an.

OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) est une association basée aux Etats-Unis qui coordonne l’action de journalistes d’investigation de 34 pays d’Europe, d’Afrique, du Moyen-Orient, des Etats-Unis et d’Amérique latine. Leurs investigations sont publiées pour être mises à disposition des journalistes, des gouvernements, des parlementaires, des ONGs, et de la justice.

L’enquête interroge la responsabilité de certains hauts fonctionnaires de la Commission européenne dans la promotion, tant au sein de l’UE qu’hors UE, d’un système de traçabilité dont un nombre croissant d’associations antitabac prouve son caractère non-conforme au Protocole de l’OMS qu’il est censé respecter. Toujours selon cette enquête, Philip Morris International aurait créé en Italie, un réseau de fonctionnaires soupçonnés de corruption au sein même de l’administration qui est censée faire appliquer la politique fiscale sur le tabac et contrôler les fabricants de tabac. Enfin, l’industrie du tabac aurait, au Pakistan, utilisé ses liens « privilégiés » avec des fonctionnaires pour faire dérailler un processus d’appel d’offres sur la traçabilité des produits du tabac, exigée par le Fonds Monetaire International et censée être conforme au Protocole de l’OMS, en faveur du soumissionnaire qu’elle privilégiait.

A l’heure où l’Union européenne lance la révision de la Directive Tabac de 2014 et celle de la Directive des droits d’accises, ces éléments alimentent les inquiétudes de certains parlementaires européens sur les manœuvres en coulisses que conduit l’industrie du tabac en direction des fonctionnaires en charge de ces dossiers.

L’écran de fumée de l’Union européenne sur la traçabilité des produits du tabac

Lorsque l’Union européenne a introduit de nouvelles lois strictes obligeant les fabricants de tabac à vendre leurs produits dans des emballages ornés d’avertissements graphiques sur la santé, beaucoup ont vu là une victoire dans la lutte contre le tabagisme.

Après des années de contestations judiciaires de la part des géants du tabac, les militants ont salué les restrictions sur les ventes et échanges de cigarettes, avec l’adoption de la directive sur les produits du tabac (DPT), considérée comme une étape importante dans la lutte anti-tabac.

Mais l’enquête d’OCCRP révèle que les principaux fabricants de cigarettes du monde (Philip Morris International, British American Tobacco, Japan Tobacco International, Imperial Brands) ont passé des années à essayer de contrôler la conception d’un nouveau système destiné à freiner le commerce du tabac au marché noir de l’UE, qui représente 10 milliards d’euros par an.

Après avoir lutté pour mettre en place un système de « suivi et de traçabilité », l’Union s’est retrouvée avec ce que certains experts considèrent comme un système inefficace qui confie des fonctions clés à des entreprises partenaires de l’industrie du tabac. Cela est pourtant contraire à l’article 8 du Protocole de l’OMS « pour éliminer le commerce illicite de tabac », entré en vigueur le 25 septembre 2018, après avoir été ratifié notamment par l’UE sous l’exigence du Parlement européen, et par 16 Etats membres de l’UE.

Alors que le système « européen » de traçabilité des produits du tabac est en œuvre depuis mai 2019, OCCRP reconnait qu’on ne sait toujours pas s’il est en mesure d’endiguer les trafics. Les sanctions imposées par les États membres n’étant guère dissuasives. La Suède ne prévoit qu’une amende d’un euro, tandis que l’Allemagne et le Royaume-Uni ne prévoient aucune amende ni sanction légale.

Des cigarettiers soupçonnés d’alimenter passivement le commerce parallèle 

Pourtant, près de 99% du commerce parallèle serait constitué de cigarettes véritables sortant directement ou indirectement des propres usines des cigarettiers, comme le démontre « Le Livre Noir du Lobby du tabac en Europe », du député européen Younous Omarjee. OCCRP cite une étude de l’Université de Bath qui fait état de pas moins de 70% du trafic total produit par Big Tobacco. Si une part importante de produits de contrebande proviennent d’usines officielles, le système européen de traçabilité – qui laisse les industriels du tabac choisir leurs partenaires pour le stockage des données, les auditeurs du système- pose problème.

En dépit de ces lacunes et de critiques de plus en plus nombreuses d’associations antitabac ou d’universitaires, Kate Pike, coordinatrice régionale au bureau des normes commerciales du Royaume-Uni affirme que les autorités n’ont pas non plus reçu le matériel adéquat pour les contrôler. « La traçabilité est totalement inutile, de notre point de vue. Il n’y a aucun avantage », a déclaré M. Pike.

De même, un rapport de Bruxelles publié en octobre a énuméré une série d’erreurs humaines et techniques qui compromettent le système de suivi et de traçabilité. Le système ferait encore l’objet de mises à jour techniques importantes, et les alertes à la fraude et les mécanismes de signalement des codes volés ne sont pas optimales, pointe OCCRP. « De mon point de vue, il est trop tôt pour établir l’efficacité du système à ce stade », a déclaré Allen Gallagher, de l’université de Bath. Anca Toma Friedlaender, directrice de l’association de lutte antitabac Smoke Free Partnership, a abondé dans le même sens.

En revanche, un dirigeant de Big Tobacco affirme que le système de traçabilité n’a pas pour but de montrer si l’industrie fait le commerce illégal de ses propres cigarettes. Kerstin Reichmann, responsable de la réglementation des marques et des produits d’Imperial Tobacco, a déclaré qu’elle ne savait pas comment les paquets trouvés avec des codes frauduleux ou incorrects seraient traités, mais a insisté sur le fait qu’ils ne pouvaient pas être considérés comme des produits illicites. « Pour l’instant, nous n’avons pas la moindre idée de la manière dont cela va fonctionner », a-t-elle déclaré. « Nous défendrions vigoureusement notre position selon laquelle ces produits ne sont pas illicites ». Problème : les forces de police ont tendance à collaborer avec l’industrie de tabac. Avec le risque que tous les produits de tabac de contrebande soient classés comme des produits de contrefaçon.

« Le renard à la tête du poulailler »

Selon les experts, l’influence du tabac sur les entreprises qui gèrent des éléments clés du système européen est plus préoccupante à long terme. OCCRP rappelle qu’un traité international de l’OMS appelé « Protocole pour éliminer le commerce illicite de tabac » prévoit que les données relatives aux mouvements des produits du tabac doivent être mises à la disposition des autorités et que les principales opérations « ne doivent pas être effectuées par l’industrie du tabac ni lui être déléguées ». En vertu de la législation européenne, les autorités sont également tenues de contrôler les principales fonctions du système, notamment l’impression des codes d’identification sur les paquets et la banque de données centrale du bloc. Elles sont autorisées à les externaliser, mais pas à des sous-traitants contrôlés directement ou indirectement par l’industrie du tabac.

Mais les documents de l’UE, les fuites de dossiers internes de l’industrie et les dossiers judiciaires vus par l’OCCRP remettent en question l’indépendance de plusieurs entreprises gérant des aspects vitaux du système de suivi et de localisation de l’UE.

Dès les premiers jours du processus de mise en œuvre d’un système de suivi et de traçabilité, les experts ont averti que Codentify était trop proche de l’industrie du tabac pour satisfaire aux exigences d’indépendance. En 2016, Vera Luiza da Costa, qui dirigeait alors les travaux de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière de lutte contre le tabagisme, l’a dit sans ambages, précisant à la Commission qu’elle risquait de « mettre un renard à la tête d’un poulailler ».

La Cour de Justice de l’Union Européenne saisie

En 2018, l’Association internationale des timbres fiscaux (ITSA) a même lancé une action devant la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) contre la Commission européenne, affirmant que le système violait les exigences légales du bloc visant à maintenir les fonctions clés hors des mains de l’industrie du tabac.

Mais pendant ce temps, les grandes compagnies de tabac travaillaient discrètement à façonner le système de l’UE de l’intérieur.

En Allemagne, le premier producteur de cigarettes du bloc, Philip Morris et British American Tobacco ont travaillé sur un programme pilote avec l’imprimerie nationale en 2015 qui constitue la base du système que l’Allemagne a mis en place l’année dernière.

Dans d’autres États, ils se sont associés au géant français de la technologie Atos pour leur présenter Codentify. Des documents de l’UE montrent qu’Atos, qui a longtemps fait la promotion de Codentify après l’avoir mis en œuvre,a remporté des contrats pour générer des codes identifications au Royaume-Uni et en République tchèque. Son ancienne filiale Worldline a remporté des contrats pour faire la même chose au Danemark, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Lituanie, avant que la société ne soit scindée en mai 2019.

Atos, dirigée alors par Thierry Breton, aujourd’hui Commissaire européen, l’a confirmé et Worldline a été sélectionnée pour fournir un système de traçabilité du tabac dans plusieurs Etats membres, en déclarant que son système de traçabilité est « complètement indépendant de Codentify ». « Atos n’a pas de projets de suivi et de traçabilité à ce jour », a déclaré la société, sans donner plus de détails. En Italie, Fata Logistic Systems, qui a contribué au développement de Codentify, est autorisé à distribuer aux détaillants des cigarettes provenant des entrepôts de Philip Morris.

L’UE est légalement tenue de veiller à ce que la société qui gère le dépôt central de données secondaires soit indépendante de l’industrie du tabac. Toutefois, cette société, Dentsu Aegis, basée à Londres, est détenue par une agence de publicité japonaise qui a représenté Japan Tobacco. En 2017, Dentsu Aegis a acheté Blue Infinity, qui a contribué au développement de Codentify. Philippe Castella, qui dirige le service de suivi de Dentsu Aegis, a déclaré que la société avait codé l’ensemble de son système « à partir de zéro », sans incorporer aucun logiciel de codification.

Plus discutable encore selon OCCRP est le rôle d’une société suisse appelée Inexto, détenue par le conglomérat français Impala SA. Son PDG, Philippe Chatelain, ancien employé de Philip Morris, et son directeur technique figurent sur le brevet original Codentify de 2004. En 2016, l’année même de sa création, Inexto a acheté les droits de Codentify pour un franc suisse seulement à un organisme connu sous le nom de Digital Coding and Tracking Association, qui a été enregistré par l’industrie du tabac.

La fuite d’un appel entre les dirigeants d’Inexto, Philip Morris, Imperial Brands et Japan Tobacco soulève également des questions sur l’indépendance financière d’Inexto. Les règles de l’UE entrées en vigueur en 2018 exigent que les entrepreneurs travaillant dans le domaine du suivi et de la traçabilité ne tirent pas plus de 20 % de leur chiffre d’affaires de l’industrie du tabac. Mais l’agenda de l’un des appels de la fin 2017 indique qu’Inexto pourrait avoir besoin d’un « nouvel accord de services plus indépendants » pour y répondre.

Malgré ces liens, Inexto travaille déjà sur des centaines de lignes de production qui fournissent des produits du tabac à l’UE.

Selon M. Gallagher, « le système de l’UE n’est pas indépendant parce que les organisations impliquées dans le développement de Codentify qui ont des liens avec l’industrie sont impliquées dans la maintenance et l’entretien du système de l’UE ».

Les efforts des cigarettiers pour favoriser le système européen au détriment du Protocole de l’OMS

L’impact du tabac de contrebande en Europe est coûteux et mortel : 10 milliards d’euros de recettes publiques disparaissent chaque année, tandis que quelque 700 000 vies sont perdues à cause de maladies liées au tabagisme.

Mais l’Europe est riche et son taux de tabagisme est en baisse, si bien que les fabricants de tabac se tournent maintenant vers d’autres marchés de croissance potentiels.

En Afrique, où l’Organisation Mondiale de la Santé prévoit que le nombre de fumeurs fera plus que doubler d’ici 2030, British American Tobacco (BAT) a déjà été accusé d’exploiter la faiblesse des contrôles dans les zones de guerre comme la Somalie pour stimuler ses ventes. Aujourd’hui, la société tente également de convaincre les pays du continent de suivre le modèle de traçabilité de l’UE.

BAT aurait présenté le système de l’UE au service des recettes du Botswana comme un bon choix pour la région et a suggéré que les autorités travaillent avec l’industrie pour rédiger des lois similaires. Les représentants de BAT auraient fait l’éloge de la méthodologie de l’UE, affirmant que le « processus d’engagement des fabricants et des États membres était ouvert et transparent ».

OCCRP révèle que lors d’une présentation à Taïwan en septembre 2019, Filip Borkowski, chef adjoint d’une unité chargée de la lutte antitabac transfrontalière au sein de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de l’UE, a salué le système de l’Union comme étant « adapté » à tous les pays qui ont signé le Protocole de l’OMS « pour éliminer le commerce illicite de tabac ». Filip Borkowski aurait parcouru le monde, de la Lettonie à la Turquie, pour promouvoir le système dans une série de présentations aux gouvernements et aux autorités douanières.

Les parlementaires européens, notamment à travers la Commission ENVI, présidée par l’eurodéputé français Pascal Canfin, devront impérativement se saisir de cette question dans le cadre de la révision de la Directive Tabac.

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Analyses

États-Unis : Le Cártel Jalisco Nueva Generación.

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La DEA prévient que le Cártel Jalisco Nueva Generación fait passer des kilos de cocaïne par des plateformes de distribution rurales

La nouvelle est venue peu de temps après l’annonce de l’extradition aux États-Unis d’un des plus important chef de cartel mexicain ; « Menchito ». Les procureurs de Virginie ont de leur côté annoncé des poursuites contre quatre personnes. Cette enquête en cours de développement vise à détruire l’une des plateformes rurales de distribution d’un cartel mexicain ; le Cártel Jalisco Nueva Generación.

Le développement d’un problème rural

Ce Cártel Jalisco Nueva Generación ou CJNG est présent dans 35 États du pays. L’enquête actuelle devrait permettre une meilleure compréhension des opérations du groupe à un moment où Trump tente d’encourager le Mexique à accentuer sa guerre contre la drogue. Les procureurs Thomas Cullen et Jesse Fong, chef des opérations de terrain de la DEA de Washington, ont annoncé le lancement des poursuites vendredi dernier. Ceci fait monter le chiffre à une douzaine de personnes déjà poursuivies depuis 2019.

Les procureurs affirment que le CJNG a recruté des habitants de la région rurale de Axton en Virginie. Ils utiliseraient des mobile-homes et des maisons pour faire passer de grandes quantité de drogue vers les États du nord-est. Selon Cullen le Cártel Jalisco Nueva Generación est un des plus dangereux du monde. Cette annonce a eu lieu peu de temps après l’échec de la bataille légale de Oseguera Gonzalez, « Menchito ». Ce dernier serait le numéro deux du cartel est a été extradé au États-Unis.

Le fils prodigue du cartel

« Menchito » est le fils du chef du cartel Ruben Oseguera Cervantes, connu sous le nom de « El Mencho. Ce dernier n’a toujours pas été capturé malgré la récompense de 10 millions de dollars offert par les États-Unis pour sa capture. L’avocat de Gonzalez plaide l’innocence et affirme que l’extradition est illégale. La méthode semble se développer suite aux pressions américaines sur le Mexique.

On estime que six cartels mexicains ont toujours des réseaux de distribution aux États-Unis. Le cartel de Sinaloa est le plus important d’entre eux suivi par le Cártel Jalisco Nueva Generación. Le CJNG a pris de l’ampleur récemment dans un contexte de désorganisation des cartels mexicains. Ceci a été accompagné par une violence considérée comme extrême, même pour un cartel. De plus, selon les autorités le CJNG fait passer 120 tonnes de méthamphétamine et cocaïne par an aux États-Unis.

Un problème insolvable

L’enquête de Virginie remonte à 2016. Les autorités avaient découvert un mobile-home venant du Texas. Ce dernier contenait une grande quantité de cocaïne à destination de la région d’Axton. Les autorités ont aussi annoncé que le CJNG faisait passer 20kg de cocaïne par mois, et d’autres drogues, en utilisant la poste. Dans le sens inverse, d’importantes quantité d’argent liquide affluent vers le Mexique. Dans un cas particulier un suspect s’était vu confier une valise contenant 1,1 million de dollar à blanchir.

A travers le pays les autorités affirment avoir effectué 4654 saisies d’argent liquide d’une valeur de 234 millions de dollar en 2018. Cependant ce chiffre est loin du record de 2011 avec 741 millions de dollars. Une grande partie de cet argent passe par des virements bancaires et des dépôts. Il semble que le cartel n’en est pas fini avec la Virginie, d’autres membres du cartel semblent arriver sur les lieux pour continuer l’opération. Encore une fois il est apparent que les méthodes classique de lutte conte la drogue et les cartels restent inefficace, malgré l’entêtement du gouvernement américain.

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Analyses

« Señor T » : le trafiquant invisible de Colombie ?

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Les autorités colombiennes et états-uniennes accusent Luis Del Río Jiménez d’être un trafiquant de drogue majeur depuis les années 1990

Luis Del Río Jiménez est aussi connu sous les surnoms de « el Tío » ou « Señor T ». Selon les autorités l’homme aurait commencé son trafic de drogue dans les années 1990. A l’époque il aurait collaboré avec le célèbre Pablo Escobar et l’Oficina de Envigado. Il est par la suite resté caché pendant des années mais n’a pas réussi à demeurerinvisible comme d’autres chefs important avant lui.

Blanchiment d’argent à Antioquia

Le 24 novembre dernier une opération conjointe de la DEA états-unienne et de l’agence anti-drogue colombienne ont mis fin à un réseau de trafiquant de cocaïne international. Ce réseau était enraciné dans le département d’Antioquia. Durant l’opération dix personnes ont été arrêtées. Elles sont accusées d’avoir introduit 90 tonnes de cocaïne aux États-Unis. Le réseau aurait aussi blanchi au moins 9 millions de dollars à travers 112 entreprises d’Amérique Centrale et de Colombie.

Les autorités colombiennes et la DEA affirment que Luis Arnobio Del Río Jiménez serait derrière le blanchiment d’argent. L’individu est un homme d’affaire bien connu de la région d’Antioquia. Il possède des boites de nuit et des entreprises agricoles. Son fils Ánderson Del Río Pasos, « El Grande », aurait travaillé avec lui à blanchir l’argent. Ces derniers utiliseraient des entreprises écrans et des hommes de paille.

Un large réseau international

Pendant près de cinq ans, le réseau criminel a envoyé de la drogue vers le nord par la côte pacifique. Ils avaient des contacts en Colombie, Équateur, Panama, Costa Rica, Honduras, Guatemala, Mexique, États-Unis et Canada. L’essentiel de la drogue passait entre les mains du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (Cartel Jalisco Nueva Generación). Selon le directeur de la Police Nationale pour la lutte anti-drogue Del Río Jiménez est un des trois trafiquant les plus recherché de Colombie. Il est aussi parmi les 10 personnes les plus recherchés par les États-Unis.

L’homme a échappé à la justice pendant près de 30 ans. Il a réussi à rester hors de vue en se cachant derrière des barons de la drogue plus connus comme Fredy Alonzo Mira Pérez, « Fredy Colas », ou Sebastián Murillo Echeverry, « Lindolfo ». Malheureusement pour lui son style de vie ostentatoire rappelle d’avantage l’époque des criminels des générations précédentes. Les chefs d’aujourd’hui font profils bas, ce qui leur vaut le surnom ; « les invisibles ».

Une arrestation à relativiser

Del Río Jiménez avait 25 ans lorsqu’il est devenu un associé de Pablo Escobar. Il a ensuite été connecté avec l’Oficina de Envigado ; un conglomérat de groupes criminels de Medellín. On ignore cependant son rôle précis. Ceci lui a permis d’amasser une véritable fortune ; plus de 200 propriétés et 50 véhicules de luxe qu’on pouvait voir circuler à Medellín et Bogotá. C’est ce mode de vie qui le relie d’avantage aux barons de la drogue du siècle dernier plutôt qu’aux « invisibles ». Ces derniers ne font pas étalage de leur richesse, ne touchent jamais à la cocaïne et n’utilisent pas la violence personnellement.

Les nouvelles générations ont appris des erreurs des anciennes. Entreprises légales et intermédiaires multiples élaborent un système d’écrans sophistiqué protégeant les responsables. Contrairement à ces derniers Del Río Jiménez est surveillé par la police depuis des années. Il a déjà été condamné à 12 ans de prison en 2004 pour un trafic de drogue vers Francfort. Néanmoins, malgré ce qu’affirment les médias, l’homme ne semble pas être un trafiquant de premier plan, mais plutôt un petit baron de la drogue. Les « invisibles », eux, ne commettent plus ce genre d’erreurs grossières.

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